Me Estelle Tremblay

Pas d’audit sur le passé au Diocèse de Chicoutimi

Le Diocèse de Chicoutimi ne suivra pas la voie empruntée par le Diocèse de Montréal et ne réalisera pas d’audit sur le passé pour débusquer dans ses dossiers des comportements de pédophilie chez les prêtres. Toutefois, au premier anniversaire de la nouvelle politique de divulgation obligatoire à l’évêque de Chicoutimi, un audit sera réalisé sur le présent pour voir dans quelle mesure elle est respectée.

C’est ce qu’a confirmé Me Estelle Tremblay, de la firme Gauthier Bédard, mandatée par le Diocèse de Chicoutimi pour s’exprimer dans ce dossier.

« Nous on a l’expérience de M. Harvey qui a admis des agressions sexuelles commises sur 39 victimes et le dossier de M. Harvey ne révélait aucunement cette situation-là. Aujourd’hui, l’Association des jeunes victimes de l’Église (AJVE) allègue 100 victimes. On n’a aucune information sur les 39 victimes admises, encore moins sur les 100. Je ne connais pas les dossiers des diocèses qui lancent cette enquête, mais pour nous à Chicoutimi, une recherche dans les dossiers n’est pas probante, ça ne nous donne rien pour nous. Ça ne nous donne aucune information probante sur le passé », a-t-elle commencé par expliquer.

Rappelons que l’abbé Paul-André Harvey avait été condamné à six ans de pénitencier après avoir plaidé coupable à 39 chefs d’accusation en lien avec des agressions commises sur des filles de 6 à 12 ans, entre 1963 et 1987. Il est mort en détention en mai 2018.

Une action collective de 14 M$ est toujours débattue en cour.

Selon Me Tremblay, les dossiers à Chicoutimi ne comprenaient aucune information sur ce genre de comportement. « C’était des cheminements de carrière. Pour M. Harvey, ça ne révélait absolument pas les 39 victimes », a-t-elle répété.

Depuis août dernier, une nouvelle politique de divulgation est en vigueur au Diocèse de Chicoutimi, où les dénonciations doivent aboutir obligatoirement sur le bureau de l’évêque, monseigneur René Guay. « Depuis le mois d’août, on est probablement le diocèse le plus avancé au Québec. (...) Mais nous ne cherchons pas à faire un audit sur le passé, mais sur le présent », a-t-elle précisé.

Me Tremblay dit que le diocèse fera appel à des experts qui, dans un premier temps, porteront un regard à l’interne. Par la suite, ils viendront confronter ce bilan avec un regard à l’externe. Pour ce faire, un échantillon dans la clientèle de l’Église sera réalisé et les personnes seront rencontrées. Elle croit que c’est à cette étape que des informations sur le passé pourraient surgir. Toutefois, en raison du débat juridique, elle cite comme difficulté qu’ils ne pourront pas rencontrer directement des personnes impliquées auprès de l’AJVE.