Pas d’allégements pour l’instant pour les restaurateurs du centre-ville

Laura Lévesque
Laura Lévesque
Le Quotidien
Même si le premier ministre n’a toujours pas autorisé l’ouverture des restaurants dans un avenir rapproché, le maire de Québec a pris les devants en annonçant la réduction du prix du permis de terrasse, qui passera d’un prix moyen de 3000 $ à 50 $. Régis Labeaume propose également la fermeture de certaines rues pour agrandir les terrasses, favorisant ainsi la distension sociale et l’animation de sa ville, amputée de plusieurs événements.

Les solutions du maire de Québec ne semblent pas avoir inspiré ses homologues du Saguenay-Lac-Saint-Jean, du moins, pour le moment.

S’il y a une réglementation aussi diversifiée qu’il y a de municipalités, c’est bien celle des permis de terrasse. En fait, chaque ville ou village établit son propre cadre juridique en matière d’exploitation de ce service.

C’est à Saguenay que le permis est le plus élevé. Seuls les restaurateurs de la rue Racine à Chicoutimi, de la rue Saint-Dominique à Jonquière et du Carré Davis à Arvida doivent payer une taxe spéciale parce que leur terrasse « empiète sur l’espace public ». Sur le haut de la rue Racine, le prix est fixé à 164 $ par mètre carré, alors que dans le bas de la rue Racine, il est d’environ 130 $. Donc pour une terrasse d’environ 15 mètres carrés, le prix frôle les 2500 $ par année, ce qui se rapproche de la moyenne payée dans la ville de Québec.

À Jonquière, le prix baisse à 110 $ pour la rue Saint-Dominique à 73 $ le mètre pour le Carré Davis.

À Alma, les élus ont opté pour un prix fixe de 40 $, afin d’encourager les propriétaires à investir dans le look de leur terrasse.

Questionnée sur la possibilité de fermer des rues pour les rendre piétonnes ou d’alléger le fardeau fiscal des restaurateurs, la mairesse Josée Néron n’a pas voulu s’avancer et préfère attendre les directives de Québec.

« Nous attendons les directives de la Santé publique avant d’aller de l’avant. Oui, nous voulons préparer la prochaine saison estivale, mais il est difficile de le faire sans savoir ce que le gouvernement annoncera pour les semaines à venir », exprime par courriel Mme Néron. Cette dernière indique toutefois que des fonctionnaires analysent en ce moment divers scénarios comme ceux de Québec, soit de créer des rues ou des bouts de rues piétonnières et sur la « réduction ou non » du prix de location des terrasses.

Lac-Saint-Jean

À Alma, la situation est tout autre. Les restaurateurs payent un prix fixe de 40 $ pour un permis de terrasse. La Ville préfère instaurer un tarif bas pour inciter les propriétaires à investir dans l’aménagement de leur terrasse.

« On veut favoriser l’investissement dans les terrasses, dans leur aménagement, pour ainsi embellir nos rues », précise Claudia Madore, porte-parole de la Ville d’Alma.

À Dolbeau-Mistassini, seulement trois restaurants disposent d’un permis de terrasse émis par la Ville, car il empiète sur l’espace public. Le prix moyen est d’environ 1000 $ par restaurant. « Il est encore tôt pour la saison de terrasse et on n’a pas encore eu de demande de permis. La situation sera évaluée à ce moment-là », répond Christine Sauvageau, responsable des communications pour la municipalité du haut du Lac-Saint-Jean. Pour les villes de Roberval et de Saint-Félicien, il a été impossible d’obtenir cette information. Les représentants n’étaient pas en mesure de retrouver ce montant ou de dire qu’il n’en existait pas.

À la suite de l’annonce de Régis Labeaume, l’Association Restauration Québec (ARQ) a officiellement réclamé à toutes les municipalités de la province la gratuité de « l’occupation du domaine public » ou, du moins, un tarif symbolique comme celui de Québec (50 $) pour l’année 2020.