Les immeubles publics de la communauté d’Oujé-Bougoumou présentent des particularités architecturales uniques au monde. Les Cris souhaitent convaincre les gens de la région de visiter leur communauté.

Oujé-Bougoumou: opération charme

Des représentants de la communauté crie Oujé-Bougoumou mènent une opération charme auprès de la population du Saguenay-Lac-Saint-Jean afin d’attirer une nouvelle clientèle touristique intéressée à découvrir le village identifié par les Nations Unies en 2015 comme étant l’une des 50 communautés les plus distinctes sur la Terre.

Au cours des derniers jours, ils effectuaient une tournée médiatique pour inviter officiellement les touristes de la région à leur rendre visite. Ce village de 800 habitants est situé entre Chibougamau et Chapais, à environ 400 km de Chicoutimi. Il se distingue principalement par l‘architecture des principaux immeubles publics et son musée, en plus d’être la seule constituante des Cris de la Baie-James où le français et la langue qui prédomine.

« Les gens qui vont visiter notre communauté seront bien accueillis. Ils auront l’occasion d’entrer en contact avec notre culture et de découvrir des choses. Le contact avec la culture est ce que les touristes qui visitent notre communauté apprécient », précise Ron Simard, agent touristique de la communauté.

Les responsables du tourisme sont conscients qu’il y a du travail à faire pour intéresser les Québécois à visiter leur monde. Ils comprennent bien qu’il puisse y avoir de l’inconnu pour bon nombre de personnes, mais insistent pour dire que ceux et celles qui mettront le cap vers leur village en reviendront avec des souvenirs impérissables.

Les représentants de la communauté crie d’Oujé-Bougoumou, Ron Simard et Roch Anctil, ont fait une tournée des médias mercredi afin de convaincre les Saguenéens et Jeannois de songer à leur village retenu par les Nations Unies pour ses particularités comme destination touristique.

Il est vrai que cette communauté a bénéficié de l’apport de l’un des plus grands architectes de la planète pour construire ses immeubles. Il s’agit de Douglas Cardinal, qui a signé de nombreuses réalisations dans des grandes villes canadiennes et américaines. Il a une grande sensibilité pour les Premières Nations.

L’autre barrière qui se dresse entre les Cris et la région est celle de la distance. Ron Simard souligne qu’il faut mettre trois heures de route à partir de Roberval pour se rendre à Oujé-Bougoumou. Une distance à ses yeux plus que raisonnable quand on souhaite vivre un véritable dépaysement et connaître une culture différente de celle des Innus de Mashteuiatsh.

Ce sont en ce moment les touristes Européens qui sont les plus nombreux à visiter la communauté crie. Ces derniers sont grandement intéressés par tout ce qui touche le monde autochtone du Québec.

Un sondage réalisé par IPSOS a démontré qu’il y avait un potentiel touristique non négligeable au Québec. Ce sondage démontre que 25 % des Québécois s’intéressent à la culture autochtone et les Cris veulent sensibiliser ce bassin.

Pour le moment, l’industrie touristique d’Oujé-Bougoumou est concentrée dans la communauté immédiate. Il y a de plus du potentiel pour des touristes qui aiment l’aventure puisque les routes permettent d’atteindre tout le secteur de la Baie-James.

Les forfaits offerts à Oujé-Bougoumou sont d’une à deux journées. Il est possible de trouver de l’hébergement sur place. Les personnes intéressées peuvent également contacter l’organisme Voyages Eeyou Istchee Baie-James.