David Bouchard, de Montréal, et Mario Gagné, de Desbiens, posent avec une belle ouananiche de plus de quatre livres capturée à l’embouchure de la rivière Métabetchouane.

Ouverture de la pêche à la ouananiche: de belles prises malgré tout

« Fish on ! ». Le cri de joie a résonné partout dans l’embouchure de la rivière Métabetchouane tôt, vendredi matin. « C’est une ouaoua ! C’est une ouaoua ! Vite, apporte le net ! », a crié de joie David Bouchard, qui a capturé une ouananiche de plus de quatre livres (2 kg), à gué, sur la plage de sable.

« Ça prenait un gars de Montréal pour sortir ça à matin. Je suis content, je suis vraiment content ! Ma pêche est faite ! », a-t-il martelé pendant que le journaliste du Progrès s’appliquait à prendre une photo du fier pêcheur.

Le Montréalais David Bouchard était en compagnie de son beau-père, Mario Gagné, de Desbiens, au moment de cette capture de belle qualité. « Nous étions ici à minuit hier (jeudi) soir. On a capturé un doré d’au moins cinq livres, qu’on a remis à l’eau, parce que la pêche au doré ouvre seulement le 24 mai », a raconté le Desbienois, qui a puisé la ouananiche les deux pieds dans l’eau.

Peu de pêcheurs

Les amateurs de pêche n’étaient pas nombreux, vendredi matin, sur un lac Saint-Jean encore gelé. On comptait tout au plus cinq bateaux à l’embouchure de la rivière Métabetchouane et moins d’une dizaine de pêcheurs à gué sur les bancs de sable.

Une seule chaloupe de pêche était visible au large de Val-Jalbert.

« L’enjeu cette année, c’est l’accès aux rampes de mise à l’eau. Le niveau du lac est encore trop bas, et les véhicules ne peuvent pas reculer leur remorque pour mettre à l’eau leur bateau », a constaté Stéphanie Tremblay, chef d’équipe des agents de la Corporation LACtivité pêche (CLAP). « Généralement, ce ne sont pas le froid et la pluie qui éloignent les pêcheurs », fait remarquer l’assistante à la protection de la faune, que Le Progrès a rencontrée plus tard dans l’avant-midi, à l’embouchure de la rivière Ouiatchouan, dans le secteur de Val-Jalbert.

Dans ce secteur, à la sortie du village de Chambord, on pouvait apercevoir une seule chaloupe de pêche au large et une demi-douzaine de pêcheurs à gué. Ces pêcheurs en bordure de l’eau étaient principalement des jeunes, ces derniers préférant la pêche à la mouche, plutôt que de rester assis toute la journée dans un bateau.

Ghislain Tremblay, de Métabetchouan, un vieux pêcheur avec 65 ans d’expérience, s’est dit étonné devant le petit nombre de pêcheurs au rendez-vous de l’ouverture. « En début de saison, je pêche avec seulement un hameçon et des vers au bout d’une flotte dans 10 à 12 pieds d’eau (3 à 4 mètres). Ici, sur le bord de la rivière, je fais ma pêche chaque année. Je ne comprends pas pourquoi il n’y a pas plus de monde ce matin », a commenté le pêcheur, tout en enfilant son imperméable pour se protéger de la pluie.

Mieux pour dimanche

Il faudra attendre à dimanche pour vivre une ouverture de pêche à la ouananiche digne de ce nom au lac Saint-Jean avec des prévisions météorologiques plus ensoleillées et un vent d’ouest qui devrait pousser les glaces vers la rivière Grande Décharge.

Le pêcheur Varo Charlie, un Français d’origine qui vit à Saint-Félicien depuis quatre ans, en était à sa quatrième ouverture de la saison de pêche à la ouananiche au Lac-Saint-Jean. À gauche, il pose en compagnie de Stéphanie Tremblay et d’Olivier Delorgeril, de la Corporation LACtivité pêche, à l’embouchure de la rivière Ouiatchouan, dans le secteur de Val-Jalbert.

L’ouverture hâtive de la saison, prévue le vendredi 10 mai, a été marquée par la rareté des embarcations et le bas niveau du lac, mais aussi par la mention de belles prises malgré le faible nombre de pêcheurs. « J’ai été agréablement surpris par le nombre de prises ce matin, même s’il n’y avait pas beaucoup de pêcheurs », a commenté Stéphanie Tremblay, de la CLAP, qui observait les activités de pêche vendredi matin.

Pour les agents de la protection de la faune François Cauchon et René Laurendeau, l’ouverture 2019 ne ressemble en rien à ce que cela a déjà été à une certaine époque. « J’ai rarement vu si peu de pêcheurs en 35 ans de carrière, a fait savoir François Cauchon, qui prendra sa retraite dans un mois. C’est ma dernière ouverture en carrière. On est loin de l’époque où la pêche ouvrait à la fin d’avril et que les adeptes venaient de partout au Québec pour le festival de la ouananiche de Desbiens et qu’on pouvait compter des dizaines d’embarcations dans la rivière et à l’embouchure. »

Cohabitation

Pour cette journée d’ouverture, le ministère des Forêts de la Faune et des Parcs en profite pour rappeler aux pêcheurs qui seront sur l’eau en fin de semaine qu’il faut la collaboration des pêcheurs sportifs et des pêcheurs autochtones pour assurer une cohabitation harmonieuse durant le chevauchement de la pêche sportive à la ouananiche et des activités de pêche traditionnelle des Innus de Mashteuiatsh. Le secteur de pêche autochtone est situé devant la communauté de Mashteuiatsh et est délimité par des bouées.

« Pour favoriser la cohabitation harmonieuse et le respect mutuel, le ministère demande aux pêcheurs sportifs de s’abstenir de pêcher dans le secteur balisé, pour éviter que les leurres de pêche et les moteurs ne s’accrochent aux filets, les endommagent ou les déplacent. Les pêcheurs pourront toutefois y circuler pour traverser le secteur à vitesse réduite. Les filets seront indiqués par des bouées blanches, avec lesquelles il est demandé de conserver une distance sécuritaire »,indique-t-on, dans un communiqué.