La Semaine nationale de la prévention du suicide, qui se déroule du 2 au 8 février, donne lieu à une foule d’activités sur le sujet, dont des conférences sur la détresse psychologique chez les adolescents, de la formation continue et un stand d’informations à Place du Royaume, détaille l’intervenante Marilyn Néron.

Obtenir du soutien après le suicide d’un proche

Une trentaine de personnes se sont réunies, dimanche, à l’occasion du brunch annuel des endeuillés. Le déjeuner est une façon pour les personnes endeuillées par suicide de se rassembler dès le début de la Semaine nationale de prévention du suicide, qui se déroule du 2 au 8 février.

Intervenante et formatrice au Centre de prévention du suicide 02 (CPS02), Marilyn Néron explique que l’activité est un moyen de soutenir la clientèle, à l’aube d’une semaine émotive. « Étant donné que cette clientèle-là est très touchée, évidemment par les émotions et tout, on veut en prendre soin. Donc, on ouvre la semaine avec cette conférence-là pour leur faire plaisir et les faire se rassembler ensemble, étant donné que pendant la semaine, on va beaucoup entendre parler de prévention du suicide. Ça peut faire remonter des émotions, alors on veut vraiment les chouchouter pendant cette période-là. »

Le brunch est traditionnellement accompagné d’une conférence donnée par quelqu’un qui a vécu un deuil par suicide. « Cette année, le conférencier est Ludovic Miller, qui est l’un de nos intervenants bénévoles au Centre de prévention du suicide et qui est également touché par le suicide d’un proche, explique Marilyn Néron. Il vient nous parler de son vécu, de son expérience personnelle. Par le fait même, c’est un retraité militaire, donc il vient aussi démystifier le côté demande d’aide chez nos travailleurs en uniforme. On pense aux militaires, policiers, ambulanciers. »

Mme Néron indique que plusieurs personnes sont des habituées du déjeuner, qui est, selon les dires d’un participant, l’occasion de constater que le deuil par suicide n’est pas une situation unique.

20 ans d’implication bénévole

Ghislain Turcotte, bénévole au CPS02, raconte que son implication auprès de la prévention du suicide remonte à très longtemps. « Je suis impliqué auprès du Centre prévention du suicide depuis sept ans, et j’ai aussi un frère qui s’est enlevé la vie il y a 19 ans, mais je suis impliqué depuis plus de 20 ans. »

Pour lui, l’implication était la suite logique d’une série d’événements qui ont marqué sa vie. « Pendant ma vie, je dirais les 35 dernières années, j’ai eu l’occasion de voir plusieurs personnes, j’ai été touché par plusieurs suicides. Ça me touchait parce que, tu sais, tu ne peux rien faire. Quand j’ai planifié ma retraite, je me suis dit que ce serait peut-être quelque chose que j’aimerais. Une année avant ma retraite, j’ai appelé au Centre de prévention du suicide et j’ai passé les [formations] et je suis devenu bénévole. »

M. Turcotte insiste sur le fait que son implication n’a pas été uniquement motivée par le suicide de son frère : « Mon frère, ça vient enrichir mon expérience, mais ce n’est pas pour lui que je fais ça. »

« Parlez-en »

Ghislain Turcotte tient à rappeler le slogan du Centre de prévention du suicide, « Le suicide n’est pas une option ». « Notre slogan n’a pas été choisi au hasard. Dans la tête de quelqu’un qui est en souffrance, qui est en détresse, lui, le suicide, ça devient une option. Un moment donné, il devient tellement obsédé par ça et ça devient la seule option. Alors, ce que je dirais aux gens, c’est : ‘‘Parlez-en.’’ Ça ne va pas ? Ce n’est pas facile d’en parler. C’est difficile. On a tous quelqu’un à qui on fait confiance. Juste dire que ça ne va pas, que tu as besoin d’aide. Le fait d’en parler, je pense que 100 % des personnes qui en ont parlé ont eu la vie sauve. C’est ma statistique à moi, mais je pense que 100 % des gens qui en ont parlé se sont sauvé la vie. »

Retraité militaire, Ludovic Miller a perdu plusieurs membres de sa famille par suicide. Il a fait part de son expérience à la trentaine de participants qui se sont réunis, dimanche matin, en marge de la Semaine nationale de prévention du suicide.

Si vous ou l’un de vos proches êtes en détresse, une ligne d’intervention téléphonique sans frais est accessible 24 heures sur 24, sept jours sur sept, au 1866-APPELLE. Une équipe d’intervenants professionnels expérimentés est là pour vous écouter, vous soutenir et vous orienter vers les ressources appropriées.