Christine Boily, directrice générale de l’OSSLSJ, tenait à souligner les 40 ans de l’organisation en grand, avec divers spectacles hommages et des souvenirs.

40 ans d’excellence musicale

L’Orchestre symphonique du Saguenay–Lac-Saint-Jean (OSSLSJ) a soufflé ses 40 bougies cette année. La formation, née du dévouement de musiciens passionnés, est maintenant reconnue pour sa musique de qualité, son offre diversifiée et son implication avec la population. Afin de célébrer son anniversaire important, la direction de l’institution a prévu une année chargée de souvenirs, d’hommages et de surprises. Christine Boily, qui détient le poste de directrice générale de l’OSSLSJ depuis huit ans, incarne le titre de personnalité du mois remis par Le Progrès et Radio-Canada.

Ayant étudié au Conservatoire de Chicoutimi, Christine Boily a toujours baigné dans l’univers de la musique classique. Cette native de la région, qui a elle-même joué dans l’orchestre, a toujours travaillé dans ce domaine. « Mon emploi touche mes deux passions, la musique et la gestion », a souligné la directrice, rencontrée à son bureau par Le Progrès.

Des actions qui reflètent la carrière de l’orchestre

Hommage

Cette année, la directrice générale tenait à ce que tous les spectacles offerts rendent un certain hommage aux 40 ans de l’organisation. En début de saison, l’ensemble a réalisé une reconstitution d’un des premiers concerts de l’OSSLSJ, pour deux soirs seulement. Des invités qui avaient déjà pris part au tout premier spectacle, en 1979, ont aussi participé à ces deux représentations, 40 ans plus tard.

La formation souhaitait aussi remercier son fidèle public en invitant deux artistes populaires à se joindre à elle, le temps de quelques concerts. Les performances de Jean-Marc Lapointe et de Klô Pelgag ont été fortement appréciées par les amateurs, en plus de charmer plusieurs néophytes.

La diversification de l’offre des concerts est très importante pour l’institution. « Avec peu de concerts, soit cinq à sept par année, nous devons être en mesure de satisfaire tous les goûts de musique classique, ce qui fait que l’on propose une foule de différents styles, d’invités et d’époques », a continué la directrice. Elle tient à ce que tout le monde y trouve son compte.

Une campagne a également été effectuée sur le Web, pour partager les moments forts de l’Orchestre symphonique du Saguenay–Lac-Saint-Jean à travers les années. « C’est autant plaisant pour nos adeptes, qui ont suivi l’orchestre toutes ces années et qui se remémorent les souvenirs avec nous, que pour les nouveaux, souvent les plus jeunes, qui en apprennent plus sur ce que nous avons déjà fait », a expliqué Mme Boily.

Point d’orgue

Tous les musiciens de l’OSSLSJ se réuniront pour une dernière grande fête officielle. L’orchestre régional se joindra au Quatuor Saguenay, au Choeur symphonique et à l’Orchestre des jeunes du Saguenay–Lac-Saint-Jean pour L’aventure symphonique de 1979 à aujourd’hui. « Nous allons reprendre un répertoire 100 % québécois. C’est vraiment notre party de fin de 40e avec tout notre monde », a souligné la directrice générale. Ce spectacle se déroulera 28 avril, au Théâtre Banque Nationale de Chicoutimi.

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LE DÉFI DE LA RELÈVE

La survie de la musique classique en 2019, c’est difficile ? Pour la directrice générale, s’il y a bien une difficulté, c’est celle de la relève. Depuis 20 ans, l’Orchestre symphonique du Saguenay–Lac-Saint-Jean (OSSLSJ) tente par tous les moyens possibles de recruter des jeunes, mais cela s’avère de plus en plus difficile.

« Depuis quelques années, il n’y a presque plus d’écoles qui offrent des cours de musique. Donc, les enfants ne connaissent plus les bases. C’était là que les gens s’initiaient. Au secondaire, ils ne choisissent plus l’école de musique, parce que ça fait peur de commencer une discipline qu’ils n’ont jamais essayée », s’est désolée Christine Boily. 

Cela affecte aussi les professeurs de musique, qui n’ont plus d’emplois et qui doivent quitter la région pour travailler. « La relève en musique classique, pas seulement au Saguenay, c’est vraiment catastrophique », a-t-elle laissé tomber.

Un public intéressé à la rescousse

Mais, selon elle, l’avenir est brillant pour l’orchestre, même en région, grâce de la curiosité du public saguenéen. « C’est beaucoup mieux depuis quelques années, a révélé la directrice générale. Notre public est toujours ouvert à découvrir de nouvelles choses, de nouvelles expériences, et surtout les jeunes. Notre public est vraiment fantastique. »

Selon elle, le préjugé voulant que seuls les plus riches et les plus distingués apprécient la musique classique s’est effrité. 

Aujourd’hui, l’art classique se réforme avec de nouveaux styles, instruments et connexions, ce qui fait qu’il rejoint un nombre impressionnant de personnes. 

Malgré les défis, la directrice est optimiste quant à l’avenir de l’OSSLSJ, qui continuera d’aller chercher de nouveaux publics, en diversifiant son offre et en optant sur l’information pour mieux se faire connaître.