Des producteurs dénoncent le manque de foin et la surenchère causée par la rareté de celui-ci.

Pas d’amélioration dans les champs

La situation est loin de s’être améliorée dans les champs du Saguenay-Lac-Saint-Jean depuis le déclenchement de l’Alerte foin, il y a près de 10 jours. L’inquiétude est encore présente pour plusieurs producteurs qui doivent vivre avec un manque de foin engrangé, des champs presque vides à la deuxième coupe et une surenchère du prix des balles de foin.

Au courant des derniers jours, plusieurs producteurs du Haut-du-Lac ont pris la décision de faucher pour une deuxième coupe, et ce, même s’il n’y a presque rien dans la majorité des champs. Le foin serait rare pour cette deuxième coupe, et ce, presque partout en province. Ainsi, les quelques jours de beau temps ont permis de récolter le peu de fourrage disponible.

« La luzerne semble être la seule plante qui a résisté à la sécheresse. Cela s’explique par ses profondes racines qui arrivent à trouver l’humidité dans le sol », explique le président de l’Union des producteurs agricoles du Saguenay–Lac-Saint-Jean, Mario Théberge. Il a remarqué dans plusieurs champs, dont les siens, que les sections de luzerne seraient les seules à avoir poussé. Selon lui, malheureusement, cette plante ne serait pas cultivée par tous les producteurs. Pour Mario Théberge, qui gravite dans les champs depuis 40 ans, la situation est triste.

La surenchère tant redoutée des balles de foin a atteint la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean. Le prix des balles de foin est parfois doublé et même triplé. « On espère que les producteurs n’ambitionneront pas sur les malheurs des autres. Malheureusement, je n’ai pas le contrôle là-dessus », laisse tomber Mario Théberge.

Avance à la mi-août
La Financière agricole du Québec assure être en mesure de verser des avances à la mi-août. La directrice des communications à la Financière agricole du Québec, Virginie Simard, explique que les mécanismes d’indemnisation du programme d’assurance récolte (AFREC) prévoient deux options, dont le versement d’une avance lorsque la situation le nécessite. Selon la Financière agricole du Québec, « tout indique que les sommes versées pour cette avance seront supérieures à celles de l’an passé qui étaient à la hauteur de 4,2 millions de dollars seulement pour la région du Bas-Saint-Laurent ». L’assurance récolte prévoit également des montants pour couvrir une partie des frais de transport et du foin. Selon l’option de garantie choisie, les producteurs devront payer une franchise d’au minimum 12 %.