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Julie Bouchard, neuropsychologue et professeure au Département des sciences de la santé de l’UQAC
Julie Bouchard, neuropsychologue et professeure au Département des sciences de la santé de l’UQAC

L’amour, le chocolat et…le cerveau!

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Le Quotidien
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UQAC / L’auteure de cette chronique est Julie Bouchard, neuropsychologue et professeure au Département des sciences de la santé.

Je l’admets… je suis « accro » à l’amour et au chocolat! L’amour, avec un petit ou un grand « A », sous toutes ses formes (filial, familial, amical, etc.), qui comprend autant les personnes que les animaux, celui qui crée un état de bien-être! Un peu comme le chocolat...

Ça tombe bien, car février, c’est le mois de l’amour et du chocolat. En tant que neuropsychologue, je ne peux m’empêcher d’observer les impacts de notre environnement et de nos comportements sur le cerveau. D’ailleurs, j’aime bien rappeler à mon entourage que, scientifiquement parlant, manger du chocolat noir (modérément) fait en sorte de rendre certains neurotransmetteurs plus « disponibles » dans notre cerveau.

Ces neurotransmetteurs sont les messagers qui permettent d’avoir des comportements ou des sensations. En effet, le chocolat fait vivre du plaisir (qui vient d’une libération d’endorphines), des sentiments de bonheur et de satisfaction (associé à la dopamine) et nous donne plus d’énergie (lié à la sérotonine).

Mais attention, certaines précisions sont à apporter, car les liens directs entre le chocolat et les effets sur l’humeur, surtout à long terme, ne sont pas encore clairement établis. Et il y a encore beaucoup de théories pour expliquer ce qui agit vraiment sur le cerveau. On sait que lorsque l’on mange du chocolat, le niveau de dopamine augmente dans le cerveau, surtout dans les parties du cerveau associées au circuit de la récompense, celui qui cause la dépendance !

Il y a aussi l’expérience agréable d’avoir du chocolat dans la bouche (donc des caractéristiques orosensorielles) générée par la combinaison de sensation de sucré dans la bouche, qui affecte l’humeur par une augmentation des endorphines libérées. De plus, il faut aussi considérer la composition chimique de certains produits psychoactifs du chocolat.

Par exemple, un des composés du chocolat agit comme stimulant, jouant sur notre énergie et notre sensation de bien-être. Un autre se fixe sur les mêmes récepteurs que le cannabis et qui génèrent l’euphorie. Un troisième, dont l’effet est étudié en neurosciences (le flavanol) pour ses effets sur certaines fonctions cognitives, pourrait aussi être en cause dans les effets du chocolat sur l’humeur. Et pourquoi pas une combinaison de tout ça, qui, en résumé, nous fait du bien !

Et l’amour… il y a plusieurs sortes d’amour, mais en général, il y a un sentiment d’attachement envers quelqu’un (humain ou animal) qui fait qu’on peut ressentir ce sentiment. L’ocytocine, une hormone connue pour ses effets dans le corps (surtout par les femmes lors des accouchements) peut avoir aussi des effets sur le cerveau (on parle alors des effets centraux). Cet effet qu’a l’ocytocine sur le cerveau est central au lien d’attachement, autant envers nos proches que pour le sentiment amoureux.

Lorsque générée par un tel lien, elle a des effets bénéfiques sur le corps, permettant de se sentir calme et de mieux gérer le stress. Cette hormone joue également un rôle dans les relations sociales positives, permet de réduire l’anxiété et augmente la confiance envers les autres. Elle aide donc les comportements altruistes et empathiques qui sont plus que nécessaires en ces temps difficiles.

Le mois de février, c’est le mois de l’amour et du chocolat, mais c’est aussi le mois de la psychologie. En psychologie, on parle beaucoup de la « santé mentale», surtout avec le contexte pandémique, et il est souvent question des aspects plus négatifs (stress, détresse, effets délétères du confinement, etc.). On nous parle de moyens de se détendre, de se faire du bien (yoga, sport, etc.), mais au quotidien, ce sont des moyens qui prennent parfois beaucoup de temps et d’énergie (même s’ils en rapportent aussi) !

Alors, comment arriver, au quotidien, à se donner une petite dose de « bonheur » cérébral ? C’est parfois plus facile qu’on le croit. Une conversation avec une personne aimée (ami, frère/sœur, amoureux), un moment de câlin avec un animal ou un petit morceau de chocolat… tous ces petits plaisirs qui peuvent faire du bien à notre santé mentale et qui nous permettront de diminuer notre stress.

Alors, je vous invite à de la bienveillance envers vous-mêmes, à vous créer un rituel quotidien de petits bonheurs pour que vous puissiez, vous aussi, devenir « accro » au chocolat et à l’amour afin de vous aider à passer cette période difficile avec plus de douceur. Mais n’oubliez pas que parfois, ce n’est pas suffisant pour traverser une période plus difficile et qu’il ne faut pas hésiter à demander l’aide appropriée.

Pour en savoir plus, venez converser avec Julie Bouchard via le lien uqac.zoom.us/my/quotidien

Mardi 9 février à midi