Une loi obligeant la présence de gicleurs dans toutes les résidences doit être accompagnée d'un soutien financier pour les propriétaires, plaide le président-directeur général du RQRA, Yves Desjardins.

Oui, si Québec aide financièrement

Le Regroupement québécois des résidences pour aînés (RQRA) réitère sa position en faveur de l'installation obligatoire de gicleurs, à condition qu'elle soit accompagnée d'une aide financière pour les propriétaires. Sans ce soutien financier du gouvernement, plusieurs des 97 résidences du Saguenay-Lac-Saint-Jean ne pourraient se conformer, plaide Yves Desjardins, président-directeur général de l'organisation, de passage à Alma cette semaine.
«Les gicleurs, bien avant l'incendie de L'Isle-Verte, on était d'accord pour les rendre obligatoires. Mais il faut soutenir les plus petites résidences, parce que les propriétaires n'ont pas les moyens de payer une telle installation», estime M. Desjardins, ajoutant qu'une résidence d'environ 100 unités devrait payer près de 250 000$ pour l'installation d'un système de gicleurs.
«Les gens veulent rester dans leur milieu, que ça soit à Normandin ou ailleurs. Si on tue ça, qu'est-ce qu'on va faire? On va envoyer tous les ainés à Chicoutimi? Quand il n'y aura plus de place, ils iront à Québec? Notre but est de maintenir le rôle social de ces établissements tout en assurant la plus grande sécurité. Parce que la sécurité, c'est ça qu'on vend. C'est pour cette raison que les gens choisissent d'aller vivre dans une résidence.»
Le Saguenay-Lac-Saint-Jean est l'une des régions qui comptent le plus de petites résidences, c'est-à-dire de quelques dizaines d'unités. Et c'est ce type d'établissements qui semblent le plus menacés, avec des coûts d'exploitation en croissance et des normes à respecter toujours plus exigeantes.
«Les marges de profit sont minces, je vous le dis. Plusieurs propriétaires disent qu'ils ont congédié des employés, qu'ils font plus d'heures pour arriver. Et ils ne peuvent pas non plus augmenter les loyers de 200$ par mois. Ils connaissent la situation financière de leurs gens. On situe le break even à 85 unités. Ce n'est pas vrai que les résidences pour personnes âgées sont toutes des grands immeubles avec des centaines de loyers. Sur 2000 résidences au Québec, 1400 ont moins de 50 unités et 700 de ces 1400 ont moins de 10 aînés», insiste M. Desjardins, rappelant que Québec n'a toujours pas pris de décision sur l'obligation des gicleurs.