Paquette épouse la cause de la MFR

La rameuse Mylène Paquette témoignera d'une bonne partie de sa vie, en particulier de sa traversée en solo de l'océan Atlantique dans une chaloupe.
La jeune femme de Montréal effectuera une visite au Montagnais de Chicoutimi, le mardi 25 février, dans le cadre de la campagne de financement de la Maison familiale rurale (MFR) du Fjord.
La conférence tournera autour de son enfance, de sa traversée en solo et de tous les préparatifs entourant cette aventure entre Halifax (Nouvelle-Écosse) et Lorient (France).
« Je suis honorée de pouvoir m'associer à la cause de la MFR du Fjord. Lorsque les gens m'ont expliqué ce que c'était, je me suis rapidement reconnue dans cette cause », raconte Mme Paquette, lors d'un entretien avec Le Quotidien.
« Ça m'a touché. Moi j'ai eu un bon encadrement dans ma jeunesse. Si je n'avais pas obtenu un si bon encadrement, je n'aurais probablement pas terminé mon secondaire. À preuve, j'ai abandonné rapidement mon cégep. Je ne me reconnaissais pas dans cet enseignement et j'ai vite décroché », dit-elle.
Mylène Paquette comprend l'état d'âme des étudiants de la MFR du Fjord. Au secondaire, elle préférait la compagnie de ses amis et les activités scolaires à la présence des enseignants.
« Mais ma mère m'a appris que j'étais une fille persévérante et elle a entretenu cette qualité en moi longtemps. Faut croire que c'était le cas et j'ai poursuivi en ce sens. C'est donc possible que des jeunes n'aiment pas l'école. Mais ils ont peut-être des habiletés manuelles sans vraiment le savoir. C'est là qu'une école comme la MFR du Fjord peut les aider et leur faire découvrir leurs habiletés. On sait tous que nous allons avoir besoin d'eux un jour », ajoute-t-elle.
Un exploit
Lors de sa conférence, Mylène Paquette abordera justement cet aspect de son enfance. Elle traitera aussi de sa traversée de l'océan Atlantique et elle s'attardera aux préparatifs de l'aventure.
« Il sera question des hauts et des bas de la traversée, mais surtout des efforts que toute l'équipe et moi avons mis avant que le premier coup de rame soit donné à Halifax, le 6 juillet 2013. »
La jeune femme de Montréal est bien contente de son retour sur la terre ferme après quatre mois de vie solitaire. Elle avoue qu'elle a dû s'adapter à revoir autant de monde autour d'elle.
« Le corps humain a cette faculté de s'adapter. J'ai eu besoin de trois ou quatre jours en mer pour m'y faire et ce fut la même chose à mon retour. Une adaptation a été nécessaire », souligne-t-elle.
« Au départ, c'était difficile. Des centaines de personnes voulaient me parler, me toucher. Mais en même temps, ces gens avaient tellement de belles choses à me dire que ça facilitait les rencontres », de dire celle qui s'est fait traiter de folle au début de son projet et qui se fait dire bravo aujourd'hui.
Les billets pour la conférence de Mylène Paquette sont offerts au prix de 45 $ pour le grand public et de 150 $ pour les billets VIP, lesquels donnent droit au cocktail dinatoire.
Les organisateurs souhaitent attirer entre 800 et 1000 personnes lors de la conférence.
Une école différent
Créée en 2010, la Maison familiale rurale (MFR) du Fjord n'est pas une école comme une autre. La maison d'enseignement est spécialement conçue pour les étudiants des secondaires III à V.
Installée à L'Anse-Saint-Jean, la MFR du Fjord offre un programme d'enseignement taillé sur mesure pour les élèves éprouvant des difficultés à l'école.
La MFR du Fjord, gérée par la Commission scolaire des Rives-du-Saguenay, donne l'occasion à des étudiants de compléter leur diplôme d'études secondaires (DES) tout en apprenant un métier afin d'obtenir un diplôme d'études professionnelles (DEP). Une alternance entre les études et le travail. Deux semaines aux études, en pensionnat à L'Anse-Saint-Jean, et deux autres en milieu de travail.
« Il s'agit d'un programme de trois années. Nous voulons que nos jeunes puissent terminer leur secondaire. Avec l'alternance travail-études, ils ont d'excellentes chances de sortir en ayant un boulot », explique Dominique Guilbert, directrice générale du MFR du Fjord.
« Nous offrons une formation aux jeunes (15 à 17 ans), mais aussi un encadrement de vie. Comme ils vivent dans un pensionnat, ils ont leur part à faire. Ça les prépare pour la vraie vie », ajoute Mme Guilbert.
La MFR du Fjord a diplômé ses premiers finissants en juin 2013. Des huit étudiants entrés au départ, trois ont terminé le programme. Ils ont reçu leur DEP. Alexandre Maltais a en plus obtenu son DES et avait déniché un emploi à la Pourvoirie Québec nature (préposé à la clientèle) avant la fin de son cours.
Si le programme a débuté lentement avec huit étudiants en 2010, ils étaient 16 l'année suivante et 21 en 2012. Cette année, 24 sont inscrits à l'un des trois programmes offerts (Protection et exploitation faunique, Mécanique de véhicules légers et Assistance aux personnes à domicile).
« Nous ne voulons pas plus de 20 étudiants par classe. Nous voulons créer de bons liens entre l'enseignant et ses étudiants », reprend Mme Guilbert.
Si, au départ, la création du MFR s'adressait aux étudiants du secteur du Bas-Saguenay, il faut savoir qu'il s'est rapidement étendu à l'ensemble du territoire de Saguenay. Aujourd'hui, 64 pour cent des élèves proviennent de La Baie, Chicoutimi, Jonquière, Laterrière et Saint-David de Falardeau, alors que 36 pour cent des autres sont du Bas-Saguenay.
Premier diplômé
Originaire de Chicoutimi, Alexandre Maltais n'avait pas le goût de s'inscrire au MFR du Fjord. Ce sont ses parents qui l'ont amené jusque-là. « Je ne voulais pas quitter mes amis. Mon père m'a dit de l'essayer et que si je n'aimais pas ça, je n'avais qu'à revenir. Aujourd'hui, je dois remercier mes parents de m'avoir convaincu de me rendre à L'Anse-Saint-Jean », dit-il.
« Je me suis rendu compte que je n'étais pas fait pour l'école publique. Sans la MFR du Fjord, j'aurais probablement abandonné mes études après le secondaire II. Ici, j'ai vraiment reçu une formation faite pour moi. J'ai aussi appris à me débrouiller, à prendre mes responsabilités. Et aujourd'hui, j'ai un travail que j'ai choisi », indique Alexandre, qui dit avoir apprécié étudier dans le magnifique paysage de L'Anse-Saint-Jean.