Saguenay (Chicoutimi) confÈrence de presse de l'UMQ JosÈe NÈron Alexandre Cusson Marc Asselin Photo: Michel Tremblay

Pas de référendum pour les bacs bruns

Le nombre de signataires contre l’emprunt de 5,7 millions pour l’achat de bacs bruns, à Saguenay, s’est élevé à 6807, après cinq jours d’ouverture. Ce nombre reste insuffisant pour exiger un référendum sur la question.

Plus de 1100 personnes se sont présentées à la dernière journée de vote. Rappelons que le nombre à atteindre, pour forcer la tenue d’un référendum, était fixé à 8022 signatures. Ceux qui voulaient montrer leur désaccord avec le choix des bacs bruns devaient se rendre à la Bibliothèque de Chicoutimi, le seul endroit disponible pour aller voter.

En entrevue avec Le Progrès, la mairesse Josée Néron a promis que le conseil de ville allait prendre le temps d’analyser la situation et se concerter, afin de prendre les décisions en conséquence. « Nous prenons note du message, mais nous devons aussi penser à ceux qui, dans les récentes audiences publiques, avaient montré leur accord avec le projet à 60 % », a affirmé la mairesse.

Mme Néron n’est pas certaine que tous les citoyens ont bien été informés sur la situation et pense que certains n’ont pas bien compris l’enjeu. Elle accuse l’opposition d’avoir désinformé la population. Elle aurait été témoin de publications mensongères partagées par le Parti des citoyens lui-même, et trouve que la situation est regrettable.

D’autres options seront mises sur la table, mais la mairesse voit difficilement comment Saguenay pourrait se passer de bacs bruns. « Plus de 600 villes au Québec ont fait l’adoption de ce bac, et ce, après de nombreuses rencontres et dépôts de mémoire », a ajouté la mairesse. Selon elle, le bac brun reste l’option la plus économique et permet de respecter la loi qui oblige les municipalités, d’ici 2020, à ne plus enfouir ses matières organiques compostables. « La seule autre solution qui a été approuvée est l’utilisation de sacs et des études ont prouvé que nous nous ramasserions avec une quantité exorbitante, ce qui fait que nous resterions avec un problème », a insisté Mme Néron. Selon elle, les autres projets pilotes ne sont pas assez sûrs, puisqu’ils ne sont pas approuvés et qu’ils pourraient « rapidement déraper ».

La mairesse continue de penser qu’il faudra se tourner vers le changement, même si les gens y sont facilement réticents. « À cause de l’inaction de l’ancienne administration, nous nous retrouvons avec 150 000 $ de subventions en moins, et cette année, ça montera à 300 000 $. Ça continuera comme ça si nous ne faisons rien », a-t-elle laissé tomber.

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«UN RECUL DE QUELQUES ANNÉES»

Le maire de Drummondville et président de l’Union des municipalités du Québec (UMQ), Alexandre Cusson, est surpris de l’ampleur que prend le débat entourant l’acquisition des bacs bruns pour la récupération des matières putrescibles à Saguenay.

De passage au Saguenay-Lac-Saint-Jean depuis deux jours dans le cadre d’une tournée provinciale, M. Cusson a mentionné que l’implantation du bac remonte déjà à 2011 dans sa ville et que les citoyens ont pris l’habitude d’y déposer leurs matières provenant de la table. Les Drummondvillois demandent même de modifier les horaires de collecte afin de hausser le nombre de collectes par rapport à la collecte des ordures ménagères. 

« Je suis surpris que la mairesse d’une grande ville ait à convaincre ses concitoyens d’aller de l’avant avec la collecte de ces matières. J’ai eu l’impression de reculer de quelques années. On ne peut croire que dans une ville de plus de 100 000 de population, on enfouisse encore des matières récupérables», a déclaré M. Cusson.

Il a précisé que les matières récupérées à Drummondville sont traitées par une entreprise privée qui s’appelait à l’origine Fafard et qui a par la suite été rachetée par Scott Canada.

Présente à ses côtés, la mairesse de Saguenay, Josée Néron, a mentionné que le dossier a laissé place à une grande désinformation du public reliée à la mise en place d’un seul lieu de signature, à des accusations d’avoir fait hausser le nombre de signatures requises alors que le tout est encadré par la loi et à la politisation du dossier. 

« Je demeure convaincue qu’on a déployé les efforts nécessaires pour informer les citoyens, mais l’information a été mélangée. Des gens ne veulent pas composter et des gens désinforment les citoyens. »

Elle conclut en précisant que sur les 5,4 M$ qui seront empruntés pour l’achat des 75 000 bacs bruns, Saguenay aura droit à une subvention de 1,8 M$. DENIS VILLENEUVE