Les élèves de cinquième année de l’école Antoine-de-Saint-Exupéry étaient initiés au droit, vendredi, lors d’une simulation de procès organisée au Palais de justice de Chicoutimi.

Objection, Votre Honneur !

«Non coupable!» Après quelques minutes à peine de délibération, le jury a rendu son verdict dans le procès de Thomas, ce jeune homme accusé de possession d’une arme dans un dessein dangereux et de port d’une arme dissimulée. L’individu a pu reprendre sa liberté et son avocat, Me Mali Boucher, était évidemment satisfait de la décision des jurés.

Tout ceci n’était qu’une mise en scène, orchestrée par le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP). Depuis janvier, les procureures de la Couronne Mes Claudine Roy et Marianne Girard préparaient ce procès, simulé par des élèves de cinquième année de l’école Antoine-de-Saint-Exupéry de Chicoutimi.

Durant 17 semaines, à l’occasion d’une heure hebdomadairement, les élèves se familiarisaient avec notre système de justice, tout en se préparant pour la grande activité finale, soit le procès de Thomas. Les rôles avaient été choisis en fonction du choix des jeunes, que ce soit les procureurs, les jurés, la juge, les avocats de la défense et les témoins appelés à la barre.

Les audiences ont débuté vendredi matin, en salle 3.10 du Palais de justice de Chicoutimi. Thomas était assis dans le box des accusés, lui qui faisait face à des accusations de possession d’une arme dans un dessein dangereux et de port d’une arme dissimulée. Selon ce qui a été dit en cour, le jeune homme était victime d’intimidation et aurait amené une arme dans son sac à dos pour se défendre.

La jeune Jolianne Tremblay campait le rôle de la juge.

Plusieurs témoins, tous campés par des élèves de cinquième année, ont été appelés à la barre. Une professeure, une policière et des élèves, dont le présumé intimidateur, ont défilé devant les procureurs de la Couronne et de la défense. La juge, campée par la jeune Jolianne Tremblay, a écouté attentivement les discussions, avant d’expliquer aux membres du jury les grands principes de droit. Elle les a ensuite invités à quitter la salle, pour les délibérations.

Le scénario avait été pensé et écrit par les avocates de la Couronne Mes Claudine Roy et Marianne Girard, et les jeunes avaient pu pratiquer avant la tenue du procès. La décision du jury, par contre, n’était pas décidée à l’avance. Ce sont les jeunes, accompagnés de leurs deux enseignantes, qui devaient choisir du sort de Thomas.

Au terme d’une délibération de quelques minutes, le président du jury a informé le tribunal qu’un verdict serait rendu, à la suite d’une décision unanime. Aux deux chefs d’accusation, le président du jury a prononcé les mots «non coupable», et le jeune Thomas a poussé un soupir de soulagement.

«Si nos deux profs n’avaient pas été avec nous, il aurait été coupable!», a lancé un jeune garçon du jury, provoquant les rires de l’assemblée.

Les procureures de la Couronne, Mes Claudine Roy et Marianne Girard, rencontraient les élèves une fois par semaine depuis janvier.

«Je suis très satisfait, nous avons bien travaillé», a affirmé l’avocat de l’accusé, Me Mali Boucher, à l’occasion d’une entrevue simulée à la sortie de la salle d’audience.

Mali Boucher a affirmé qu’il avait déjà pensé vouloir devenir avocat et qu’il était content d’en avoir appris davantage sur ce métier.

Si le procès était une mise en scène, l’apprentissage des jeunes, concernant le système de justice, a été bien réel. Et les enfants ont beaucoup aimé leur expérience. «C’était vraiment le fun! J’aimerais ça être juge plus tard», a admis la jeune Jolianne, qui portait la toge à merveille.

Celui qui campait l’un des avocats de la Couronne, Zachary Bouchard-Paquet a également affirmé qu’il avait beaucoup aimé le projet.

Les jeunes Zachary Bouchard-Paquet et Mali Boucher jouaient le rôle des avocats de la Couronne et de la défense. Ils ont répondu aux questions de la journaliste, à la sortie de la salle d’audience.

Depuis quatre ans, le DPCP initie des jeunes du primaire au droit et au système de justice, dans le cadre d’un programme d’apprentissage.

«Vraiment, nous leur expliquons beaucoup d’aspects, comme celui du doute raisonnable, par exemple. Nous abordons des sujets comme l’intimidation ou la consommation de stupéfiants également. Les enfants sont vraiment très intéressés. Nous allions dans leur classe une fois par semaine depuis janvier. C’est vraiment un programme de sensibilisation au système de justice», a expliqué Me Claudine Roy.