Opposition pour l'exploitation de la nappe phréatique à Laterrière

L’intention de Saguenay de puiser 900 m.c./h d’eau potable à même la nappe phréatique de Laterrière pour desservir les citoyens de La Baie et du secteur de la Base de Bagotville se bute à l’opposition des citoyens du Portage-Sud. Ils ont déposé à Saguenay et à d’autres élus une pétition de 110 signatures pour se prononcer contre le projet.

Normand St-Gelais et Gilles Brassard, deux citoyens du Portage-Sud dont la résidence est desservie depuis des décennies par des puits artésiens de surface, ont pris l’initiative de faire signer leurs concitoyens parce qu’ils craignent à long terme un abaissement du niveau de la nappe phréatique ainsi que sa contamination pouvant rendre l’eau impropre à la consommation.

En entrevue, les deux citoyens ont affirmé avoir assisté le 13 février dernier à la soirée de consultation menée par Saguenay en présence de la mairesse Josée Néron et du conseiller du secteur Michel Potvin. Ils avouent que plusieurs questions ont été soulevées par le projet de puiser une telle quantité d’eau à des fins de consommation humaine. Selon eux, à raison d’une consommation de 400 litres par jour, 900 m.c. à l’heure pourrait subvenir aux besoins d’une population de 54 000 personnes, ce qui est beaucoup plus que la population de La Baie.

Selon M. St-Gelais, les résidants actuels du Portage-Sud puisent leur eau à une profondeur variant entre 25 et 30 pieds. Aucune étude hydrogéologique n’existe pouvant prouver qu’il n’y a aucun risque à puiser 900 m.c./h. sans causer un abaissement de la nappe phréatique et les puits artésiens privés. « Les mois de janvier, février et mars sont ceux où on est le plus susceptibles de manquer d’eau. On est déjà à la limite pour aller chercher l’eau avec nos pompes. On s’entend que faire venir un puisatier pour 5000 $, c’est un minimum », explique M. Brassard.

Les porte-paroles des citoyens ne s’opposent pas systématiquement au prélèvement d’eau potable dans la nappe, mais souhaitent que Saguenay prenne les précautions nécessaires pour s’assurer que la ressource demeure disponible pour les citoyens déjà desservis. C’est pourquoi ils aimeraient que Saguenay réalise une étude hydrogéologique complète pour estimer les volumes en présence. 

À la suite des discussions tenues avec Saguenay, ils ont appris que la seule étude qui existe a été réalisée par SNC-Lavalin pour le compte d’Alcan au moment de construire l’aluminerie de Laterrière. Les citoyens ne seraient pas surpris que les autorités de Rio Tinto soient également intéressées par le dossier.

Outre la mairesse Josée Néron et le conseiller Michel Potvin, des copies de la pétition ont été expédiées à la direction régionale du ministère de l’Environnement, à l’hydrogéologue de l’UQAC, Julien Walter, au député de Dubuc, Serge Simard, ainsi qu’à Marco Bondu de l’Organisme Bassin versant du Saguenay.