La pénurie de main-d’oeuvre frappe de plein fouet les producteurs agricoles de la région.

Pénurie de main-d’oeuvre: la coop de remplacement prend forme

Les casse-tête engendrés par la gestion de la main-d’oeuvre, qui se fait de plus en plus rare, s’ajoutent aux autres éléments que doivent gérer quotidiennement les producteurs agricoles. La mise sur pied d’une coopérative régionale de remplacement de main-d’oeuvre pourrait permettre à certains d’entre eux de reprendre leur souffle.

De nature optimiste, le président de la Fédération de l’Union des producteurs agricoles (UPA) du Saguenay–Lac-Saint-Jean, Mario Théberge, ne peut cacher la réalité de cette problématique. Après tout, il n’y a pas une semaine qui passe sans que des producteurs l’abordent à ce sujet.

« Ça ne s’améliore pas depuis des années. On a été le premier secteur économique touché par cela. Ça explique pourquoi des maraîchers se tournent vers de la main-d’oeuvre étrangère. En ce moment, les usines de congélation font même de la publicité pour arriver à recruter des employés », exprime-t-il.

M. Théberge cite en exemple un couple de producteurs dans la quarantaine qui, faute de main-d’oeuvre, a pris récemment la décision de se départir de son quota laitier et de ne conserver que ses terres. L’objectif de cette transaction était d’augmenter le niveau de sa qualité de vie.

Les solutions à la rareté de la main-d’oeuvre agricole doivent être applicables à long terme. Mario Théberge explique que la famille et les voisins des agriculteurs peuvent dépanner sporadiquement. Toutefois, il rappelle qu’il ne s’agit pas d’une solution envisageable sur une longue période.


« Ça ne s’améliore pas depuis des années. On a été le premier secteur économique touché par cela. Ça explique pourquoi des maraîchers se tournent vers de la main-d’oeuvre étrangère. En ce moment, les usines de congélation font même de la publicité pour arriver à recruter des employés. »
Mario Théberge

« On vit avec une réalité qui n’est pas toujours facile. On se doit d’être ingénieux pour trouver des solutions. On gère les problèmes à la semaine », dit-il.

Malgré le caractère presque dramatique de la situation, M. Théberge rappelle que les agriculteurs sont passionnés par leur domaine d’activité.

L’UPA du Saguenay–Lac-Saint-Jean est en mode solution concernant les problèmes de la pénurie de main-d’oeuvre vécus par ses membres. La mise sur pied d’un service de remplacement de main-d’oeuvre pourrait bien se concrétiser au cours des prochaines semaines puisque le nombre minimal d’adhérents requis, de 20, a été atteint.

Un total de 28 producteurs se sont montrés intéressés à participer au projet pilote d’une durée de trois ans.

« On est encore dans la mise en place de la coopérative. On est encore à définir le plan d’affaires », a expliqué le conseiller-coordonnateur à l’UPA Saguenay–Lac-Saint-Jean, Nicolas Maltais.

Il est encore trop tôt pour dévoiler l’étendue du territoire qui serait couvert par le service de remplacement de main-d’oeuvre. Les dizaines de kilomètres qui séparent le Saguenay et le Haut-du-Lac obligeront une certaine logistique, et même un découpage de zones.

Alors que le service devrait débuter cet automne, Nicolas Maltais rappelle que le désir de faire les choses rapidement ne doit pas écarter celui de bien les faire.