Percée au Planétarium de Saint-Félicien

Après quatre années de travail, le Planétarium de Saint-Félicien vient d’être inclus dans le Répertoire culture-éducation, du ministère de la Culture et des Communications du Québec, permettant ainsi d’augmenter la fréquentation scolaire. Avec l’embauche d’un planétariste à plein temps cet été, l’organisation souhaite doubler la fréquentation dans un des rares planétariums de la province.

Assis à l’intérieur d’un dôme gonflable de près de cinq mètres de diamètre, un écran s’allume, donnant l’impression d’être à l’intérieur d’un observatoire du ciel. Lorsque les portes virtuelles s’ouvrent, on peut observer le ciel en temps réel.

Après avoir fait apparaître les multiples constellations dans le ciel, le planétariste Patrick Tremblay zoome sur Saturne et sur ses anneaux lumineux. « Savez-vous pourquoi les anneaux de Saturne sont brillants et visibles? C’est parce que les anneaux sont faits de milliers de morceaux de glace », explique-t-il, en montrant une animation sur le sujet.

En se promenant dans l’univers, l’expert démontre en images comment les étoiles se forment et explosent à la fin de leur vie, tout comme fera notre Soleil… dans huit ou neuf milliards d’années. Puis, il se déplace à travers les milliers de galaxies. « On retrouve près de 200 milliards d’étoiles dans chaque galaxie et on estime que deux à trois de ces étoiles sont en mesure d’abriter la vie », ajoute-t-il, avant de parler de pluies d’étoiles filantes et des perséides.

Des jeunes sont émerveillés lors d’une animation dans le dôme gonflable.

Étant donné qu’on célébrera le 50e anniversaire du premier pas de l’Homme sur la Lune cet été, le Planétarium présente aussi une vidéo sur le voyage d’Apollo 11, démontrant la prouesse technologique réalisée il y a un demi-siècle.

Au-delà des images diffusées dans le dôme, le Planétarium offre aussi une salle pour démystifier les aurores boréales. Les adeptes peuvent même s’inscrire à un système d’alerte sur le site Web du club d’astronomie pour être informés lorsque les conditions sont favorables à leur observation dans les environs.

Dans une autre salle, on retrouve des casques de réalité virtuelle pour faire une balade de montagnes russes dans l’espace, des maquettes du système solaire et de navettes spatiales, ainsi que plusieurs outils éducatifs ludiques. On peut aussi y observer les astronautes de la Station spatiale internationale en temps réel, ainsi que plusieurs roches provenant de l’espace.

Un secret bien gardé

En bref, le Planétarium est un secret bien gardé qui gagne à être connu, estime Claude Boivin, le président du club d’astronomie Les Boréalides, qui opère un des trois seuls planétariums de la province. « Un planétarium désigne le dôme présentant une reproduction du ciel avec ses constellations et ses étoiles », explique ce dernier, avant d’ajouter qu’un tel système coûte près de 60 000 $, ce qui peut rebuter plusieurs organisations.

Lorsque le beau temps le permet, il est aussi possible de regarder les étoiles directement dans le ciel.

Toutefois, la créativité et l’implication d’une soixantaine d’astronomes amateurs et bénévoles dévoués des Boréalides ont permis de grandement diminuer les coûts en développant des logiciels à l’interne, tout en produisant leurs propres animations scientifiques. Des animations si réussies que le club a remporté un concours international d’astronomie en 2017, le Compendium, avec le spectacle Chasseurs de météorites.

Pour développer de telles animations astronomiques, Les Boréalides collaborent notamment avec l’Association des planétariums de langue française, qui offre des vidéos et des prises de vues à rabais ou gratuites pour ses membres, explique Claude Boivin, avant de parler de l’importance de l’aide de la Ville de Saint-Félicien, qui fournit le local gratuitement au club.

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PLUS DE VISITES SCOLAIRES

Avec un tel bagage à offrir, le Planétarium de Saint-Félicien souhaite en faire profiter la population, les établissements scolaires et les camps de jour. Mercredi, l’organisation a finalement été incluse dans le Répertoire culture-éducation, dans le volet scientifique, permettant ainsi de rejoindre davantage d’écoles, car la ministre de la Culture et des Communications du Québec, Natalie Roy, a annoncé récemment que tous les élèves québécois pourront participer gratuitement à deux sorties en milieu culturel, dans les établissements faisant partie du répertoire, dès la prochaine année scolaire. « C’est un grand moment pour le club, a souligné Claude Boivin, tout sourire. Ça fait quatre ans qu’on attend cette nouvelle-là. » 

Grâce à une subvention, le Planétarium a également pu faire l’embauche d’une ressource à plein temps pour l’été 2019, permettant d’être ouvert au public sept jours sur sept, de 14h à 23h. Et si le ciel étoilé vous fascine, la soirée pourrait s’allonger. « Ce n’est jamais nous qui partons en premiers », ajoute le planétariste en chef.

En plus d’offrir des ateliers sur le site de Saint-Félicien, le club Les Boréalides se déplace avec son dôme mobile. En 2018, ils ont ainsi rejoint près de 4000 personnes, dont 1000 sont venues au planétarium. Avec l’embauche d’une ressource et l’ajout au répertoire du ministère, Claude Boivin espère doubler, voir tripler l’achalandage sur le site, qui peut accueillir des clients beau temps, mauvais temps. 

Fait à noter: les visiteurs peuvent aussi faire l’acquisition d’un morceau de météorite, tombé en 2013 en Russie, lors de leur passage au Planétarium de Saint-Félicien, moyennant un coût de 20 $. Une façon originale de financer les activités de l’établissement.