Voilà la scène qui a provoqué la colère des maires de l’agglomération de La Tuque par rapport au dossier des monteurs de ligne.

«On en a ras le bol»

LA Tuque — La chute d’un arbre sur des fils électriques survenue le 5 septembre dernier à La Croche aura suffi à allumer la colère des maires de l’agglomération de La Tuque qui réclament plus que jamais une équipe permanente de monteurs de ligne.

«On ne s’attendait pas à vivre encore des événements de ce genre-là avec les monteurs de ligne. Il faut qu’il y ait des équipes permanentes. On le dit, on insiste, à La Tuque, ça nous prend une équipe en tout temps de monteurs de ligne. C’est anormal ce qui se passe, c’est de la mauvaise gestion d’Hydro-Québec et ça ne correspond pas à la qualité de services à laquelle on est en droit de s’attendre», a lancé mardi le maire de La Tuque, Pierre-David Tremblay.

Le directeur du Service d’incendie, Serge Buisson, a relaté le fil des événements: appel reçu à 18 h 03 pour un arbre en feu tombé sur des fils électriques au 610 rang est, à La Croche, fumée apparente et courant coupé, arrivée d’un premier véhicule à 18 h 16, lieux sécurisés et constat d’un arbre cassé sur fils très tendus. Déployé 35 minutes plus tard, un superviseur d’Hydro-Québec affirme que sans électricité, c’est sécuritaire et que les monteurs ne pourront y être avant 23 heures, partant de Trois-Rivières. Le courant est rétabli à une heure du matin.

Le lendemain, le Service d’incendie est contacté à nouveau pour des brins de fils cassés. Hydro-Québec assure que tout est sécuritaire. Et c’est finalement Télébec qui dégagera l’arbre de ses propres fils.

Le maire Tremblay persiste et signe: «ça prend une équipe». «Il faut qu’on soit desservi. On n’a pas à souffrir de ça. Déjà, les régions, on est pas mal privées. On n’a pas à subir ces stress-là davantage au niveau des services d’Hydro-Québec, d’autant plus d’une compagnie qui normalement devrait être à la fine pointe. On est dans la mecque de l’électricité et c’est nous autres qui en manquent le plus. On n’arrêtera pas. On va dénoncer à toutes les fois parce qu’on juge que c’est nécessaire de le faire», martèle le premier magistrat.

Et à cela vient s’ajouter ce chemin de la rive ouest, à La Croche, propriété de la société d’État, qui est impraticable depuis mai à la suite d’un ravinage. «On reçoit énormément de plaintes qu’on dirige vers Hydro-Québec. Ça prive des milliers de personnes d’être capable d’avoir accès à ce chemin-là pour se diriger vers leur chalet ou leur camp de chasse. Ce sont des situations anormales. Quand on avait ce genre de bris, dans les semaines qui suivaient, on voyait que ça se mettait en branle», déplore-t-il.

Pour lui, tant cette histoire de chemin que cet incident du 5 septembre sont inacceptables. «On a l’intention de continuer de dénoncer ça et on va leur envoyer une facture pour tous les frais rattachés à cet événement. C’est comme ça qu’on va travailler, autrement, on ne s’en sort pas», poursuit M. Tremblay, qui souhaite que des mesures soient prises avant l’hiver.

Celui-ci affirme qu’on lui avait pourtant promis une présence permanente de monteurs de ligne en février dernier. «Les maires, on en a ras le bol de cette situation qui crée des débordements et qui n’assure pas un service essentiel à notre population», renchérit-il. D’ailleurs, tant le maire de Lac-Édouard, Larry Bernier, que son homologue de La Bostonnais, Michel Sylvain, ont vécu leurs pannes de courant. Dans le premier cas, cela a même duré 30 heures cet été.

Pour sa part, le conseiller municipal Roger Mantha se rappelle de l’époque où il y avait à La Tuque, en permanence, une équipe de cinq à six monteurs de ligne. «C’est un problème de gestion de personnel. Ce n’est pas le bon endroit à couper», fait-il savoir.

Finalement, Serge Buisson considère «qu’il ne faudrait pas attendre qu’on ait un incendie majeur et que je ne sois pas capable d’aller enlever le courant au sous-sol avec nos pompiers, et qu’il n’y ait pas de monteur pour nous débrancher dans le poteau». «Ça sera peut-être des risques de propagation. Il ne faut pas attendre», conclut-il.