Le comité UQAC + a souligné, mercredi, la Journée du souvenir trans, qui vise à commémorer les victimes de crimes transphobes.

Partager, questionner et discuter

Le nouveau comité LGBTQIA2S+ de l’Université du Québec à Chicoutimi, UQAC +, a souligné la Journée du souvenir trans à l’aide d’un stand établi au centre social de l’établissement, mercredi après-midi.

La Journée du souvenir trans est célébrée le 20 novembre de chaque année. L’événement a été créé à la suite de l’assassinat de Rita Hester, une femme trans afro-américaine, et sert à commémorer les victimes de crimes transphobes. Dans la dernière année, Trans Murder Monitoring a répertorié 331 meurtres de personnes trans. Sur son site Internet, l’organisme rappelle que ce nombre n’inclut que les crimes qui sont déclarés et enregistrés comme des crimes transphobes. Le nombre réel pourrait donc être beaucoup plus élevé.

Joint mercredi soir, Alexis Fantozzi, « un.e étudiant.e international.e non-genré.e » de l’UQAC, a affirmé avoir fondé le comité UQAC + pour que les membres de la communauté LGBTQIA2S+ puissent se rassembler. « Je viens de Lyon, où la communauté queer dirige ma vie. C’est ma famille, j’y pense beaucoup. Quand je suis arrivé ici, j’ai vu qu’il y avait un besoin. Pourquoi ici, en 2019, dans une université reconnue, il n’y a pas de comité LGBTQIA2S+ ? Ça répond à un besoin, pour partager, questionner, discuter. »

Alexis Fantozzi explique que le comité sert à démystifier les réalités de celles et ceux qui s’inscrivent dans le cycle LGBTQIA2S+, dont les personnes homosexuelles, transgenres ou lesbiennes. Questionné sur la différenciation posée entre l’homosexualité et le lesbianisme, iel (pronom non genré, à la demande de la personne interviewée) explique que « les lesbiennes sont une minorité, même au sein de la communauté. Souvent, quand on pense aux homosexuel.les, on pense systématiquement à deux hommes. Dissocier le terme, c’est donner de la visibilité afin d’égaliser ce qui est une minorité dans une minorité. »

Si plusieurs personnes affirment que l’homophobie et la transphobie ne sont pas des problématiques au sein d’une région comme le Saguenay–Lac-Saint-Jean, l’expérience d’Alexis témoigne plutôt du contraire. Arrivé.e depuis peu au Québec, iel compte déjà un premier contact homophobe, décrit comme « ordinaire », puisque le geste n’était pas agressif. « J’étais dans l’autobus avec mon chum. J’ai posé ma tête sur son épaule, et la conductrice m’a dit de ne pas faire ça, parce qu’il y avait des enfants. »

Alexis explique toutefois ne pas souhaiter faire de plainte.

« On ne résout rien avec une plainte. Résoudre des choses, l’UQAC+ est là pour ça. Je ne suis pas pour la punition, je suis en faveur de l’éducation. »

Alexis Fantozzi souhaite rappeler à quel point il est difficile pour un membre de la communauté LGBTQIA2S+ de construire son identité personnelle. « On se rend pas compte de comment la normalité, c’est l’hétérosexualité. Quand tu es LGBTQIA2S+, il n’y a pas de norme. C’est difficile de se construire. C’est pour ça que l’UQAC+ est important. Ça prouve que ces gens-là ne sont pas seuls. On peut partager des expériences minoritaires. »

Iel souligne aussi que les lois n’empêchent pas la stigmatisation, et qu’elles ne sont pas nécessairement respectées. « Même s’il y a une loi, ça n’empêche pas [l’existence de] l’UQAC + », estime Alexis Fantozzi.