Pépinière Borealis: des courgettes neuf mois par année

Annie-Claude Brisson, journaliste de l'Initiative de journalisme local
Annie-Claude Brisson, journaliste de l'Initiative de journalisme local
Le Quotidien
Des courgettes cultivées neuf mois par année à Arvida : voilà le projet sur lequel planche l’équipe de la Pépinière Borealis. Les premiers tests s’avèrent concluants avec près d’une centaine de fruits récoltés plus tôt cette semaine.

Des investissements totalisant plus de 25 000 $ ont permis la construction d’une serre et l’acquisition d’équipements permettant la culture hydroponique en pot pour les courgettes. Le propriétaire de la Pépinière Borealis d’Arvida, Mathieu Ouellette, confirme l’idée voulant que des opportunités puissent se dégager des crises, alors que ce projet est né en pleine pandémie.

« Au printemps, on a dû fermer pendant un certain temps parce qu’on vend de l’horticulture ornementale et ce n’était pas prioritaire. À la télévision, François Legault parlait, au niveau des producteurs agricoles, de l’importance de s’autosuffire. Il y avait une insécurité à ce niveau. Cela m’a interpellé. Je me suis dit que je faisais de l’horticulture ornementale, mais que j’avais la capacité de lancer des projets pour alimenter les citoyens d’ici », témoigne le propriétaire de l’entreprise fondée en 2013.

La Pépinière Borealis, fondée en 2013 par Mathieu Ouellette, développe une nouvelle production de courgettes. La serre, qui accueille près de 500 plants, sera accessible neuf mois par année.

Ses recherches l’auront mené vers des projets en Italie qui permettent la production, pendant les 12 mois de l’année, de zucchinis en serres. L’agronome de formation a, en compagnie d’experts, adapté le concept italien aux réalités du Saguenay.

Le projet de la Pépinière Borealis devrait permettre la production de ces fruits – botaniquement parlant, la courge est un fruit, comme la tomate – en serres de mars à novembre. Pour y parvenir, une serre de 100 pieds sur 25 pieds a été construite, à laquelle s’ajoutent des systèmes de chauffage et d’irrigation.

Facile à cultiver en jardins et en champs, ce type de production contrôlée est prometteur. « Les courgettes, ça produit beaucoup dans les jardins quand il fait chaud. Quand il y a de grandes chaleurs, les courgettes poppent. Dès que les températures commencent à être fraîches, la production arrête. Avec la serre et le chauffage, on arrive à avoir des courgettes parfaites », explique l’agronome.

Le premier cycle de production comprend les variétés de courgettes vertes, jaunes, libanaises et rondes, réparties à travers 480 plants.

Les épiceries dans la mire

M. Ouellette, après cette période de test, espère être en mesure de vendre sa production en épiceries.

« Cette année, on fait seulement un cycle pour s’habituer et voir le marché. On a déjà trouvé des acheteurs et on veut voir avec les épiceries, les bannières dans la région. L’an prochain, on recommencera plus longtemps. On saura à quoi notre production hebdomadaire ressemblera », indique-t-il.

Les différentes variétés de zucchinis cultivées depuis la mi-juillet seront tout de même en vente directement à la Pépinière Borealis.

Mathieu Ouellette croit que la technique de culture qu’il a adaptée aux courgettes est unique au Saguenay–Lac-Saint-Jean. Chose certaine : il ne compte pas « devenir un concurrent d’un autre producteur que je connais ».

Enfin, les aubergines pourraient s’inscrire dans la continuité du projet. Cela marquerait un certain retour aux sources pour la pépinière qui en a fait la culture à ses débuts.

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DES INVESTISSEMENTS DE 150 000 $

L’automne n’aura rien de reposant pour l’équipe de la Pépinière Borealis. Des travaux d’agrandissement seront réalisés et le propriétaire Mathieu Ouellette chiffre l’investissement qui permettra de doubler la superficie de la boutique à environ 150 000 $. 

La construction du nouveau bâtiment, lequel offrira une « fenestration spectaculaire », devrait débuter à la mi-septembre. Il prendra place derrière l’actuel bâtiment magenta, construit au coût de 100 000 $ il y a un peu plus de deux ans. 

« On fait beaucoup de production de plantes intérieures. On se retrouvait à manquer d’espace pour la vente. On agrandit pour répondre aux besoins des clients », explique Mathieu Ouellette. 

Le coronavirus, qui a mis tout le Québec sur pause, aura été bénéfique pour l’entreprise d’Arvida lorsqu’elle a pu rouvrir ses portes. 

« On a eu une augmentation de 55 % de notre chiffre d’affaires pendant cette période. On est contents que les gens nous encouragent. Ils le faisaient déjà. Les investissements étaient prévus même avant la pandémie », souligne l’entrepreneur.