La ouananiche se porte bien dans le lac Saint-Jean.

Ouananiche: pour un statut de réserve aquatique protégée permanente

Jean Paradis sort de sa retraite à titre de président du Regroupement pour la protection de l’Ashuapmushuan (RPA), pour suggérer au gouvernement du Québec de prendre la balle au bond et accorder au joyau mondial de la ouananiche le statut de réserve aquatique protégée permanente.

Celui qui est toujours en contact avec les fonctionnaires du ministère de l’Environnement pour s’assurer du maintien de la protection de la rivière qui est devenue la plus grande frayère à ouananiche indigène au monde, a savouré chaque ligne de la nouvelle publiée dans l’édition d’hier du Quotidien.

« Pendant la bataille de l’Ashuapmushuan, notre avis était toujours le même. Nous avons convaincu la population que la construction de barrages sur la rivière signifiait la disparition de la ouananiche du lac Saint-Jean. Avec le survol mondial publié avec la collaboration de Pascal Sirois de l’Université du Qubec à Chicoutimi, 20 ans plus tard, on confirme ce que nous avons expliqué à la population. »

Le RPA faisait alors face à toute la communauté d’affaires régionale qui soutenait le projet d’Hydro-Québec. La société d’État projetait des investissements de 2,3 G $ dans deux barrages afin de pallier à la demande d’électricité en période de pointe au Québec.

« C’est quand même impressionnant. Ce n’est pas nous qui l’affirmons, ce sont des preuves scientifiques soutenues par les plus grands spécialistes du domaine qui ont réalisé les constats dans des pays où il y avait des rivières qui ont été détruites par des barrages. L’équation est simple, avec des barrages, plus de poisson et c’est aujourd’hui démontré hors de tout doute », enchaîne Jean Paradis.

Il signale les explications du biologiste Pascal Sirois qui est catégorique en ce qui concerne le sort de la rivière Ashuapmushauan, et son rôle dans tout l’écosystème du salmonidé au lac Saint-Jean.

La rivière Ashuapmushuaqn jouit aujourd’hui du statut de réserve aquatique protégée. Ce statut a été renouvelé jusqu’en 2025 par décret ministériel pour une quatrième reprise. Jean Paradis considère que la publication de l’article scientifique démontrant que la région possède aujourd’hui un écosystème considéré comme un « joyau » par des scientifiques devrait convaincre le gouvernement du Québec de la pertinence d’annoncer à court terme un statut de protection permanente.

« On sait bien que jamais le gouvernement ne permettra de retirer la rivière Ashuapmushaun de son réseau d’aires protégées (aquatiques et autres). Mais je crois que la confirmation du statut permanent serait saluée par la population. En plus du statut actuel, la conclusion des scientifiques vient ajouter à la valeur patrimoniale de cette rivière et en fait une intouchable pour le développement industriel ou énergétique. »

Le gouvernement péquiste de Bernard Landry a accordé le statut de réserve aquatique protégée à la rivière Ashuapmushuan au terme de la bataille avec Hydro-Québec. Cette décision politique a forcé la société d’État à radier de ses actifs une somme de 55 M $ qui représentait les investissements dans les études d’avant-projet.

Le statut de réserve aquatique projetée avait été décrété en même temps que celui de la rivière Moisie à l’est de Sept-Îles.

Le président du RPA applaudirait la création d’une coalition politique (maires, députés, préfets, etc), pour entreprendre une démarche auprès de l’UNESCO afin de tenter d’obtenir un classement dans le patrimoine mondial de l’humanité pour l’écosystème du saumon d’eau douce du lac Saint-Jean.