Pat Fiore, qui était président de GNL Québec, agira maintenant comme consultant pour l’entreprise.
Pat Fiore, qui était président de GNL Québec, agira maintenant comme consultant pour l’entreprise.

Pat Fiore quitte la présidence de GNL Québec

Myriam Gauthier
Myriam Gauthier
Initiative de journalisme local - Le Quotidien
Le président de GNL Québec, Pat Fiore, quitte ses fonctions, mais demeure lié à l’entreprise à titre de consultant. Ces changements ne sont pas étrangers aux difficultés financières connues dans les derniers mois par le projet.

Tony Le Verger, qui occupait le titre de vice-président finances et développement, devient président par intérim de GNL Québec. Le poste de vice-président qui était occupé par M. Le Verger ne sera pas comblé.

Il récupérera des tâches qui étaient assumées par M. Fiore, tandis que ce dernier conservera certaines responsabilités comme consultant pour le projet d’usine de liquéfaction de gaz naturel à Saguenay.

Pat Fiore était président de GNL Québec depuis avril 2018. Il a notamment oeuvré pour Rio Tinto par le passé, où il a occupé le poste de président et chef de la direction de Rio Tinto Bauxite et alumine.

Cette restructuration de l’équipe de direction a pour but de s’adapter aux étapes de développement du projet, a expliqué Pat Fiore, en entrevue mardi. GNL Québec souhaite compléter le financement du projet au courant des prochains mois. « Dans une phase de développement, à mesure qu’un projet progresse, c’est normal que sa structure ait besoin de s’adapter », a-t-il soutenu.

Il souligne qu’il demeurera « étroitement impliqué » avec l’équipe d’Énergie Saguenay. Il assure que ce changement de fonctions n’est pas un désaveu de sa part envers le projet et précise que ce départ n’est pas lié à de nouveaux projets de son côté.

Il a été jugé que Tony Le Verger avait « le bon profil » pour assurer l’intérim dans les mois à venir, alors que ces changements surviennent moins d’une semaine après la fin des audiences du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) sur le projet de 9 G$.

Difficultés financières et impacts de la COVID-19

Questionné par Le Quotidien, Pat Fiore confirme que la restructuration n’est pas étrangère aux difficultés financières connues dans les derniers mois par le projet d’exportation de gaz naturel, qui ont entraîné la suppression d’emplois à la fin de l’été du côté de GNL Québec et de Gazoduq, l’entité qui est en charge de la portion du gazoduc du projet totalisant 14 G$.

« C’est sûr qu’il y a un certain lien avec ça, il n’y a pas de cachettes », a-t-il répondu, en précisant que la crise sanitaire et économique a eu des impacts sur le projet. Il assure cependant que l’évolution du projet est la principale raison qui entraîne ces changements au sein de l’équipe de direction.


« On ne sait pas dans le futur comment ça va évoluer. On est très flexible. »
Pat Fiore
Tony Le Verger, qui occupait le poste de vice-président finances et développement, devient président par intérim de GNL Québec.

« On est rendu à une étape où il faut attirer des nouveaux capitaux et ça, évidemment, avec le COVID, et la situation que la planète entière est en train de passer au travers – on n’est pas les seuls, la planète entière passe par là –, on a besoin de prendre un certain recul, un ajustement », a-t-il exposé. Il affirme que les investisseurs actuels de GNL Québec soutiennent toujours le projet.

Rappelons qu’avant le début de la crise, GNL Québec a perdu au début du mois de mars un investisseur majeur. Le fonds Berkshire Hathaway, dirigé par le milliardaire Warren Buffet, a renoncé à investir dans le projet.

« Les priorités stratégiques évoluent »

La durée de l’intérim de M. Le Verger n’est pas déterminée, alors que d’autres changements pourront survenir dans l’équipe de direction, selon les étapes franchies par le projet. « On ne sait pas dans le futur comment ça va évoluer. On est très flexible », a indiqué M. Fiore.

Pat Fiore explique les changements au sein de la direction, après la fin des audiences du BAPE, par le fait que cette période marque une nouvelle étape pour les priorités stratégiques du projet.

« Les priorités stratégiques évoluent. On est rendu vraiment à une espèce de nouveau chapitre, si je peux le dire comme ça, et les priorités stratégiques – autre qu’évidemment compléter le processus d’évaluation environnementale –, c’est vraiment le financement et puis aussi le positionnement du projet sur le marché. »

Les commissaires du BAPE sur le projet d’usine de liquéfaction doivent déposer leur rapport au plus tard le 13 janvier.

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LA MAIRESSE DE SAGUENAY DÉÇUE

La mairesse de Saguenay, Josée Néron, a accueilli avec déception le départ de Pat Fiore à la présidence de GNL Québec.

Pat Fiore a appelé Josée Néron mardi pour lui annoncer son départ avant que la nouvelle ne soit connue publiquement. « Je suis naturellement déçue d’apprendre le départ de M. Fiore. Mais j’ai pu lui parler en fin de journée et j’ai compris qu’il quittait pour donner une chance au projet d’avancer et de se réaliser, car GNL doit trouver le financement pour concrétiser leur projet », a indiqué la première magistrate de Saguenay, dans une déclaration transmise au Quotidien par son cabinet.

Josée Néron a souligné que Saguenay, via sa société de développement économique Promotion Saguenay, demeure disponible pour GNL Québec, si l’entreprise a besoin d’information. « Mais avant d’aller plus loin, nous allons attendre le dépôt du rapport du BAPE », a-t-elle ajouté.

Promotion Saguenay a rappelé son appui envers le projet, lors des audiences du BAPE.