La désuétude de la piscine du Cégep de Chicoutimi a été présentée aux médias l’an dernier.
La désuétude de la piscine du Cégep de Chicoutimi a été présentée aux médias l’an dernier.

Nouvelle piscine du Cégep de Chicoutimi: en quête de l’ultime appui

Les appuis s’accumulent concernant le dossier de la piscine du Cégep de Chicoutimi, menacée de fermeture sans rénovation d’envergure. Cependant, un joueur majeur tarde à se positionner : la Ville de Saguenay.

Selon les informations recueillies par Le Quotidien, l’institution collégiale tenterait un ultime effort pour aller chercher l’appui nécessaire, dans le but d’amener le projet au Programme d’aide financière aux infrastructures récréatives et sportives (PAFIRS), rendu possible grâce à l’Entente bilatérale intégrée entre les gouvernements fédéral et provincial. Selon les documents contenus dans le Guide du demandeur, un projet ne peut être présenté au PAFIRS sans l’appui de la ville.

L’information selon laquelle le projet serait présenté au comité exécutif de Saguenay jeudi n’a toutefois pas été confirmée. La Ville n’aurait d’ailleurs pas été approchée par les principaux acteurs du dossier.

Le projet d’un nouveau bassin d’eau est projeté sur un terrain appartenant au cégep, situé entre le collège et l’Université du Québec à Chicoutimi, près du Centre de géomatique du Québec. Il représente un investissement d’environ 15 millions $ et il serait financé aux deux tiers par le programme gouvernemental. On retrouverait deux bassins de 25 mètres, afin de permettre à davantage de gens d’y tenir des activités en même temps. Le projet aurait été revu à la baisse parce qu’il totalisait quelque 30 M$ au départ. Saguenay n’aurait pas reçu les documents de la nouvelle mouture, toujours selon nos informations.

Il a également été possible d’apprendre que l’appareil municipal a été étonné par la rapidité du Cégep de Chicoutimi à obtenir cet appui. La Ville n’a pas eu de nouvelles discussions depuis les premières approches faites avant les Fêtes, et elle n’est pas prête à se positionner sur ses besoins en termes d’utilisation de la piscine.

Qui plus est, un organisme à but non lucratif (OBNL) serait aussi en cours de formation puisque, techniquement, les établissements d’enseignement ne sont pas admissibles au PAFIRS. Les organismes municipaux et les OBNL sont les seuls à pouvoir déposer des projets.

La piscine du Cégep de Chicoutimi montre plusieurs signes d’usure avancée.

Déjà, le Cégep de Chicoutimi a sollicité l’appui de plusieurs milieux, dont l’Université du Québec à Chicoutimi (UQAC), le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) du Saguenay–Lac-Saint-Jean et la Commission scolaire des Rives-du-Saguenay. Cette dernière a confirmé mercredi qu’elle allait formellement signer une lettre d’appui, après avoir reçu la demande de la part du cégep. Le CIUSSS a confirmé en soirée avoir reçu une correspondance et qu’elle allait d’abord en prendre connaissance, tandis qu’à l’UQAC, on ne pouvait se positionner officiellement, mercredi après-midi.

Le Cégep de Chicoutimi a préféré ne pas commenter le dossier. Il semblerait toutefois que toutes ces organisations seraient visées et le projet se retrouverait également sur le bureau de la ministre responsable du Saguenay–Lac-Saint-Jean, Andrée Laforest.

Un besoin

Impliqué dans le dossier depuis les premiers balbutiements d’un projet de construction neuve, Pierre Lavoie a rappelé que la remise à niveau des bassins d’eau dans l’arrondissement de Chicoutimi, plus précisément dans le secteur du cégep et de l’université, était un besoin.

« On profite du PAFIRS maintenant ou on paye le projet avec 100 pour cent de nos taxes d’ici dans quelques années », a soulevé Pierre Lavoie, ajoutant que plusieurs autres villes du Québec comptent sur des infrastructures modernes.

« Un bassin d’eau est un projet qui touche autant les jeunes et la commission scolaire, le réseau de la santé avec des activités de remise en forme pour les aînés, l’université, ainsi que la population en général, a-t-il poursuivi. Je considère que c’est un projet très important, d’autant plus qu’on sait que la piscine du Cégep de Chicoutimi est vieillissante. »

Il est déjà connu que la mairesse de Saguenay convoite de présenter le projet d’un centre multifonctionnel au centre-ville de Chicoutimi au PAFIRS. Pierre Lavoie soutient que l’un n’empêche pas l’autre.

La piscine du CÈgep de Chicoutimi montre plusieurs signes díusures et nÈcessitera des rÈparations majeures díici cinq ans. Photo Michel Tremblay

« Moi aussi, je suis en faveur du projet d’amphithéâtre, mais si jamais il est refusé, le projet du Cégep de Chicoutimi ferait un excellent plan B, a-t-il fait valoir. Je pense que les deux projets peuvent être acceptés et je sens que le momentum est bon, avec des organismes qui sont favorables et une ministre (Andrée Laforest) qui semble être prête à pousser dans la bonne direction. »

Problème connu

Il y un an, pratiquement jour pour jour, le directeur général du Cégep de Chicoutimi, André Gobeil, avait tiré la sonnette d’alarme en levant le voile sur l’état de la piscine datant du milieu des années 1960. Une expertise d’ingénierie de la firme Unigec dévoilait que les installations actuelles arrivaient en fin de vie. Dans le meilleur des mondes, la piscine sera inutilisable d’ici trois ans.