L’ancienne conseillère municipale de Lac-Kénogami Christine Boivin

Pas d’enquête contre Christine Boivin

L’ancienne conseillère municipale de Lac-Kénogami, Christine Boivin, ne fera pas l’objet d’une enquête à la suite d’une demande d’enquête en éthique et en déontologie déposée à la Commission municipale du Québec. La demande a été jugée « manifestement non fondée ».

Mme Boivin, qui était conseillère sous la bannière de l’Équipe du renouveau démocratique, en a été informée vendredi dernier dans une lettre qu’elle a reçue, datée du 14 décembre. Elle ignorait alors qu’une demande d’enquête la ciblant avait été déposée au sujet de « possibles manquements au Code d’éthique et de déontologie pour les élus municipaux de la Ville de Saguenay ». 

La lettre de la Commission municipale ne fournit aucune information sur le plaignant, la nature de la demande d’enquête et la date à laquelle elle a été déposée. 

« Au terme de l’examen préalable de cette demande, nous considérons que celle-ci est manifestement non fondée. Pour cette raison, nous ne transmettrons pas ce dossier pour enquête », peut-on lire dans la missive, dont Christine Boivin a transmis une copie au Quotidien.

« Morte de rire »

L’ancienne élue n’a pu cacher sa surprise lorsqu’elle a reçu la lettre. « Quand j’ai eu ça, j’étais morte de rire [...]. Ça montre qu’on a tout fait pour me déstabiliser dans mon processus de travail d’élue, vraiment. On a essayé de m’éliminer. Je dérangeais », a-t-elle exprimé, lors d’une entrevue téléphonique accordée mardi.

Elle tentera d’en savoir davantage sur l’identité du plaignant et le contenu de la demande d’enquête, après les vacances des Fêtes. Elle ignore cependant si le processus demeure confidentiel à ce stade.

Sur le site Internet de la Commission municipale, il est indiqué que les demandes d’enquête deviennent publiques dès qu’elles sont transmises au tribunal administratif et aux procureurs de la commission.

Or, la demande d’enquête visant Christine Boivin n’a pas atteint cette étape du processus, puisqu’elle a été rejetée dès son examen préalable. Seules les demandes qui remplissent les conditions établies par la Commission sont transmises au tribunal administratif et aux procureurs.

Richard Brabant et Raynald Harvey

Sans vouloir s’avancer, Mme Boivin s’est contentée d’indiquer qu’elle avait une bonne idée de l’identité de la personne qui pouvait avoir demandé une enquête.

En mars 2015, dans un article du Quotidien, le directeur général du Camping Jonquière – également candidat défait en 2013 face à Christine Boivin dans le district 1 –, Richard Brabant, ainsi que le président de la firme Segma Recherche, Raynald Harvey, alors trésorier de l’organisme, avaient mentionné étudier la possibilité de déposer auprès de la commission une plainte en déontologie ciblant Christine Boivin.

Rappelons qu’en avril 2015, le Camping Jonquière avait fait parvenir une mise en demeure à Mme Boivin pour diffamation et atteinte à la réputation, avant de déposer au nom de l’organisme et de son directeur général une poursuite totalisant 425 000 $ en janvier 2016.

En novembre dernier, le Camping Jonquière a abandonné sa poursuite, avant de signer une déclaration reconnaissant que Christine Boivin n’avait fait que son travail d’élue, lorsqu’elle avait cherché à obtenir des renseignements sur la gestion des subventions municipales reçues par l’organisation.

« Ça démontre que je l’ai bien fait (mon travail d’élue), que je n’ai rien fait de mal. Tout ce que j’ai fait, c’est de faire ce qu’un élu doit faire », a réitéré Mme Boivin au Quotidien.


« Des gens que je ne connais pas du tout viennent me donner la main, pour me dire "Félicitations pour votre mandat". Ce sont beaucoup les citoyens qui sont déçus que je ne me sois pas représentée. »
Christine Boivin

Les citoyens la remercient

Plusieurs citoyens arrêtent Christine Boivin dans la rue pour la remercier pour sa ténacité dans le dossier des contrats d’embauche de l’ancien président-directeur général de Promotion Saguenay, Ghislain Harvey, devant la Commission d’accès à l’information (CAI).

« Des gens que je ne connais pas du tout viennent me donner la main, pour me dire "Félicitations pour votre mandat". Ce sont beaucoup les citoyens qui sont déçus que je ne me sois pas représentée », a exprimé l’ancienne conseillère municipale de Lac-Kénogami.

L’ancienne élue, membre de l’Équipe du renouveau démocratique, est à l’origine de la demande déposée devant la CAI demandant la divulgation des contrats d’embauche de Ghislain Harvey.

Christine Boivin ne regrette toutefois pas sa décision de ne pas avoir brigué un second mandat aux dernières élections municipales. « Je n’ai pas de regrets, et j’ai encore beaucoup moins de regrets d’avoir fait mon travail d’élue jusqu’à la fin. Parce que, pour les contrats de Ghislain Harvey, je suis contente d’avoir fait les demandes, car les citoyens le savent [maintenant]. »

Christine Boivin avait décidé de ne pas se représenter, puisque le redécoupage du district 1, qui inclut maintenant le secteur de Lac-Kénogami et une partie de Jonquière, ne lui convenait pas. L’ampleur de la tâche, en raison du territoire couvert, l’aurait empêchée, estime-t-elle, de continuer à occuper son emploi de représentante chez Kraft Canada, entreprise pour qui elle travaille depuis maintenant 19 ans.

Mme Boivin souligne cependant demeurer à l’affût de la politique municipale, elle qui est membre du conseil d’administration de l’Association pour la protection du lac Kénogami.