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L. Paul Bédard est le directeur par intérim du Centre d’études sur les ressources minérales.
L. Paul Bédard est le directeur par intérim du Centre d’études sur les ressources minérales.

Les minéraux critiques et stratégiques: un maillon important de la transition vers une économie sans carbone?

Page UQAC
Le Quotidien
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Récemment, le gouvernement du Québec s’est doté du Plan québécois pour la valorisation des minéraux critiques et stratégiques 2020-2025. Ce plan a pour objectif de faire du Québec un chef de file de la production, de la transformation et du recyclage des minéraux critiques et stratégiques (MCS) en partenariat avec les milieux régionaux et autochtones. L’économie circulaire est également au coeur du plan.

Les auteurs de cette chronique sont L. Paul Bédard, ing. Ph., directeur par intérim du Centre d’études sur les ressources minérales, et Benoit Lafrance, géo. Ph.D., directeur du Consortium de recherche en exploration minérale

Ce sont les substances minérales du futur, mais qu’entend-on par critiques et stratégiques ? Pour le Québec, les minéraux critiques correspondent aux substances qui possèdent une importance économique, mais qui présentent un risque d’approvisionnement. De plus, ces substances ne possèdent pas de substituts commerciaux comme l’antimoine, le bismuth, le cadmium, le césium, le cuivre, l’étain, le gallium, l’indium, le tellure et le zinc. Les minéraux stratégiques correspondent à ceux nécessaires à la mise en oeuvre de politiques du Québec comme l’électrification des transports ou qui possèdent un bon potentiel de mise en valeur. On y retrouve le cobalt, les éléments des terres rares et du groupe du platine, le graphite, le lithium, le magnésium, le nickel, le niobium, le scandium, le tantale, le titane et le vanadium.

Tous ces minéraux sont utilisés dans de nombreuses technologies comme les batteries des véhicules électriques ou des téléphones cellulaires et d’ordinateurs portables, les batteries de stockage associées aux énergies solaire et éolienne, les appareils électroniques, les alliages de hautes technologies, les super aimants et bien d’autres. Il est donc indispensable pour le Québec d’assurer son approvisionnement en MCS en développant toute la chaine de valeurs de l’exploration minérale à la gestion environnementale en passant par la production, la transformation et le recyclage. Par le fait même, en agissant ainsi, le Québec s’assure de ne pas être dépendant de la production de minéraux qui proviendraient de pays où les pratiques environnementales sont questionnables.

La mine Niobec de Saint-Honoré est l’une des trois seules mines de niobium au monde.

Un atout pour le Saguenay-Lac-Saint-Jean

La région du Saguenay–Lac-Saint-Jean contient plusieurs indices et gites de minéraux critiques et stratégiques comme le niobium, le tantale, le nickel, le cuivre, le cobalt, le vanadium, l’apatite ou les terres rares. On retrouve d’ailleurs à Saint-Honoré la mine Niobec, une des trois seules mines de niobium au monde. Ces particularités géologiques régionales connues depuis longtemps représentent désormais un atout stratégique de développement pour la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean puisque l’approvisionnement en MCS représente un élément important de notre développement. Ceci représente une occasion pour notre région d’assurer son leadership comme région ressource et pôle d’excellence pour les minéraux critiques et stratégiques.

La valorisation de ce fort potentiel régional pour les MCS est déjà débutée par les travaux des professeurs/chercheurs de l’UQAC L. Paul Bédard (minéralisations de terres rares et niobium) et Sarah Dare (minéralisations de fer-titane-vanadium-phosphate). Les travaux du Centre d’études sur les ressources minérales (CERM), du Consortium de recherche en exploration minérale (CONSOREM) et de la Table régionale de concertation minière du SLSJ, tous basés à l’UQAC, ont également contribué depuis plusieurs années à la mise en valeur des MCS dans la région.

Pour en savoir plus sur le sujet, venez rencontrer Paul Bédard et Benoit Lafrance en discussion sur Zoom le mardi 9 mars à 12h.