Josée Caouette, qui possède deux ressources intermédiaires à Normandin et Dolbeau-Mistassini, fait face à chaque semaine au défi du recrutement de main-d’oeuvre, principalement pour les préposées aux bénéficiaires qui se font de plus en plus rares.

Pénurie de main-d'oeuvre: les ressources intermédiaires frappées

Les ressources intermédiaires du Saguenay-Lac-Saint-Jean doivent composer avec la pénurie de main-d’œuvre qui touche particulièrement les préposés aux bénéficiaires assurant les services de base des personnes âgées souffrant de problèmes cognitifs majeurs.

L’Association des ressources intermédiaires en habitation du Québec (ARIHQ) mène en ce moment une campagne de sensibilisation auprès des gouvernements et de la population pour lever le voile sur une situation qui risque de se détériorer à plus ou moins long terme si des actions ne sont pas prises. Les ressources intermédiaires sont des entreprises privées ou des OBNL qui accueillent des personnes avec différentes problématiques de santé en fonction des permis accordés par le ministère de la Santé et des Services sociaux.

« En ce moment, on peut avancer qu’il manque approximativement une préposée aux bénéficiaires par six résidants dans nos ressources intermédiaires. C’est très important comme pénurie et il faut mettre en place des solutions qui vont permettre d’attirer des personnes pour occuper les emplois », explique Josée Caouette qui possède le Pavillon Normandin avec 12 lits autorisés et la maison Namaskar de Dolbeau-Mistassini.

La directrice générale de l’association, Johanne Pratte, évoque de son côté la nécessité de mettre en place un certain nombre de mesures qui vont permettre de créer des conditions intéressantes pour attirer la relève dans ce travail névralgique pour le bien-être des personnes confiées aux ressources intermédiaires. Même si le salaire ne constitue pas une solution à tous les maux, la directrice de l’association juge que le réseau privé doit surmonter à la base une différence de rémunération importante.

Dans le réseau privé, les préposés aux bénéficiaires touchent des salaires de 14 $ ou 15 $ l’heure alors qu’il sont de 19 $ à 20 $ l’heure dans le réseau public qui a aussi des problèmes de recrutement et de rétention de main-d’œuvre. Johanne Pratte évoque un autre danger qui guette le gouvernement dans ses intentions d’investir dans les services pour les personnes âgées.

« J’espère que les investissements ne se feront pas uniquement dans le béton », précise la directrice de l’association. Elle avance que les personnes âgées ont surtout besoin de présence humaine pour assurer les services de base et aussi leur donner un milieu de vie intéressant.

Josée Caouette a évoqué l’idée de créer pour tous les secteurs des ressources intermédiaires un programme semblable à celui mis en place par les agriculteurs pour les travaux dans les champs. Il serait alors possible pour des immigrants de faire des stages au Québec, pendant les périodes problématiques. La directrice de l’association ajoute qu’il faudrait aussi offrir à ces femmes, puisque ce sont majoritairement des femmes qui choisissent ce travail, d’immigrer de façon permanente au Québec.

L’association travaille en même temps avec les Partenaires du marché du travail pour la mise en place d’une formation pour rehausser ce travail. Le risque selon Johanne Pratte est de créer une poche de pauvreté importante avec ce métier où les femmes sont majoritaires.

Les ressources intermédiaires n’ont en général pas les moyens d’offrir une amélioration importante de la rémunération des préposées aux bénéficiaires. Elles reçoivent du financement du ministère pour opérer ces unités spécialisées et l’État devra évaluer sérieusement le financement qui est accordé à ce service qui permet de diminuer la pression sur les services publics pour permettre l’attraction et la rétention du personnel.