Le ministre des Finances, Éric Girard, et le premier ministre François Legault, ont présenté un budget reflétant ce que le gouvernement s’était engagé à faire, estime le fiscaliste François Imbeau.

«Pas la mer à boire»

Pour l’associé en fiscalité chez Deloitte, François Imbeau, le budget provincial d’Éric Girard propose beaucoup de mesures d’investissements pour la grande région de Montréal.

« Quand on regarde pour les autres régions, il n’y en a pas tant que ça », explique-t-il. François Imbeau voit cependant d’un bon œil certaines mesures fiscales, dont celle pour garder les aînés sur le marché du travail.

« Dans nos régions, on a une population vieillissante et une rareté de main-d’œuvre. C’est une bonne nouvelle pour nous, et probablement plus qu’ailleurs au Québec. Ce n’est pas la mer à boire, mais c’est un incitatif pour demeurer dans le marché du travail » pense M. Imbeau, à propos de cet incitatif bénéfique à la fois aux travailleurs et aux entreprises.

Selon lui, un travailleur de plus de 60 ans qui reste sur le marché du travail pourrait avoir une déduction d’impôt de 1500 $, alors que l’entreprise qui l’emploie pourrait quant à elle économiser un peu plus de 1800 $.

Investissement

La deuxième mesure aura des effets auprès des entreprises qui ont des grands projets d’investissements, qui doivent débourser un montant important pour démarrer un projet. « Avant, ça prenait un montant minimal d’investissement plus élevé pour avoir droit à un congé fiscal », raconte M. Imbeau.

La limite minimale, qui se situait à 75 millions de dollars, a été abaissée à 50 millions pour certaines régions désignées comme le Saguenay-Lac-Saint-Jean.

Cette mesure peut être particulièrement intéressante pour les mines ou les autres grands projets qui demandent beaucoup d’investissements. « C’est parfait pour les projets qui sont risqués », ajoute-t-il.

Finance en bon état

En général, le gouvernement caquiste a livré un budget auquel on pouvait s’attendre. Il fait ce qu’il s’était engagé à faire, estime M. Imbeau. L’état de l’économie québécoise et des finances publiques y est pour beaucoup dans cet exercice.

« Les finances publiques sont dans un état qu’on a rarement vu depuis 25, 30, 40 ans. J’ai rarement vu un ministre des finances remercier son prédécesseur », précise le fiscaliste.