Pas de terminal, pas de projet de mine selon Port de Saguenay

La direction de Port de Saguenay défend fermement sa décision d’aménager un terminal portuaire sur la rive nord du Saguenay pour acheminer les volumes d’apatite provenant de la future mine du Lac à Paul exploitée par Arianne Phosphate.

Réagissant à la sortie du conseiller Simon-Olivier Côté dans Le Quotidien réclamant une révision complète du projet de terminal, le directeur de l’Administration portuaire de Saguenay, Carl Laberge rappelle que depuis dix ans le projet d’Arianne Phosphate, incluant le transport du minerai, a fait l’objet de nombreux scénarios et d’études afin d’analyser le dossier sous toutes ses coutures.

Il mentionne que depuis les débuts et jusqu’en 2013, les scénarios visant à effectuer le transport via Alma, Dolbeau, Chicoutimi et Forestville ont été étudiés et qu’à chaque analyse, il a été déterminé que de telles options ne seraient pas rentables. M. Laberge rappelle que le transport sur 230 km à partir de la mine à l’aide de camions hors route jusqu’à ces destinations aurait nécessité l’aménagement de centres de transbordement afin de permettre le transport jusqu’à Grande-Anse avec des camions de plus faible tonnage ou par train et n’était pas rentable. « Si on n’envisage pas le transport avec un terminal en rive nord, il n’y a plus de projet », affirme M. Laberge.

Il ajoute que l’aménagement d’un terminal à la sortie de Saint-Fulgence en rive du Saguenay permettra de charger les navires directement avec l’aménagement d’un convoyeur et de silos d’entreposage.

« Toutes les questions soulevées par M. Côté ont été posées au début du processus et non à la fin. Lorsqu’on parle de transporter le minerai par Baie-Comeau, c’est un coût de 2 G$ avec des impacts qui seront nuls pour le Saguenay-Lac-Saint-Jean ».

En ce qui a trait à la déclaration du conseiller Côté à l’effet que le terminal maritime n’aura pas d’effet au Saguenay, M. Laberge n’est pas d’accord puisque Saguenay étant un important pôle industriel, il est évident, selon lui, que des entrepreneurs et les travailleurs de la ville participeront à la construction et à l’entretien des routes et des installations du terminal. « Ce qui va créer majoritairement des emplois, ce n’est pas le terminal, c’est l’exploitation de la mine ».

Le directeur de Port de Saguenay conclut que l’heure n’est plus à remettre en question le projet élaboré par Arianne Phosphate, mais plutôt de l’appuyer afin qu’il se concrétise. Selon lui, le projet a nécessité tellement de temps d’élaboration que certains oublient toutes les démarches réalisées qui ont conduit à l’émission de toutes les autorisations gouvernementales et environnementales.

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MARC BOUCHARD RIPOSTE À SIMON-OLIVIER CÔTÉ

Le conseiller du district 11 de Saguenay, Marc Bouchard, s’inscrit en faux contre la sortie de son collègue Simon-Olivier Côté au sujet du terminal maritime projeté en rive nord du Saguenay.

En entrevue, M. Bouchard affirme que le Saguenay-Lac-Saint-Jean a besoin de projets afin de soutenir son développement économique futur. Il reprend les propos du ministre du Travail, Jean Boulet, tenus il y a quelques semaines lors de son passage dans la région, à l’effet que le Saguenay-Lac-Saint-Jean a assisté entre 1996 et 2016 au départ de 27 000 personnes vers l’extérieur, dont 19 000 sont des jeunes âgés de 20 à 29 ans. « Notre économie repose sur les secteurs primaire et secondaire que sont la foresterie et l’aluminium. Le secteur de la forêt n’est pas en croissance tandis que dans les alumineries, tout se mécanise. Je crois que pour avoir une bonne économie, il faut se diversifier vers d’autres secteurs. »

Il ajoute que la future mine d’Ariane Phosphate sera la seule au Canada à exploiter de l’apatite et qu’Ariane Phosphate doit encore recruter deux clients avant de procéder au déclenchement de son projet. « Le bébé est sur le bord d’arriver au monde. Ce n’est pas le temps de lui donner un coup de pied ». 

Selon lui, le moment est mal venu pour remettre en question les solutions retenues d’autant plus que toutes les consultations publiques ont eu lieu, que le Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) a rendu ses décisions et que les certificats environnementaux ont été délivrés.

Concernant l’argument à l’effet que le futur terminal défigurera le fjord du Saguenay, M. Bouchard affirme que le Saguenay s’étire sur une centaine de kilomètres tandis que le terminal n’aura que quelques centaines de mètres de largeur. « J’espère que le projet va se concrétiser. C’est le temps de donner un coup de pouce plutôt que de demander un retour sur les planches à dessin », conclut-il.