Les pêcheurs qui ont choisi de tenter leur chance à la sortie de la rivière Métabetchouane, à Desbiens, devaient naviguer à travers les morceaux de glace.

Pêche à la ouananiche: une journée d'ouverture pour les courageux

Le vent du nord, qui soufflait sans relâche sur le lac Saint-Jean, vendredi, et les glaces poussées vers l’est combinés au mercure qui est demeuré paralysé à 0 degré Celsius, ont eu raison de presque tous les pêcheurs. Seule une poignée de mordus ont défié des conditions exécrables pour ouvrir la saison de pêche à la ouananiche.

L’édition 2018 de cet événement habituellement couru par des centaines de pêcheurs ne passera pas à l’histoire pour les records de captures. Les sites de pêche habituels de Desbiens et Chambord étaient pratiquement inaccessibles, si ce n’est que pour quelques centaines de mètres carrés. Les secteurs de Val-Jalbert et Roberval offraient plus d’espace de pêche, mais le vent rendait la navigation plus difficile.

Tout au plus, une vingtaine d’embarcations, incluant celle du Progrès, ont patrouillé ces deux secteurs. Ce nombre n’est cependant pas assez élevé pour tirer des conclusions ou faire des projections sur la qualité de la saison à venir, mais le directeur général de la Corporation de LACtivité pêche Lac-Saint-Jean (CLAP), le biologiste Marc Archer, n’a aucune inquiétude.

« Nous sommes dans des années d’abondance de la ressource. Il n’y a aucun doute sur ce point. Il faut du beau temps et une augmentation du niveau de l’eau pour faciliter l’embarquement des chaloupes. Il n’y a pas de doute sur la quantité de poissons puisque l’été dernier, les pêcheurs à la mouche en rivière ont connu un succès de pêche exceptionnel », insiste le biologiste.

Les auxiliaires de conservation de la faune de la CLAP étaient à pied d’oeuvre dès les premières lueurs du jour au moment où les plus courageux des pêcheurs ont fait leur apparition sur les sites de mise à l’eau. Selon Marc Archer, ils ont noté quelques prises.

Il ne faut pas tenir compte que de la quantité de poissons puisque le conditionnement des ouananiches peut fluctuer d’une année à l’autre selon l’abondance d’éperlans. 

Nous avons rapidement ferré une ouananiche dans le secteur de Roberval. Le saumon d’eau douce était de très belle dimension et avait déjà pris l’allure d’un ballon de football, ce qui est la caractéristique d’un bon conditionnement.

Les pêcheurs devront attendre encore quelques jours avant de pouvoir fréquenter le secteur de Desbiens. À cet endroit, la pêche est fermée à l’intérieur du pont de la route 169 jusqu’à l’ouverture de la pêche au doré. Les glaces devront caler avant qu’il soit possible de sortir sur le lac pour se rendre dans toute la zone des plages en direction de la pointe de Chambord.

Il sera plus facile de pêcher dans la zone de Val-Jalbert au cours de la fin de semaine. Les pêcheurs devront être prudents lorsqu’ils utiliseront la mise à l’eau située sur la rive ouest de la rivière Ouiatchouane. La mise à l’eau la plus sécuritaire avec un niveau sous la barre des 12 pieds est celle de la marina de Roberval, mais elle est pratiquement inutilisable, puisque tout le stationnement est occupé par les voiliers. Les pêcheurs n’y ont pas accès même s’ils ont contribué à la construire puisque la Ville a obtenu d’importantes subventions pour réaliser ce projet. Les mises à l’eau du quai fédéral ne donnent accès à aucun service.

Il reste les deux mises à l’eau aménagées par la Ville de Roberval dans le secteur du quai fédéral. Encore là, les pêcheurs doivent faire preuve de prudence en raison du niveau actuel. Les mises à l’eau sont en général sécuritaires dans tous les secteurs à partir du moment où le niveau du lac Saint-Jean dépasse les 14 pieds.

Les pêcheurs qui vont se rendre à Desbiens devront quant à eux débourser 10 $ pour stationner leur véhicule sur les terrains de l’association qui opère le bar. Il n’y a pas d’endroit pour stationner dans les deux zones de mise à l’eau. Il s’agit du seul site au Lac-Saint-Jean où il y a des frais pour utiliser les mises à l’eau qui ont également été construites avec des subventions gouvernementales.

Le coût du stationnement à Desbiens pour la mise à l’eau est de 10 $ alors que le droit d’accès au lac Saint-Jean qui permet de financer la recherche et la protection de la ressource est de 8 $.