Plusieurs municipalités de la région sont aux prises avec une pénurie de sauveteurs pour les piscines publiques. À Saguenay, toutefois, tous les postes ont été pourvus.

Pénurie de sauveteurs dans la région

Le manque de sauveteurs dans la région ne serait pas dû au manque de personnel, mais bien aux conditions d’embauche. Trop tard dans l’été, à la merci des conditions météorologiques et en service les fins de semaine, les jeunes ne voudraient plus faire ce métier éprouvant.

C’est ce que pense le directeur général de Sauvetage Québec, Raynald Hawkins. « Il y a 223 sauveteurs piscine et 136 sauveteurs plage aptes à l’emploi au Saguenay–Lac-Saint-Jean. C’est un nombre semblable aux années précédentes. L’affaire, c’est que ça ne veut pas dire qu’ils vont choisir d’être sauveteurs », a précisé le directeur général.

« Quand les jeunes sont à l’université ou au cégep, il faut qu’ils attendent plus d’un mois avant l’ouverture des piscines, ce qui ne les intéresse pas toujours. Entre un travail du lundi ou vendredi mieux payé, ou être sauveteur dehors les soirs et les fins de semaine, plusieurs choisissent la stabilité », a affirmé M. Hawkins. C’est pour cette raison que les jeunes du secondaire sont davantage intéressés à cet emploi d’été, puisqu’ils finissent l’école plus tard.

« La piscine ne peut pas ouvrir »
Pourtant, malgré des conditions de travail bonifiées, soit un horaire du lundi au vendredi, Métabetchouan-Lac-à-la-Croix est en manque de sauveteurs. Elle a dû annuler ses activités estivales de piscines pour l’été. « C’est la première fois depuis 1976 que la piscine ne peut pas ouvrir ses portes en raison du manque de personnel qualifié », peut-on lire dans un message sur le site officiel de la municipalité.

La municipalité n’est pas la seule organisation à avoir de la difficulté à trouver des employés. Dans un entretien avec Le Progrès, la superviseuse aux opérations du Camping Chute à l’Ours de Normandin, Mélanie Grondin, a confié avoir eu de la difficulté à trouver du personnel pour l’été 2018. « À ce moment-ci, l’horaire de juillet et juin est sorti, et tous les postes sont pourvus. Il reste que notre nombre de sauveteurs est très limite. Si quelqu’un manque à l’appel, ça va être difficile », affirme-t-elle.

Mme Grondin a avoué que cette situation dure depuis plus de trois ans. Des mesures ont dû être mises en place pour assurer le nombre de sauveteurs. « On a fait beaucoup de sollicitation, on rembourse le coût des cours, on essaie vraiment de les avantager pour qu’ils viennent travailler ici », a indiqué la superviseuse.

Le Camping Saint-Félicien a également un nombre restreint de sauveteurs pour la saison estivale. « Il y a un gros manque, surtout de sauveteurs responsables. Ça s’en vient de plus en plus difficile », a partagé Marjolaine Fortin, directrice du camping.

Mme Fortin a, elle aussi, dû mettre plusieurs annonces dans des lieux stratégiques pour avoir son personnel. « J’ai affiché des annonces au Cégep de Saint-Félicien, puisque c’est là qu’ils donnent les cours, et à la Polyvalente [des Quatres-Vents]. »

Les grandes villes épargnées
Pour ce qui est de Saguenay, Marie-Ève Lafrance, du service des communications, a confirmé que la Ville n’était pas touchée par la pénurie. « Tous les postes de sauveteurs ont été pourvus, pour les neuf piscines. »

Cependant, « en raison de problèmes techniques, et ce, malgré l’annonce de l’ouverture aujourd’hui, nous sommes dans l’obligation de fermer temporairement deux piscines extérieures », a exprimé son collègue Jeannot Allard par courriel vendredi soir. Les piscines Richelieu à Chicoutimi et St-Mathias à Jonquière ne sont plus accessibles pour une période indéterminée.

Une réponse semblable est venue de la chargée des communications de la Ville d’Alma, Audrey-Claude Gaudreault. « Il n’y a pas de surplus d’employés, mais on n’en manque pas non plus. Toutes les activités vont avoir lieu comme prévu. »