Plus de 70 personnes se sont présentées à la séance du conseil municipal de Saint-André-du-Lac-Saint-Jean afin d’en savoir plus sur le projet de reconversion de l’église.

Pas de référendum en vue à Saint-André-du-Lac-Saint-Jean

JOURNALISTE DE L'INITIATIVE DE JOURNALISME LOCAL / La volonté de Saint-André-du-Lac-Saint-Jean d’acquérir l’église située au coeur de la localité est loin d’être passée inaperçue. Plus de 70 citoyens se sont présentés, lundi soir, à la séance ordinaire du conseil municipal, afin d’obtenir davantage de précisions quant au projet de centre communautaire dévoilé il y a quelques semaines par le maire. Les intentions de la municipalité et les coûts rattachés au projet ont été questionnés à maintes reprises par les citoyens. Ce vent d’opposition n’a pas fait reculer le maire, Gérald Duchesne, qui ne compte pas tenir de référendum.

C’est dans une salle pleine à craquer que les sept élus qui représentent les 480 résidants de Saint-André-du-Lac-Saint-Jean ont rapidement liquidé le contenu de l’ordre du jour en moins de trente minutes. L’avenir du lieu de culte a, par la suite, été au coeur de dizaines de commentaires et de questions, et ce, pendant près d’une heure trente.

« Ce qui inquiète les gens, en fin de compte, ce sont les chiffres. On va monter nos dossiers. Ça fait deux ou trois semaines que l’assemblée des paroissiens est passée. Avant cela, on ne pouvait rien débuter. On va de l’avant avec le projet. On le monte et on le présente à la population », a mentionné le maire, qui concède que l’opportunité d’acquérir l’église s’est rapidement présentée.

Des citoyens ont rappelé au maire, Gérald Duchesne, de ne pas mélanger religion et politique. Soulignons que l’élu a été président de la Fabrique pendant de nombreuses années.

Le représentant du conseil municipal a également confirmé qu’il n’y aurait pas de référendum pour trancher la question, et ce, malgré la demande formulée par un citoyen. M. Duchesne a ajouté que rien ne l’oblige à tenir compte des recommandations découlant d’un tel exercice.

Le maire a eu droit à de vives réactions à maintes reprises pendant cette soirée, notamment en qualifiant l’église de bâtiment patrimonial.

Des citoyens s’inscrivant contre la proposition n’ont pas hésité à faire entendre leur opinion. En grande majorité, ils ont questionné le maire quant aux projets qui meubleront le bâtiment religieux ainsi que les coûts d’entretien qui y sont accolés. Des Andréjeannois ont rappelé que l’actuelle salle communautaire du village servait très peu. Plusieurs espéraient connaître l’impact direct du projet sur leur compte de taxes.

Un habitué des séances du conseil mentionnait au Quotidien que les rencontres mensuelles entre élus sont habituellement suivies par une dizaine de citoyens.

Des bénévoles de la fabrique ont tenté, tant bien que mal, d’expliquer leur démarche, dont la volonté de céder l’église à la municipalité pour la somme symbolique de 1 $.

Le fossé d’idées était également observable au sein du conseil municipal. Les conseillers Annie Desbiens et Alain Chamberland ont réagi physiquement et verbalement tout au long de la soirée aux propos du maire Gérald Duchesne et des citoyens.

Les esprits se sont rapidement échauffés en début de soirée. Il n’en fallait bien peu pour que la rencontre s’enflamme. Heureusement, les discussions mêlant religion et politique n’ont pas été à l’origine de dérapage. Mis à part quelques citoyens qui ont élevé le ton, la soirée s’est déroulée dans le bon ordre. Le maire Gérald Duchesne a d’ailleurs souligné le caractère sain des discussions qui ont émané de la soirée.

Cette séance ordinaire du conseil municipal a permis d’apprendre que les coûts de démolition du lieu de culte s’élèveraient à environ 400 000 $ et pourraient varier en fonction du taux d’amiante.

Au terme de la soirée, la conseillère municipale Annie Desbiens, qui s’est prononcée publiquement contre le projet, a rappelé l’importance pour la communauté de se donner le temps. « La tension montait et ça allait dégénérer. On s’est mal compris d’un côté comme de l’autre. Va falloir qu’on s’assoie et qu’on travaille. Si on fonctionne avec transparence, les citoyens seront moins craintifs », a-t-elle mentionné, affirmant être satisfaite de la rencontre. De son côté, le conseiller municipal Alain Chamberland a rappelé que « l’important, c’est que la population décide ».

Le comité composé d’élus, de citoyens, de paroissiens et de représentants du CLD et de la SADC se rencontraient, pour une première fois, mardi soir. C’est ce noyau qui devrait élaborer les projets de transformation de l’église construite au début des années 1950.