Serge Lemieux et Manon Bergeron, de La Baie, ont pris possession de leur emplacement au Camping Quatre Chemins, à L’Anse-Saint-Jean, avec contentement en dépit de certains inconvénients qu’ils auront à subir cet été.
Serge Lemieux et Manon Bergeron, de La Baie, ont pris possession de leur emplacement au Camping Quatre Chemins, à L’Anse-Saint-Jean, avec contentement en dépit de certains inconvénients qu’ils auront à subir cet été.

Ouverture des campings: délivrance au Bas-Saguenay

Denis Villeneuve
Denis Villeneuve
Initiative de journalisme local - Le Quotidien
L’ouverture des terrains de camping depuis lundi au Bas-Saguenay aura été presque ressentie comme une délivrance par plusieurs utilisateurs après plus de deux mois de confinement, à un point tel que certains établissements devraient afficher complet dès la première fin de semaine.

Au Camping de L’Anse, à L’Anse-Saint-Jean, cinq couples avaient déjà installé leur roulotte ou caravane lundi après-midi en dépit d’une température plutôt fraîche aux abords du fjord du Saguenay.

Préposée à l’accueil du camping municipal qui compte 76 emplacements, Ghislaine Lalonde avoue que l’annonce du premier ministre François Legault vendredi dernier a causé une émulation téléphonique. « Je suis entrée au travail à 8 h. J’avais 42 appels à retourner, effectués samedi et dimanche. Lorsqu’ils ont annoncé l’ouverture des campings, j’ai reçu 28 réservations directement en ligne. En fin de semaine, il ne reste que neuf terrains disponibles », affirme-t-elle.

Toutefois, la direction ne s’attend pas à ce que beaucoup d’Européens se présentent à l’accueil comme c’était habituellement le cas au cours des années passées.

Sur le terrain, Jean Gagnon et Line Tremblay, de Shipshaw, avouent avoir eu bien hâte d’accéder à leur emplacement. « On est arrivés à 9 h ce matin. On a quand même perdu 15 jours de pêche à la truite de mer. Demain, on va chercher notre chat et mes plants de tomates. Ça fait 24 ans qu’on campe ici. Ça nous manquait. On change le décor. »

Annie Bergeron préfère le confinement à son camping préféré plutôt qu’à sa résidence.

Un couple voisin, Jeannine Bouchard et Roger Brassard, de Saint-Honoré, semble bien heureux de retrouver ses amis saisonniers. Toutefois, la pratique du camping devrait être différente cet été, outre les mesures sanitaires devenues habituelles. « Nous, on part tout l’été en campant d’un lieu à l’autre, en suivant les festivals et les rassemblements. Ça ne coûte pas cher, mais cet été, il n’y aura pas beaucoup de festivals. On va aller chez le Géant motorisé. Il prend les emplacements gratuitement. On a acheté notre roulotte là... ».

Quatre chemins

Au camping Quatre chemins, la copropriétaire Ginette Gagné et sa fille Andrée, la relève de l’entreprise familiale, constatent aussi une volonté des campeurs de s’installer rapidement sur les 55 emplacements et dans les cinq chalets, d’autant plus que les étés au Québec sont relativement courts.

Parmi les premiers occupants, Annie Bergeron est occupée à tailler son coin de pelouse, comme c’est le cas depuis 21 ans qu’elle s’installe en camping. Selon elle, il n’y a pas beaucoup de différences entre être confinée à sa résidence ou en camping, allant même jusqu’à avancer qu’elle est plus près physiquement de ses voisins en milieu urbain qu’en camping. « On attendait la date d’ouverture depuis longtemps, mais on a toujours eu confiance que ça allait ouvrir ».

Ce n’est pas le cas pour Serge Lemieux et sa conjointe Manon Bergeron, qui ont craint que les campings demeurent fermés tout l’été. Ils regrettent toutefois de ne pouvoir fraterniser comme dans l’avant-COVID lors de rassemblements communautaires ou autour du feu de camp.

« On ne pourra pas manger ensemble, mais c’est correct. On va s’habituer », affirme M. Lemieux. Pour la dame, la fréquentation du camping constitue un soulagement puisque, le 15 mars dernier, l’emploi qu’elle occupait dans un salon de quilles de La Baie a pris fin. « J’ai hâte de voir ce qui va se passer. C’est une PME qui embauchait pas mal de monde. On était ouvert l’été quand même. Je suis contente d’être ici. Il faut se mélanger et faire du social », a-t-elle confié.

Le Camping de Petit-Saguenay devrait ouvrir ses portes avec une dizaine de journées de retard en raison des travaux reliés à la mise aux normes de ses systèmes d’égoût, d’électricité et d’aqueduc.

Petit-Saguenay

À Petit-Saguenay, les amateurs de pêche aux saumons et campeurs devront patienter jusqu’à la mi-juin avant de profiter des services d’hébergement offerts dans les sept chalets et la dizaine d’emplacements de camping.

Selon le directeur du site, Richard Bernier, l’investissement de 300 000 $ réalisé pour la mise aux normes des installations septiques, travaux d’aqueduc et d’électricité n’est pas tout à fait complété, ce qui occasionnera un retard d’une dizaine de jours au calendrier habituel.

Les préparatifs vont bon train, mais il sera nécessaire d’établir un mode de fonctionnement pour recevoir les pêcheurs logés en chalet, dans le contexte de la distanciation sociale et du confinement en famille. « On s’attend à une baisse dans la location de chalets rustiques. »

Le 11 juin prochain, le conseil d’administration devra se prononcer sur le maintien ou non cet été de l’activité de canotage avec la descente sur la rivière Petit-Saguenay, une activité qui croît en popularité, mais qui souffre d’une difficulté particulière. Les adeptes doivent absolument embarquer dans un véhicule municipal pour se rendre au site de départ, de sorte qu’il est impossible de respecter les règles de la Santé publique. M. Bernier ajoute que les solutions envisagées jusqu’à maintenant présentent des difficultés particulières, ce qui explique son pessimisme quant à son maintien cet été. « On perd 10 000 $ avec l’annulation. Ça fait mal. »

Saint-Félix-d’Otis

Les choses se déroulent bien également au Camping de Saint-Félix-d’Otis où la directrice, Josée Gagnon, constate l’enregistrement de la moitié des 104 campeurs saisonniers au deuxième jour de l’ouverture. « Des gens ont pris congé pour ouvrir leur installation. Les gens sont contents, mais ils aimeraient bien que les jeux puissent ouvrir. Les plages sont fermées partout au Saguenay-Lac-Saint-Jean, mais on croit que c’est une question de temps avant qu’elles puissent ouvrir. »

Le 11 juin prochain, le conseil d’administration du Camping de Petit-Saguenay décidera du maintien ou non de l’activité de canotage sur la rivière Petit-Saguenay pour la saison 2020.

Mme Gagnon s’attend tout de même à des baisses de fréquentation découlant du fait que les réservations ont cessé en mars, en plus des annulations et remboursements en raison de l’incertitude de la date de reprise.

Dès la semaine prochaine, les employés du camping débuteront la préparation des terrains destinés aux visiteurs courte durée.