François Tremblay est impatient de démontrer que la plateforme régionale de la CAQ est concrète.

«On s’offre du changement»

(Stéphane Bouchard) – François Tremblay a été le premier candidat caquiste du Saguenay-Lac-Saint-Jean à être élu, lundi. Le nouveau député de Dubuc est impatient de démontrer que son parti possède bel et bien une plateforme pour les régions. « On va faire plus, on va faire mieux. Au-delà du slogan », a-t-il lancé quelques instants après avoir été désigné vainqueur, encore sous le coup de l’émotion.

« On a signifié que notre plateforme régionale était lacunière, poursuit M. Tremblay, mais nous on est conscients qu’elle est concrète. Et maintenant, on va pouvoir le démontrer clairement. C’est ce qui est inspirant. »

François Tremblay veut s’atteler au développement de Dubuc, une des plus grandes circonscriptions du Québec. « On a une circonscription magnifique, très étalée sur le territoire, avec une réalité de ruralité. Les gens ont besoin de travailler. Il y a de super beaux projets qui ont le goût d’aboutir, qui ont besoin d’accompagnement. On a juste hâte de commencer à travailler avec les gens », affirme le nouveau député.

Il est conscient que sa victoire s’explique en partie par le besoin de changement de la population. « La politique, c’est contextuel. Il y a des cycles au Québec comme partout ailleurs. Quand on arrive vers 15 ou 20 ans d’un régime en place, les gens s’offrent une police d’assurance pour l’avenir. On s’offre du changement. » François Tremblay voit ce mandat de député provincial comme la continuité de son mandat de conseiller à Saguenay, où il croit avoir amorcé des maillages.

Celui qui a gagné avec une forte avance laisse au premier ministre François Legault le soin de décider du rôle qu’il aura dans le gouvernement. « Mon objectif premier, c’était de gagner. Représenter Dubuc est une grande fierté pour moi. Le reste, c’est la prérogative du premier ministre. »

Rêve réalisé

Devenir député est pour lui la réalisation d’un rêve qu’il a eu dès son plus jeune âge. « J’ai commencé à penser à cet aboutissement-là en sciences politiques à l’université. Peut-être même dans une visite au primaire au Parlement de Québec où Claude Ryan était venu nous voir dans le corridor en bas. Pour moi, tout repose sur ces rencontres et sur le besoin d’engagement pour mon prochain, pour ma communauté. »

Il termine en saluant le travail de Serge Simard, le député libéral défait lundi soir. « C’est une personne qui est engagée depuis plusieurs années, pour qui j’ai un très grand respect », affirme-t-il.

Le libéral Serge Simard, député sortant de Dubuc, a annoncé son retrait de la vie politique, après sa défaite face au caquiste François Tremblay, lundi soir. Il a tenu à remercier son équipe et sa famille, sous le regard fier de son épouse, Louise Dufour.

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«JE SUIS MORT AU CHAMP D'HONNEUR»

(Patricia Rainville) – «Je suis allé à la guerre et je suis mort au champ d’honneur.» C’est la tête haute, fier de ce qu’il a accompli, que le député sortant défait de Dubuc, Serge Simard, a annoncé sa retraite de la vie politique. Le libéral n’a pas échappé au raz-de-marée caquiste qui a déferlé sur le Québec, lundi soir. 

«Ça prend un gagnant et ça prend un perdant. Ce soir, c’est moi le perdant. Les électeurs ont décidé d’essayer autre chose et je respecte ça. Je l’ai toujours dit, perdre n’est pas une maladie et il n’y a personne de mort ce soir!», a lancé Serge Simard, lors de son arrivée au Bistrot Victoria de La Baie, endroit où avait lieu le rassemblement organisé par son équipe. Celui qui a récolté 22,37% des voix et qui est arrivé bon deuxième derrière François Tremblay a confirmé sa retraite de la vie politique. 

«Ma carrière politique, c’est terminé. Je ne peux pas dire que je suis peiné, car ce sont les électeurs qui ont choisi», a affirmé Serge Simard, qui n’a pas pu retenir un petit trémolo dans sa voix. 

Il a tenu à remercier tous les membres de son équipe et sa famille, «qui a toujours été derrière lui». «J’ai cinq petits-enfants, bientôt six. Ne pensez surtout pas que je vais m’ennuyer!», a blagué Serge Simard qui, à 68 ans, promet tout de même de continuer à être présent sur la scène régionale. «Je vais aussi continuer à critiquer la politique», a laissé tomber Serge Simard, estimant que le gouvernement caquiste allait être «assez désorganisé». «Je préfère ne pas commenter l’élection de M. Legault ce soir, c’est encore trop tôt», a souligné Serge Simard, qui aurait tout de même aimé être réélu, affirmant qu’il avait encore beaucoup de travail à faire pour les électeurs. 

Entouré de sa famille et de ses partisans, Serge Simard a tenu à partager une bière avec les membres de son équipe. Plusieurs d’entre eux n’ont pu retenir leurs sanglots et inutile de dire que l’ambiance n’était pas trop à la fête. 

Élu d’abord en 2008, Serge Simard avait été battu en 2012 par le péquiste Jean-Marie Claveau. Deux ans plus tard, le libéral avait reconquis l’électorat de Dubuc, défaisant à son tour son adversaire Jean-Marie Claveau. Depuis plusieurs élections, les électeurs de Dubuc suivent la tendance provinciale et choisissent d’élire un député au pouvoir, ce qui a encore été le cas lundi soir. 

Marie-Annick Fortin accepte le résultat des élections avec humilité.

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FORTIN SURPRISE DU RÉSULTAT

(Stéphane Bouchard) – La candidate péquiste de Dubuc, Marie-Annick Fortin, s’attendait à une soirée beaucoup plus serrée, elle qui a terminé en troisième position.

« Sur le terrain, je sentais vraiment que les gens m’appuyaient. Je sentais de la collaboration.» Elle aussi, croit-elle, a été emportée par la volonté de changement de la population.

«Moi, j’ai vendu à la population l’idée de choisir une femme, que c’était un beau changement» ajoute Mme Fortin, en disant recevoir ce verdict avec beaucoup d’humilité. La candidate défaite respecte aussi la volonté des électeurs de choisir un parti qu’elle qualifie «de droite», même si elle ne partage pas cette idéologie. «Je suis déçue du choix des Québécois, mais je le respecte. C’est ça la démocratie.»

Marie-Annick Fortin a tout de même trouvé cette expérience enrichissante. « J’ai rencontré les citoyens, j’ai parlé de politique tout l’été. Ça a été une aventure humaine incroyable.»