Les professeurs responsables des quatre cliniques universitaires de l’UQAC, Rubens Da Silva (Clinique de physiothérapie), Luc Robitaille (Clinique de physiothérapie), Marie-Pierre Baron (Clinique en orthopédagogie), Johanne Dubreuil (Clinique de psychologie) et Tommy Chevrette (Clinique de kinésiologie).

Le triple mandat des cliniques universitaires

Les cliniques universitaires se multiplient dans plusieurs établissements d’études supérieures. Ces initiatives font leurs preuves en remplissant d’ordinaire un triple mandat, soit de bonifier la formation des étudiants, d’offrir des services à la population et de contribuer à la recherche universitaire. Le Quotidien vous propose un portrait et un état de situation des quatre cliniques universitaires de l’Université du Québec à Chicoutimi.

Clinique universitaire de physiothérapie: l’ouverture en mai

Une nouvelle clinique universitaire va amorcer ses activités à l’UQAC, en mai. La Clinique universitaire de physiothérapie proposera des services ciblés sur les troubles cardiorespiratoires qui seront prodigués par les étudiants à la maîtrise en physiothérapie.

La clientèle sera principalement référée par des professionnels de la santé de la région. Ainsi, la clinique, active huit mois par année, agira en complément aux services publics et privés.

« Les traitements seront réalisés sous la supervision de professeurs cliniciens, de chercheurs et de physiothérapeutes. On veut faire profiter de l’expertise d’ici, favoriser la transmission du savoir. Nous avons ciblé le champ de pratique cardiorespiratoire, car c’est plus dur de trouver des places de stage dans ce domaine. La clinique va contribuer à la formation de base des étudiants. Elle sera dotée d’équipements à la fine pointe de la technologie. Ces équipements vont permettre des recherches spécialisées », informe Luc Robitaille, codirecteur de la clinique.

« On a des équipements qu’on ne retrouve pas ailleurs », précise aussitôt son codirecteur, Rubens Da Silva.

À court ou à moyen terme, la clinique, qui se situe dans le nouveau pavillon du Grand Séminaire, pourrait élargir ses horizons à d’autres champs de pratique.

Clinique universitaire de kinésiologie: savoir-faire, autonomie et leadership

Services-conseils, évaluation de la condition physique et des capacités sportives, programmes d’entraînement, plan de réhabilitation : l’offre de la Clinique universitaire de kinésiologie est large. « On offre même des services qu’on ne retrouve pas dans la région, puisqu’on a des équipements à la fine pointe », fait valoir Tommy Chevrette, directeur de la clinique.

Plusieurs tests sont disponibles sur demande, et l’ensemble des services est réalisé par les étudiants, sous la supervision du personnel de la clinique et des professeurs.

La clinique, qui cumule quelque 800 cas par année, demeure d’abord et avant tout une opportunité d’apprentissage pour les étudiants du baccalauréat en kinésiologie. Les résultats sont tellement concluants que, dès septembre, tous les stagiaires de niveau 2 participeront aux activités de la clinique. « Avant, ils avaient le choix de faire un stage à la clinique ou à l’extérieur. Mais les professionnels qui embauchent nos finissants nous ont dit que c’était le jour et la nuit, blanc et noir. Que les stagiaires de la clinique avaient un plus grand savoir-faire, une plus grande autonomie et un plus grand leadership », rapporte M. Chevrette.

La clinique en est à sa troisième année d’activités et est appelée à se développer, ou plutôt se raffiner, comme dirait son directeur. « On veut consolider ce que l’on fait. À l’automne, on va embaucher un clinicien. On veut aussi développer la recherche. On souhaite également aller chercher des clients à l’extérieur du pavillon sportif de l’UQAC, pour servir davantage la population. »

Clinique universitaire en orthopédagogie : «bâtir son identité professionnelle»

La Clinique universitaire en orthopédagogie (CUO) permet aux étudiantes de quatrième année du baccalauréat en enseignement en adaptation scolaire et sociale de travailler avec des élèves éprouvant des difficultés et ainsi de « développer leur colonne vertébrale d’orthopédagogue », image la nouvelle directrice de la clinique, Marie-Pierre Baron.

Les services d’intervention de la CUO, qui est institutionnalisée depuis 2010, s’adressent principalement aux élèves du primaire et du secondaire. Deux étudiantes, supervisées par des professeurs et des professionnels du milieu, accompagnent chacun des élèves, de l’évaluation à l’intervention. « Le travail se fait tant sur le plan cognitif, comportemental, affectif qu’émotionnel. Chaque élève sera d’abord évalué pour tracer son profil, puis un plan d’intervention est présenté au jeune et à sa famille. Le plan comprend deux rencontres par semaine, d’octobre à mars. Au terme du suivi, un rapport orthopédagogique sera rédigé », détaille Mme Baron.

« La clinique, c’est l’occasion pour les étudiantes de vivre ce qu’elles vont faire sur le marché du travail, de vivre le processus complet. Ça leur permet de se bâtir leur identité professionnelle, de développer leurs compétences, leur confiance et leur autonomie », renchérit Mme Baron.

Le bouche-à-oreille fait son œuvre, puisque les services sont grandement appréciés des jeunes et de leurs parents. Une liste d’attente a donc été mise sur pied. 

La CUO, unique au Québec, veut poursuivre son évolution, notamment en étendant le partenariat déjà en branle avec le programme de travail social et en maximisant les projets de recherche.

Clinique universitaire de psychologie: une offre «avantageuse»

Active depuis une vingtaine d’années, la Clinique universitaire de psychologie offre un service de consultation en psychologie et en neuropsychologie, en conformité avec le Code de déontologie des psychologues du Québec. La population régionale peut ainsi bénéficier, à un moindre coût, des compétences des étudiants, sous l’étroite supervision de leurs professeurs.

« Ce sont des services psychologiques, de l’évaluation à l’intervention. Évaluation rigoureuse, bilan précis, traitements ciblés, énumère Johanne Dubreuil, directrice de la clinique. L’offre est avantageuse et intéressante, puisqu’elle représente des services à un moindre coût, à plus long terme, et plus personnalisés que ce que peut parfois offrir le service public. La clinique est reconnue comme étant un endroit avec des services de qualité. Nous avons énormément de demandes. »

Les services spécialisés de neuropsychologie permettent une évaluation psychologique pour les gens victimes d’un trauma crânien, d’un accident cardiovasculaire, d’une maladie neurologique ou d’épisodes répétés de démence, entre autres. « C’est idéal pour tracer un profil psychologique et cibler de possibles problèmes », soutient Mme Dubreuil.

La clinique effectue désormais une présélection de la clientèle par le biais d’un formulaire qui permet de tracer un profil sommaire du client. Les données récoltées pour caractériser la clientèle seront utilisées pour cibler et raffiner les services, et un projet de recherche devrait aussi émerger de cette collecte d’informations. Les résultats pourraient servir à d’autres cliniques et universités, également.