Le retour des élèves s’est bien déroulé, car la formation en soudure intégrait déjà des mesures de protection avant la COVID-19, dont le travail en cubicule et le port d’une visière.
Le retour des élèves s’est bien déroulé, car la formation en soudure intégrait déjà des mesures de protection avant la COVID-19, dont le travail en cubicule et le port d’une visière.

Pas de retard pour les soudeurs apprentis

Attendus impatiemment par les entreprises, la majorité des soudeurs en formation devraient obtenir leur diplôme à la date prévue. Les différents centres de formation professionnelle du Québec ont fait des pieds et des mains pour éviter tout retard dans l’apprentissage, malgré la fermeture temporaire des écoles en mars et en avril.

Au Centre de formation professionnelle (CFP) d’Alma, les cours ont repris, mais les élèves ne se concentrent que sur les leçons pratiques. La théorie se fait à distance.

Et l’établissement, qui a déjà accueilli par le passé 120 élèves à la fois, a plus que l’espace nécessaire pour les actuels 15 soudeurs apprentis.

« Pour nous, ç’a bien été, car on avait de l’espace. On a pris deux classes pour répartir les gens et leur matériel. Ils dînent à cet endroit. Et lorsqu’ils vont à l’atelier, ils sont dans leur cubicule qui était déjà là avant. Nous utilisions aussi déjà du matériel de protection, dont les visières et les masques N95. Le retour a donc pu se faire plus facilement », décrit Nicolas Tremblay, enseignant en soudure.

Les élèves en soudure ont repris leurs cours au CFP d’Alma.

Pas question de retarder l’apprentissage pour ces élèves. La pénurie était si forte que cette unique cohorte du CFP d’Alma est en alternance travail-études. Il s’agissait d’une nouvelle formule pour attirer plus d’élèves dans ce programme.

« On ne voulait surtout pas retarder, car la pénurie, rappelons-le, est forte. Seulement dans notre secteur, au Lac-Saint-Jean, les entreprises cherchent et recrutent des soudeurs au Mexique et même aux Philippines », rappelle M. Tremblay.

Le programme semble fonctionner, car déjà près d’une vingtaine de personnes se sont inscrites à la prochaine session qui débute à l’automne. Les élèves sont payés pendant tous leurs cours et ils sont reliés à une entreprise dans laquelle ils travaillent 900 heures sur les 1800 heures de la formation.

« Ils devraient retourner en milieu de travail au cours de l’été. La pandémie fait que les entreprises n’ont pas toutes rappelé leurs soudeurs, donc ça va prendre quelques semaines pour voir un vrai retour des activités », indique l’enseignant.

Pendant la fermeture des écoles, la formation s’est poursuivie à distance, mais il y a un trou de deux semaines, où il n’y a eu aucune théorie. Pour rattraper ce temps, l’heure de dîner a été réduite de moitié et ceux qui auront été plus loin dans la formation en entreprise pourront voir leurs compétences reconnues. « On a aussi modifié le calendrier des cours, donc certains cours qu’on donnait à l’automne, de la théorie, ont été donnés à distance. Parce qu’en ce moment, on se concentre sur la pratique, à l’intérieur de l’école. »

Installés dans leur cubicule pour souder, les élèves sont visiblement bien protégés. Mais comme ailleurs dans le centre de formation, ils doivent suivre les flèches au sol, rentrer un à un par la porte d’entrée, se laver continuellement les mains et garder une distance de deux mètres avec leurs confrères. À certains moments, l’enseignant peut se rapprocher de son élève pour faire une démonstration de soudure et c’est à ce moment que le masque N95 est exigé en plus des équipements de protection habituels.