À la une › Jean-François Simard, Diane Simard, Dave Girard et Anabelle Simard (absente sur la photo) ont réussi une très belle journée d'ouverture avec la capture de quatre ouananiches de belle taille (au moins une de cinq livres). Il s'agit d'amateurs de pêche à la ouananiche expérimentés.

Ouverture de la pêche: la ouananiche au rendez-vous

La première journée de pêche à la ouananiche de 2017 permet d'entrevoir une très bonne saison en quantité et qualité. Le saumon d'eau douce était au rendez-vous quelques jours seulement après le départ des glaces sur le lac Saint-Jean.
Maxime Dupéré a une fois de plus fait mouche à l'ouverture.
Les pêcheurs qui sont rentrés à la maison bredouille en fin d'après-midi vendredi (ce n'est pas le cas de l'auteur de ces lignes), n'ont aucune excuse de vent, température ou autres éléments naturels pour expliquer leur déconvenue.
Après plusieurs années de temps froid et venteux pour l'ouverture, les pêcheurs ont enfin eu droit à des conditions climatiques exceptionnelles pour quadriller les trois meilleures zones de pêche pour l'ouverture de la saison qui sont situées à la sortie des rivières Métabetchouane à Desbiens, Ouiatchouan à Val-Jalbert et entre la zone de pêche balisée devant Mashteuiatsh et la rade de Roberval.
Les auxiliaires de conservation de la faune de la Corporation Lactivité pêche du Lac-Saint-Jean (CLAP) ont été en mesure de vérifier la qualité de cette première journée de pêche dans les zones de Val-Jalbert et Desbiens. Le chef d'équipe Charles Dufour considère que ce qu'il a vu dans les embarcations annonce une bonne saison de pêche.
«On ne parle pas d'une ouverture exceptionnelle ni d'une mauvaise ouverture si l'on tient compte que nous sommes plus tôt que les autres années. On peut faire état d'une bonne abondance de poissons», explique l'auxiliaire.
Les pêcheurs qui ont fait l'ouverture à la sortie de la rivière Métabertchouane à Desbiens ont ainsi réussi à ferrer de beaux spécimens en nombre appréciable. Certains ont même été en mesure de recueillir les deux saumons autorisés par pêcheur. La ouananiche a mordu assez tôt en début de journée et a continué à mordre de façon plus modérée pendant l'avant-midi.
«Nous avons vu seulement quelques ouananiches plus maigres avec la bedaine rentrée. Plusieurs pêcheurs ont capturé des poissons de quatre ou cinq livres et on a même vu une ouananiche de six livres. Ce sont des poissons d'une belle grosseur», reprend le chef d'équipe.
Les auxiliaires ont fait un autre constat qui permet de croire que le stock de poissons a bien évolué. Au cours des dernières années, les observations faisaient état de la présence de plusieurs captures de saumons de petite taille lors de l'ouverture.
Hier, les auxiliaires en fonction n'ont pratiquement pas vu de petite ouananiche dans les viviers ou les glacières.  
Dans le secteur de Val-Jalbert où Le Progrès s'est joint à la petite armada de chaloupes de pêche, les résultats ont également été intéressants. Le poisson a mordu tôt dans la journée et de façon modérée par la suite. Nous avons ferré une ouananiche vers 11h juste à la sortie de la rivière.
À la différence de Desbiens, la pêche est autorisée dans la petite baie à l'embouchure de la rivière Ouiatchouan.
La patrouille de la CLAP a fait sensiblement les mêmes observations quant à la taille des poissons.
Le nombre de prises dans ces deux zones est toutefois surprenant lorsque l'on met en relief la condition de l'eau. Inutile de souligner qu'elle est beaucoup plus froide que la température idéale pour que les salmonidés soient vraiment actifs.
La crue actuelle dépasse largement les moyennes historiques, ce qui signifie que les rivières ont transporté beaucoup de débris vers le lac Saint-Jean en plus des sédiments (sables, terres et autres petites particules). L'eau est donc très sale et réduit beaucoup la capacité attractive des leurres.
Le devancement de l'ouverture de la pêche n'a pas d'impact majeur sur le nombre de mordus qui défient le froid très tôt dans la journée pour capturer un premier saumon d'eau douce de la saison.
Éclosion d'oeufs d'éperlans
La CLAP a érigé pendant l'hiver des structures de pierre à la sortie de la rivière Mistassini afin d'augmenter le pourcentage d'éclosion des oeufs d'éperlans.
Il sera possible dès cette année d'avoir une idée de cette tentative audacieuse puisque des capteurs d'oeufs seront installés sur les structures et il y aura également des opérations de capture de larves dans cette zone menées par l'équipe du biologiste Pascal Sirois de l'UQAC.
Il s'agit de l'aboutissement d'un long processus scientifique dont les résultats sont attendus avec impatience par les pêcheurs. Pascal Sirois indiquait dans une entrevue qu'une augmentation de quelques unités de pourcentage aurait un effet significatif sur la nourriture disponible pour le saumon du lac Saint-Jean.
Attention à la limite de prises
Les pêcheurs qui fréquenteront le lac Saint-Jean jusqu'à la troisième fin de semaine de mai doivent bien saisir les modalités de la réglementation puisque la pêche aux autres poissons est interdite jusqu'à cette date et certains ont déjà reçu des billets d'infraction.
Lorsque deux pêcheurs prennent place dans la même embarcation, ils ont le droit de capturer quatre ouananiches à raison de deux par pêcheur. À partir du moment où ils ont capturé trois ouananiches, le pêcheur qui en a capturé deux doit cesser de pêcher puisqu'il sera impossible de justifier deux lignes à l'eau aux auxiliaires, car toutes les pêches sont fermées à l'exception de la ouananiche.
Le chef d'équipe de la CLAP, Charles Dufour, a indiqué au Progrès que des billets d'infraction ont été distribués au cours de la journée d'hier pour avoir eu une ligne en trop à l'eau alors que la limite de prises était atteinte.
« Nous avons vraiment vérifié des personnes qui n'étaient pas au fait du règlement. Par contre, d'autres savaient très bien qu'il s'agissait d'une infraction. Normalement, les pêcheurs peuvent dire qu'ils continuent de pêche pour prendre du doré, mais en ce moment, c'est interdit. »
Comme c'est toujours le cas lors de l'ouverture, les patrouilleurs sur le lac ont fait des constats pour des pêcheurs qui dépassent la limite de prise quotidienne.
« Le lac Saint-Jean est très haut »
Cette phrase a été utilisée je ne sais combien de fois depuis quelques jours. Le lac Saint-Jean est en ce moment dans la zone des 15 pieds, ce qui n'a rien d'extraordinaire.
Il s'agit d'un niveau régulier de gestion et, comme le dit l'adage, il n'y a jamais trop d'eau pour la pêche. Le poisson évolue dans l'eau...