L’ex-prêtre pédophile Paul-André Harvey est mort en détention en mai 2018. Il purgeait une peine de six ans de pénitencier pour une partie de ses crimes.

Paul-André Harvey: l’Évêque et les fabriques ajoutés

Une dizaine de nouveaux défendeurs peuvent désormais être ajoutés au recours collectif intenté par l’Association des jeunes victimes de l’Église (AJVE) contre l’ex-prêtre pédophile Paul-André Harvey, le plus notable étant l’Évêque catholique romain de Chicoutimi.

Un jugement de la Cour supérieure rendu mercredi, par la juge Sandra Bouchard, de la Cour supérieure du Québec, accueille la demande logée le 6 décembre par les avocats de l’AJVE afin d’inclure l’Évêque, neuf fabriques d’autant de paroisses du Diocèse de Chicoutimi ainsi que l’Assurance mutuelle des fabriques du Québec parmi les défendeurs.

Auparavant, les seuls défendeurs visés par l’action collective de plus de 14 M$ étaient l’ex-prêtre Harvey lui-même, la Corporation épiscopale catholique romaine de Chicoutimi et la compagnie Intact Assurance.

Condamné à six ans de pénitencier après avoir plaidé coupable à 39 chefs d’accusation en lien avec des agressions commises sur des filles de 6 à 12 ans, entre 1963 et 1987, Paul-André Harvey est finalement mort en détention en mai 2018. Le nombre de victimes et de victimes alléguées du prêtre pédophile qui font partie du recours s’élevait, selon les plus récents chiffres colligés par l’AJVE, à plus d’une centaine.

Les crimes d’Harvey se seraient vraisemblablement échelonnés de 1962 à 2002, sur le territoire du Diocèse de Chicoutimi.

La représentante de l’Association des jeunes victimes de l’Église, Suzanne Tremblay, se réjouit de la décision de la Cour supérieure.

«Cause défendable»

Dans sa décision, la juge Bouchard mentionne que la demande d’autorisation du recours contre les nouveaux défendeurs était une «cause défendable» qui faisait ressortir «une potentielle responsabilité» de l’Évêque et des paroisses «d’une manière ou d’une autre» pour les abus sexuels commis par Paul-André Harvey.

L’avocate du Diocèse de Chicoutimi et des fabriques voit toutefois dans ce jugement une belle occasion pour tous les partis d’en arriver à une entente.

«La lecture que j’en fais, c’est que les deux parties devraient en arriver à se parler et à accepter une invitation de Mgr René Guay de s’asseoir ensemble pour en arriver à une entente et tenter de régler la situation», estime Me Estelle Tremblay.

Pire franchi

Pour la représentante de l’AJVE, le jugement rendu mercredi représente une autre étape dans ce long processus entamé en 2016.

«On a franchi le pire qu’il y avait à franchir, je pense. Pour nous, un recours comme ça, c’est une grosse mer à franchir. Parfois, j’aurais le goût de dire qu’on est tannées. Chaque fois qu’on se retrouve en cour, on ramène les faits, et ça nous ramène à des souffrances, des pensées et des émotions», mentionne Suzanne Tremblay, qui estime toutefois que le recours avance assez rapidement.

«Des fois, on trouve que ça n’avance pas vite, mais dans les faits, ça avance rondement. On a hâte d’arriver au bout. On est contentes, mais ce n’est pas fini», ajoute la représentante de l’AJVE.