La 14e Nuit des sans-abri de Chicoutimi a rassemblé plusieurs personnes, vendredi soir, dans le centre-ville. Sensibiliser la population sur l’itinérance est la mission de l’activité.

Nuit des sans-abri: la drogue à l’origine de bien des maux

La consommation de drogue et d’alcool est souvent le point commun des résidants de la Maison d’accueil pour sans-abri de Chicoutimi. Vendredi soir, lors de la 14e Nuit des sans-abri organisée dans le centre-ville de Chicoutimi, Keven, un jeune homme de 20 ans, s’est livré sur sa consommation excessive de marijuana. Sobre depuis une semaine, le jeune papa de deux enfants ignore comment il s’en serait sorti sans l’aide de l’organisme.

Keven raconte qu’il fumait jusqu’à une once et demie de marijuana, ce qui équivaut à 42 grammes quotidiennement.

« À la fin, j’hallucinais des choses et je voulais me battre avec tout le monde. Tu me disais salut sur la rue et je te donnais un coup de poing dans face. J’étais malade le soir et je fumais même devant ma fille de deux ans et demi. Il fallait que je fasse quelque chose », a raconté le jeune homme, qui en est à son cinquième séjour à la Maison d’accueil pour sans-abri. Vendredi soir, il tenait à être présent à la Nuit des sans-abri, organisée pour sensibiliser la population sur l’itinérance. 

Keven raconte avoir commencé à fumer du pot à huit ans. « Mon père fumait, alors j’ai essayé. Et je n’ai jamais arrêté. Là, ça fait une semaine que je n’ai pas fumé et ça va bien. Je me sens mieux. Les gens à la Maison m’aident beaucoup. Je ne veux pas partir, parce que je me sens protéger là-bas. Protéger contre moi-même », confie le jeune homme. 

Que pense ce grand consommateur de la légalisation de la marijuana ? « Les gens qui se cachent présentement pour fumer vont fumer encore plus, c’est sûr. Moi, je vais sûrement continuer à fumer, mais modérément. Ça va être légal. Mais je pense que la légalisation est très mauvaise pour les adolescents », a affirmé Keven, qui croit devoir passer un long moment à la Maison d’accueil pour sans-abri. 

« Quand je suis arrivé, j’étais en crise. J’avais pété les quatre vitres de l’auto à mon père. Mais ç’a été une bonne chose, j’avais besoin d’aide », a souligné Keven. 

De son côté, Serge y a fait un séjour il y a un an. « Je buvais beaucoup trop et j’avais des problèmes familiaux. Maintenant, ça fait un an que je n’ai pas bu. Si je suis ici ce soir, c’est pour m’impliquer pour la Maison et dire un gros merci à Michel (le directeur de l’organisme). Il m’a vraiment beaucoup aidé, lui et les autres intervenants. M’impliquer, c’est ma façon de leur rendre service après ce qu’ils ont fait pour moi », a confié Serge, qui est âgé de 33 ans. 

Participation

La 14e Nuit des sans-abri a connu un beau succès. Lors du passage de la journaliste, vers 21 h 30, environ 200 personnes étaient réunies. « C’est une super belle édition, car, enfin, la température est de notre bord. Et la population est au rendez-vous. Il n’y a pas seulement des résidants et des anciens résidants », a indiqué le directeur de l’organisme, Michel Saint-Gelais.