Les débuts de la géographie en 1969

PAGE UQAC / Il est 9 h du matin le 9 septembre 1969. J’entre pour la première fois dans la classe de géographie à la nouvelle université qui vient de naître à Chicoutimi – l’Université du Québec à Chicoutimi (UQAC). Trente beaux et jeunes étudiants m’attendent avec le sourire aux lèvres ; impatients, nerveux, avides de savoirs et de connaître leur professeur.

L’auteur, Majella-J. Gauthier, est professeur émérite de l’UQAC

Tout est neuf : une salle aménagée avec un grand mur tapissé de cartes topographiques couvrant toute la région ; un tableau noir sans égratignures ; une brosse impeccable et une boîte de craies non encore ouverte. Puis, des cartes murales enroulées de tous les continents, de tous les pays et de toutes les mers. Le gros « kit » quoi.

Le professeur Majella-J. Gauthier en pleine action lors d’un cours d’analyse de cartes avec des étudiants, dans les années 80

Hé oui. J’étais là, du haut de mes 27 ans. Professeur sans vraiment d’expérience d’enseignement, sans doute pas mal naïf du travail qui allait me tomber dessus. De plus, j’ai eu la responsabilité de la direction du module, un concept inconnu jusqu’alors dans les structures universitaires. Jamais, on n’avait vu des conseils de module composés à parts égales de professeurs et d’étudiants ; c’était cela aussi les nouvelles universités, différentes des universités traditionnelles.

Il y avait une énergie énorme, et nous avions l’impression de créer quelque chose d’important et de bâtir un édifice. Tous poussaient dans la même direction : les nouveaux programmes nous forçaient à être inventifs, l’administration était ouverte aux initiatives et la collectivité régionale s’enthousiasmait.

Les temps ont bien changé. Et il n’y a pas de regrets. Au cours des 50 dernières années, à titre de professeur titulaire et de professeur émérite (toujours actif), j’ai vu et participé à tant de belles réalisations. En plus d’avoir enseigné à tous les niveaux et d’avoir encadré des étudiants dans leurs études et leurs recherches, je me suis investi seul, et la plupart du temps avec mes collègues et assistants – des équipes superbes et soudées –, dans des projets de recherche où les questions saguenéennes et jeannoises étaient très souvent présentes.

En plus de former des étudiants à réfléchir, à s’approprier des outils et à s’exprimer, nous avons l’impression d’avoir contribué à la production de savoirs utiles aux planificateurs et aux décideurs. Particulièrement de savoirs sur la région du Saguenay–Lac-Saint-Jean.

Comme quelques projets où personnellement j’ai été impliqué aux premières loges. Une géographie de l’espace agricole traduite par la première carte jamais réalisée des paysages ruraux de la région.

Un Atlas régional qui a fait sa marque, un Atlas électronique toujours en ligne, des circuits de canot-camping sur les monts Valin, des microclimats pour l’agriculture à Saint-Fulgence et, plus récemment, des particularités météorologiques à Saguenay.

Rappelons également que l’intérêt envers la cartographie thématique m’a amené à publier le premier livre jamais écrit sur la cartographie dans les médias.

Bref, il est possible d’en savoir plus sur les recherches des géographes uquaciens.

En effet sont et seront disponibles des publications sur leur rôle au niveau régional et au-delà des frontières.

Signalons aussi la tenue d’un colloque ouvert à tous, le 11 octobre, où l’on en profitera pour lancer un recueil de textes rédigés par les professeurs et les diplômés de Chicoutimi.

Source : Majella-J. GAUTHIER, « De l’encre de Chine aux drones », Organisations et territoires, vol. 27, no 2, 2018, p. 91-102.

Voir le prochain numéro de la revue Saguenayensia, qui portera, notamment, sur les Sciences humaines à l’UQAC.