Guillaume Pétrin
Le Quotidien
Guillaume Pétrin
J’étais accompagné par trois patrouilleurs fédérés d’expérience.
J’étais accompagné par trois patrouilleurs fédérés d’expérience.

Patrouilleur d’un jour

CHRONIQUE / Comment ça se passe dans les sentiers de motoneige de la région ? Pour répondre à cette question que je me posais, j’ai récemment troqué ma casquette rouge du Quotidien et du Progrès pour un casque de motoneige.

Mon expérience en motoneige se limitait à seulement une dizaine d’heures de conduite. C’est un peu normal dans mon cas, car je ne suis pas un Bleuet pure laine, mais c’est tout de même étonnant considérant le fait que je suis né au royaume de la défunte et légendaire compagnie Skiroule, à Wickham, au Centre-du-Québec.

Bien accompagné par trois patrouilleurs de la Fédération des clubs de motoneigistes du Québec (FCMQ), j’ai pu me balader en motoneige dans quelques-uns des sentiers enneigés qui bordent Roberval.

Pendant près de trois heures, j’ai ainsi porté le titre non officiel de « patrouilleur d’un jour ».

Tout au long de la patrouille, Gaston Fortin, Richard Villeneuve et Martin Lévesque ont pris le temps de répondre à mes mille et une questions.

La mission des patrouilleurs provinciaux est principalement de promouvoir et de favoriser le respect des règlements et des lois dans les sentiers pour assurer une circulation respectueuse.

Tout d’abord, on a commencé par se réunir tous les quatre autour d’un bon café chaud, afin d’être bien réveillés et aux aguets pour accomplir notre mission. Quelle était cette mission ? Assurer la sécurité dans les sentiers.

« Aujourd’hui, on fait une patrouille et on va se placer aux intersections pour vérifier la conformité des motoneiges par rapport à la Loi des véhicules hors route et voir si les motoneigistes détiennent leurs droits d’accès et leur certificat d’immatriculation », m’a expliqué Gaston Fortin, patrouilleur depuis plus de 15 ans.

On ne devient pas patrouilleur du jour au lendemain.

Le processus prend environ quatre années.

« Premièrement, il faut être patrouilleur local dans un club. Après deux ans, tu peux être sélectionné si tu satisfais les critères. Il y a une formation théorique pour les lois et une formation pratique dans les sentiers. Tu deviens alors patrouilleur auxiliaire pendant deux ans avant de devenir patrouilleur provincial pour la Fédération. »

Les droits d’accès représentent une importante source de revenus pour les clubs de motoneige.

Pour sa part, Martin Lévesque patrouille dans les sentiers depuis neuf ans, tandis que Richard Villeneuve, le doyen de notre quatuor, donne de son temps bénévolement depuis 1986.

Blanc longtemps

« OK, on part ! », dis-je en donnant le signal de départ, bien assis derrière Gaston, mon pilote pour cette randonnée.

La première chose que j’observe, quelques minutes seulement après notre départ, c’est qu’en motoneige, il faut s’habiller chaudement ! À ce titre, un « merci » tout spécial à mon mentor, qui a eu la présence d’esprit de me fournir des vêtements un peu mieux adaptés que ceux que je suis habitué de porter lors de mes paisibles sorties en raquettes.

Autre constat ? La prudence est de mise en motoneige, car blanc sur blanc, ce n’est pas évident ! La visibilité n’est pas toujours bonne et même bien entretenus, les sentiers sont cahoteux à certains endroits. Ils ne sont pas si larges que ça et il y a aussi plusieurs courbes, alors même comme copilote, je devais être vigilant.

Journée tranquille

À peine arrivés à notre premier point de contrôle, déjà, nous voyons un motoneigiste qui se pointe à l’horizon. Bien honnêtement, j’espère secrètement être témoin d’une intervention menant à quelques infractions.

Gaston Fortin, Richard Villeneuve et Martin Lévesque sont tous patrouilleurs fédérés.

Mais non, tout est en règle. Il s’agit d’un trappeur qui s’en va faire la tournée de ses pièges et de ses collets. Il paraît qu’ils sont quelques-uns à utiliser les sentiers pour s’adonner à cette activité. J’avoue que la motoneige est assez pratique pour ça.

Avec toute sa sagesse, Richard m’explique aussi que le travail de patrouilleur en est un de sensibilisation et qu’ils ne sont pas là juste pour donner des constats d’infraction. « On sensibilise les motoneigistes à la sécurité et aux comportements dans les sentiers, comme garder la droite, respecter les limites de vitesse et observer les panneaux de signalisation. C’est grisant de faire de la motoneige. Ce sont des machines puissantes. De plus en plus, les motoneigistes nous disent que c’est plaisant de nous voir dans les sentiers. »


« On sensibilise les motoneigistes à la sécurité et aux comportements dans les sentiers, comme garder la droite, respecter les limites de vitesse et observer les panneaux de signalisation. C’est grisant de faire de la motoneige. Ce sont des machines puissantes. De plus en plus, les motoneigistes nous disent que c’est plaisant de nous voir dans les sentiers. »
Richard Villeneuve

Après quelques minutes à attendre en vain un prochain motoneigiste, on décide de rembarquer sur nos bolides et de poursuivre la randonnée.

Sur le chemin du retour, les patrouilleurs notent toute signalisation manquante ou erronée. C’est aussi ça, leur boulot.

Gaston Fortin, Richard Villeneuve et Martin Lévesque sont tous patrouilleurs fédérés.

Encore là, Gaston prend le temps de m’éclairer. « C’est même une des principales tâches que l’on doit faire. S’il manque des balises, on avertit les clubs. »

Même si cette sortie en patrouille a été relativement tranquille en termes d’achalandage dans les sentiers, je dois dire qu’elle fut très enrichissante.

De retour à la maison, je dois avouer qu’une fois assis bien au chaud dans mon salon, j’ai magasiné d’un oeil distrait les motoneiges usagées sur les sites d’annonces classées. Qui sait, la saison de motoneige est plus longue au Saguenay–Lac-Saint-Jean qu’au Centre-du-Québec !