Daniel Dion et sa conjointe ont pensé revenir au Québec, «mais si l'ouragan passe à côté de Fort Lauderdale, je rentre au travail lundi», a-t-il confié au Progrès, vendredi.

Ouragan Irma: le Normandinois Daniel Dion est prêt

« On se croise les doigts. Notre sort n'est pas entre nos mains. » Le Normandinois d'origine Daniel Dion habite à Fort Lauderdale depuis 13 ans. Il a déjà connu les ouragans Wilma et Katrina, en 2005. Aujourd'hui, il est bien préparé et a « sécurisé tout ce qui pouvait l'être ».
Daniel Dion est vice-président de la Banque Nationale en Floride. Avant de déménager aux États-Unis, il a travaillé pour les succursales baie-comoise et almatoise de la BN.
« On a de l'eau, de l'argent comptant, de la nourriture, de l'essence et du propane. Nous serions capables de vivre deux semaines sans électricité. (...) C'est stressant, oui, mais il n'y a pas grand-chose qu'on peut faire de plus », a expliqué M. Dion en entrevue téléphonique vendredi soir.
Le condo sur le bord de l'eau qu'il possède à Fort Lauderdale est dans la zone d'évacuation. Sa maison, quant à elle, n'est pas dans une zone considérée à haut risque, étant davantage à l'intérieur des terres. « Nous avons des vitres avec des filtres qui réagissent comme un pare-brise, c'est-à-dire qu'elles ne casseront pas complètement. C'est la première fois qu'elles seront testées. On a fait ça après les deux derniers ouragans en 2005. Tout dans nos maisons respecte le code établi après l'ouragan Andrew, en 1992. Nos portes sont aussi faites pour résister aux ouragans. » Andrew a été classé de catégorie 5. Il est survenu en août 1992.
Mieux préparés
« En 2005, c'était la première année que j'étais ici et il y en a eu deux. Ma conjointe est venue me rejoindre et quatre jours après son arrivée, l'ouragan frappait ! Présentement, nous sommes mieux préparés. On attend et on écoute la télé, a expliqué celui qui était justement en train de regarder la météo lorsque Le Progrès l'a joint. Nous sommes des personnes optimistes. On a confiance que ça ira bien. (...) Le bruit que tu entends pendant cinq ou six heures après un ouragan est impressionnant. On ne s'en attend pas, on pense qu'une fois passé c'est passé, mais non. C'est comme si un train passait dans ta maison tellement le vent est fort. Après Wilma, il y avait un pied de sable sur l'autoroute ici. »
Toute sa famille, dont plusieurs membres habitent le Saguenay-Lac-Saint-Jean, tente de le joindre. « Je reçois des courriels et des textos toutes les deux minutes. On a beaucoup d'amis au Québec qui ont des condos en Floride. On fait l'inspection pour eux. Ce qu'il y a de spécial, c'est que les deux derniers jours ont été les plus beaux depuis trois mois. On ne penserait jamais qu'un ouragan va arriver. Jeudi, il y avait plein de monde sur la plage. Vendredi, il y en avait moins parce que les gens se préparaient. »
Daniel Dion affirme que tout est très bien organisé et que les gens ne semblent pas trop paniqués. « Il y a beaucoup de gens dans des refuges. On reçoit aussi des appels automatisés pour nous dire quoi faire. À présent, il est trop tard pour aller vers le nord. Et même si on essayait d'y aller, peut-être que ce territoire sera touché aussi. »
M. Dion et sa conjointe ont pensé revenir au Québec. « Mais si l'ouragan passe à côté de Fort Lauderdale, je rentre au travail lundi ! Il y avait des gens de La Baie dans mon condo et ils ont quitté jeudi. Moi, je dois rester. Nous sommes prêts. »