Porte Saint-Jacques, cité médiévale de Parthenay

Une expérience accessible et enivrante

UQAC / Découvrir la France et la diversité de ses paysages naturels et patrimoniaux, grâce à la quarantaine de véloroutes qui la sillonnent, est un véritable plaisir non seulement pour les yeux, mais un ravissement pour la tête et le cœur !

C’est pourquoi, en juin dernier, pendant une dizaine de jours, j’ai eu le bonheur de rouler 500 kilomètres, principalement sur la Vélo Francette, soit d’Angers à La Rochelle, pour faire suite à un précédent voyage le long de la Mayenne (Éd. Amalthée, 2017). Le cyclotourisme demeure la meilleure façon de voyager et est surtout écoresponsable ! Zéro émission, pas trop lente, pas trop vite ! Juste assez pour maintenir l’intérêt et la forme du voyageur, rejoignant la tendance du tourisme lent, sous le grand parapluie du développement durable.

Le vélo avec lequel on fait corps donne l’impression d’entrer dans les paysages, tous aussi envoûtants les uns que les autres. La beauté des lieux traversés m’a amenée de la Loire à l’Atlantique, en passant par les collines et les bocages des pays méconnus Thouarsais (Thouars) et Gâtine (Parthenay) ainsi que sa Venise verte, soit le marais Poitevin. Une sorte de kaléidoscope des attraits de la Douce France. Au fil de l’inspiration, je me suis arrêtée pour contempler, visiter, respirer les effluves floraux, pique-niquer, échanger avec les habitants. Une expérience riche d’authenticité et de liberté.

Malgré son jeune âge – la Vélo Francette n’existe que depuis quatre ans à la suite d’un partenariat d’une trentaine de collectivités territoriales –, elle forme un long ruban ininterrompu de 630 km, serpentant trois régions, sept départements, trois parcs naturels et plusieurs villes. Elle est connectée à quatre véloroutes européennes. Mon itinéraire en boucle, à partir de Nantes, a d’ailleurs permis d’en explorer deux autres : La Loire à vélo et La Vélodyssée. De façon générale, la qualité des pistes y est impressionnante : le plus souvent, elles sont asphaltées ou recouvertes d’arène granitique compactée, très bien entretenues et signalisées, ce qui rend la randonnée agréable. 

Le Véloguide (Éd. Ouest-France) organise son parcours en 22 étapes diversifiées, en moyenne d’une trentaine de kilomètres ; les étapes peuvent se découper selon le rythme du cyclotouriste et le niveau de difficulté topographique. Plusieurs types d’hébergement, dont hôtel, camping et gîte, sont disponibles. Un coup de cœur pour la Villa Ayrault à Parthenay, de style Art déco. Un réseau Accueil Vélo peut aussi guider les choix d’hébergement.

Explorer la France, sa culture ainsi que sa diversité paysagère, écologique et patrimoniale, tout en pédalant, se révèle une expérience enivrante, accessible à tous, quels que soient l’âge et les conditions, d’autant que désormais, le vélo à assistance électrique s’y prête bien. Et si la planification du voyage s’avère lourde, il y a nombre d’entreprises offrant des forfaits vélo-bagages-hébergement. 

Lors de cette randonnée, j’ai particulièrement apprécié l’appui logistique de la Vélo Francette, la variété du tracé, la présence des cours d’eau, l’aspect harmonieux de l’aménagement, la connectivité des pistes cyclables avec le train et le bateau, la multiplicité des réseaux cyclables urbains et leurs infrastructures (supports, signalétique et consignes) ainsi que la civilité des automobilistes. 

Grâce à des politiques décennales d’aménagement et d’urbanisme qui valorisent la place du vélo et du piéton, le cyclotouriste profite en toute quiétude et avec vigilance de sa balade, tout en réduisant son empreinte écologique et en sortant des sentiers battus. Normal d’avoir déjà en tête un autre itinéraire ! D’autant qu’il y a l’hyper choix : 500 balades à vélo (Lonely Planet) ! Pour l’heure, je savoure cette expérience inoubliable et classe les centaines de clichés.

Christiane Gagnon

Professeure associée à l'UQAC

Voie verte le long de la Sèvre Niortaise