Denis Gilbert, inspecteur à la Sécurité publique de Saguenay, Camille Habel, sergente de la GRC, et Alexandra Young, directrice des communications avec les médias au Bureau de gestion des sommets, ont participé au Cercle de presse du Saguenay pour discuter de l’organisation du G7.

«On planifie pour le pire»

« On planifie pour le pire, mais on espère que ça n’arrivera pas. »

C’est en ces termes qu’a résumé la sergente au bureau des communications de la GRC, Camille Habel, l’esprit de l’organisation du G7 qui réunira dans cinq semaines les leaders politiques des sept pays les plus industrialisés au Manoir Richelieu à Pointe-au-Pic 

Mme Habel était de passage au Cercle de presse du Saguenay mercredi en compagnie d'Alexandra Young, directrice des communications au Bureau de gestion des sommets — Affaires mondiales Canada Young, et Denis Gilbert, porte-parole de la Sécurité publique de Saguenay. 

Lors de l’introduction, Mme Habel a rappelé que le Canada en est à sa sixième présidence de l’organisation d’un G7 depuis 1981. « On apprend à chaque événement. L’organisation de la sécurité n’est pas quelque chose qu’on peut accomplir seul. Cinq agences travaillent à assurer la sécurité et à maintenir l’ordre public », explique Mme Habel.

Selon les explications fournies, les citoyens de Saguenay ne devraient pas avoir à subir trop de contraintes découlant de l’arrivée prévue des chefs d’État à la Base de Bagotville. M. Gilbert a indiqué qu’à compter du 4 juin dès 6 h le matin, 250 policiers incluant des cadres seront présents dans le secteur de la Base de Bagotville où seront établis deux points de contrôle à chaque extrémité du chemin des Aviateurs. Les travailleurs, militaires, civils et résidants des maisons continueront d’avoir accès à leur lieu de travail ou lieux de résidence. Pour ce qui est des voyageurs de l’aérogare de Bagotville, ils auront droit à un peu plus d’attention policière en ce qui a trait à leurs bagages, mais ils n’auront pas à obtenir d’accréditation pour s’y rendre. « La circulation routière sera tout de même fluide », explique M. Gilbert.

Un espace sera réservé dans le secteur pour des personnes qui voudront manifester, le tout dans un esprit pacifique.

Concernant les manifestations, la possibilité de grabuge ou d’actes de terrorisme à Saguenay, Charlevoix ou Québec, Mme Habel a indiqué que tous les scénarios possibles et imaginables ont été étudiés, que ce soit sur terre, mer (fleuve Saint-Laurent) ou dans les airs. Elle a refusé de confirmer que des avions CF-18 de la Base de Bagotville puissent être en vol 24 heures par jour pendant les deux journées du sommet afin de prévenir d’éventuelles attaques aériennes sur le Manoir Richelieu. Elle a basé son refus sur le fait qu’il s’agit d’information de sécurité relevant de la logistique.

« Il y a toujours de petites choses inattendues. En présence de sept dirigeants de divers pays, il y a toujours un plan A, B, C ou D. On espère que le plan A sera appliqué, mais l’imprévu fait partie de notre quotidien. Les choses changent quotidiennement », a indiqué la représentante de la GRC. 

Parmi les phénomènes nouveaux qui doivent faire l’objet d’une attention particulière figurent les attaques faites à l’aide de drones ou par véhicules béliers.

Contenu

Mme Young reconnaît que l’espace médiatique a été occulté principalement par l’organisation et les coûts de la sécurité entourant la tenue du Sommet du G7, mais elle a mentionné qu’un énorme travail de préparation est réalisé en coulisses par les fonctionnaires de tous les pays participants pour préparer le contenu des discussions. Selon elle, une cinquantaine de rencontres ont eu lieu, dont deux de niveaux ministériels. Deux autres sont à venir d’ici la tenue du sommet.

En tant que premier ministre du pays hôte, Justin Trudeau a décidé de faire porter les discussions autour de cinq thèmes, soit la croissance économique, la préparation aux emplois du futur, l’égalité des sexes, les changements climatiques et la construction d’un monde plus sécuritaire et plus sûr.

La création du conseil consultatif sur l’égalité des sexes, coprésidé par Isabelle Hudon, ambassadrice du Canada en France, et Melinda Gates, la participation à divers comités de travail de détenteurs de Prix Nobel contribueront à la richesse des discussions.