Pas question de masques artisanaux dans les hôpitaux

Annie-Claude Brisson, journaliste de l'Initiative de journalisme local
Annie-Claude Brisson, journaliste de l'Initiative de journalisme local
Le Quotidien
Le système de la santé ne compte pas ouvrir la porte aux masques conçus et fabriqués, de bonne foi, par des entrepreneurs. Au cours des derniers jours, des ateliers de fabrication du Saguenay-Lac-Saint-Jean ont orienté leurs opérations vers la création et la fabrication de masques en tissu.

« Il faut absolument que ce soit des masques homologués, dont l’étanchéité est prouvée. Il n’y a pas de mesures que nous pouvons prendre et qui ne sont pas sûres. Ça serait une fausse sécurité et un risque de propagation exponentiel. Actuellement, il y a des masques. On regarde pour des lunettes, on regarde ce qu’il y a sur le marché, ce qui pourrait être sécuritaire, si on manque d’une marque par rapport à l’autre, explique le directeur des services multidisciplinaires, responsable du site de Roberval, Serge Lavoie. Mais tout ça doit être vérifié, homologué. Il faut savoir qu’on est en sécurité autant pour nous que pour la population ».

Oeuvrant en contrôle et prévention des infections, la conseillère Manon Gobeil abonde dans le même sens. « Nous nous fions aux normes de l’Institut national de santé publique du Québec. S’ils nous disent que c’est OK et testé, on ira dans ce sens. Mais tant qu’il n’y a pas de preuve que c’est efficace, on n’ira pas dans cette direction », ajoute-t-elle.

Les professionnels de la santé oeuvrant au CIUSSS du Saguenay–Lac-Saint-Jean rappellent l’importance de s’en tenir aux indications et aux recommandations du gouvernement et du ministère de la Santé et des Services sociaux.

Comme l’indique Mme Gobeil, le port d’un masque et de gants, qui est souvent associé à un faux sentiment de protection, doit être combiné à une hygiène particulière. « Le masque, on le manipule. On le relève ou le baisse parce qu’on a chaud. On ne se lave pas les mains. On se contamine beaucoup plus avec un masque si on n’en a pas besoin. On essaye d’éduquer les gens. Lavez vos mains et ne touchez pas votre visage », souligne-t-elle.

Le directeur des services multidisciplinaires, responsable du site de Roberval, Serge Lavoie implore la population de ne pas tomber dans le panneau de la consommation afin d’obtenir un faux sentiment de sécurité et de s’en tenir au lavage des mains, ce qui reste la meilleure barrière.