L’intelligence collective au service des projets

CHRONIQUE UQAC / Dans le cadre du 86e Congrès de l’Association francophone pour le savoir (ACFAS) qui se tiendra à l’UQAC du 7 au 11 mai, découvrez les recherches présentées par nos professeurs-chercheurs.

Parmi les innovations ayant marqué la gestion ces dernières années, deux tendances semblent clairement se dégager. La première repose sur l’impératif de flexibilité et d’adaptation imposé par des marchés turbulents. La deuxième correspond quant à elle au (re) positionnement de l’humain et du social au cœur de la réflexion sur la performance organisationnelle. 

Dans le contexte des projets, ces deux tendances se traduisent d’un côté par des approches dites « agiles » et de l’autre par des démarches de « co-construction ». Toutes deux visent une plus grande production de valeur grâce à des mécanismes collaboratifs et en particulier grâce à l’inclusion systématique d’un nombre accru de participants aux projets. 

En revanche, les deux se positionnent à des niveaux de gestion différents et s’accompagnent d’enjeux qui peuvent a priori se révéler contradictoires. Les approches agiles offrent avant tout un cadre de gestion adaptatif, mais qui demeure assez contrôlé, pour une innovation collaborative, alors que la co-construction se concentre plutôt sur des dispositifs de délibération collective devant être sans cesse redéfinis et qui sont donc assez incertains. C’est sans doute pourquoi, encore aujourd’hui, les approches agiles restent souvent cantonnées aux projets informatiques dont elles sont issues alors que la co-construction demeure essentiellement l’apanage de projets de développement de politiques publiques ou de production de connaissances.

Toutefois, en croisant plus qu’en opposant ces deux types de pratiques, il semble que l’on puisse les enrichir mutuellement. Il apparaît alors possible de bénéficier des effets structurants d’un cadre de gestion adaptatif tout en permettant une véritable contribution collective des participants. L’intelligence collective peut réellement être mise en œuvre pour le succès de projets de nature variée présentant de fortes contraintes de temps et de budget.

Cette recherche sera présentée dans le cadre du colloque « La recherche en management de projet : des approches unidisciplinaires vers des approches multidisciplinaires et transdisciplinaires ? » qui se tiendra le mardi 8 mai dans le cadre du congrès de l’ACFAS.

Christophe Leyrie, professeur à l’UQAC

Sonia Boivin, chercheure associée au CIUSSS et doctorante à l’UQAC

Jan Betta et Agnieszka Skomra, Université de Science et de Technologie de Wroclaw, Pologne

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Cliniques surspécialisées en maladies neuromusculaires: coconstruction de la connaissance

Le colloque intitulé « Les cliniques surspécialisées en maladies neuromusculaires : une trajectoire de coconstruction de la connaissance entre la clinique et la recherche » porte sur l’expérience d’échange vécue entre les cliniciens, les chercheurs et les personnes suivies à la Clinique des maladies neuromusculaires (CMNM) du Saguenay–Lac-Saint-Jean. Cette collaboration entre chercheurs de différents établissements universitaires reflète avec justesse le modèle unique d’interdisciplinarité à partir duquel la CMNM est en mesure d’offrir ses services à plus de 1500 patients atteints de maladies neuromusculaires. En effet, depuis 35 ans, les chercheurs, les intervenants et les patients ainsi que leur famille s’allient pour accroître les connaissances scientifiques et cliniques relatives aux maladies neuromusculaires.

L’objectif principal de notre Colloque est de présenter l’évolution des connaissances en maladies neuromusculaires issues du maillage clinique-recherche et de faire ressortir les opportunités et les enjeux liés à ce modèle. Les conférenciers présenteront les avancées scientifiques issues des travaux de recherche réalisés à la CMNM en lien avec les trois maladies neuromusculaires les plus fréquentes au Québec : la dystrophie myotonique de type 1, l’ataxie récessive spastique de Charlevoix-Saguenay et la dystrophie musculaire oculopharyngée. Les présentations aborderont différentes thématiques incluant la recherche fondamentale, l’histoire naturelle, la participation sociale et l’environnement socioéconomique. Elles permettront de faire un bref survol historique des connaissances acquises, des projets en cours et de cerner les lacunes. Un atelier suivra pour permettre aux panélistes et aux participants de discuter des éléments essentiels à l’optimisation du modèle.

Elise Duchesne, professeure à l’UQAC

Cynthia Gagnon et Luigi Bouchard, professeurs à l’Université de Sherbrooke