Passes-Dangereuses au Lac-Saint-Jean: plus de 32 000 hectares de forêt brûlés [VIDÉO]

Anne-Marie Gravel
Anne-Marie Gravel
Le Quotidien
Le feu de forêt hors de contrôle qui fait rage avec agressivité dans le secteur des Passes-Dangereuses au Lac-Saint-Jean est devenu le plus important feu de forêt à toucher la région depuis cinq ans. De jeudi à vendredi, la superficie de l’incendie est passée de 4000 à plus de 32 000 hectares. La situation actuelle, qui préoccupe au plus haut lieu, oblige le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP) à interdire complètement l’accès aux terres du domaine de l’État et de fermer les chemins dans ce secteur.

«  Au cours des derniers jours, les citoyens étaient invités à ne pas dépasser les points de vigilance à l’intérieur de cette partie de la forêt. À l’heure actuelle, il est maintenant interdit pour les gens d’entrer dans le périmètre concerné », a indiqué Josée Poitras, agente à la prévention et aux communications à la SOPFEU. Toute personne se trouvant sur ce territoire doit le quitter immédiatement. 

Sur Twitter, le premier ministre François Legault a déclaré être grandement préoccupé par ce gigantesque incendie. « Des équipes de la SOPFEU sont déployées et tentent de maîtriser le feu, mais la situation demeure difficile. Notre priorité : la sécurité des Québécois dans les zones à proximité. Nous suivons ça de près.»

La baisse du taux d’humidité relative et la température chaude ont contribué à la propagation du brasier, qui est en activité depuis mardi soir. « Le feu a brûlé même pendant la nuit, ce qui n’est pas le cas habituellement, précise Josée Poitras. Il a dépassé la rivière Péribonka et il continue sa progression. Il se rapproche du réservoir Pipmuacan. »

Josée Poitras souligne que le Saguenay-Lac-Saint-Jean n’avait pas connu de feu d’une si grande intensité depuis quelques années. « Les conditions d’allumage particulières laissaient présager un feu agressif et c’est ce qui se passe. Au cours des cinq dernières années, la région n’a connu que des petits feux qui n’ont pas dépassé 1500 hectares. »

Renfort

Une trentaine de pompiers forestiers et six avions-citernes combattent toujours l’incendie. Des pompiers forestiers en provenance des autres bases de la SOPFEU sont attendus pour le week-end. « On a demandé des ressources en renfort. D’ici dimanche, on va avoir une augmentation du nombre de pompiers jusqu’à l’extinction finale. On en a pour des jours, si ce n’est pas des semaines. »

Les prévisions météorologiques des prochains jours ne laissent rien présager de bon. « Les précipitations attendues ne sont pas significatives. On lance le message à la population de ne pas entrer dans ce périmètre. C’est dangereux et le feu a un comportement agressif. »

À la MRC de Maria-Chapdelaine, on confirme qu’une cinquantaine de baux de villégiature se trouvent dans la zone touchée. « On reçoit des appels, c’est incroyable. Les gens veulent savoir si leur chalet est touché. On l’ignore puisqu’on ne peut pas aller sur le terrain, affirme Johnatan Doucet, coordonnateur des services à la MRC. Il y a des baux de villégiature, mais ça ne veut pas dire que les chalets ont brûlé. »

Depuis jeudi, les propriétaires de chalets ont été contactés en collaboration avec la Sûreté du Québec. « On veut s’assurer qu’il n’y a personne dans les chalets. C’est notre priorité. »

Le feu touche aussi maintenant la MRC du Fjord-du-Saguenay. Les villégiateurs sont également contactés afin de s’assurer que personne n’est en danger. 

« Jeudi, on parlait de cinq chalets brûlés. Maintenant, le feu se dirige vers un secteur où il y a une centaine de chalets », indique Gérald Savard, préfet de la MRC. 

Quant à la centrale d’Hydro-Québec, elle ne serait pas menacée puisqu’elle est située 10 kilomètres plus bas. AVEC EMILIE GAGNON ET STÉPHANE BOUCHARD