Denis Marsolais estime que la nouvelle loi s’avérera un changement de culture important pour le Curateur public du Québec.

Nouvelle loi sur le curateur public: Denis Marsolais veut du temps

Même si la Loi sur le curateur public devait être adoptée à l’automne 2019, Denis Marsolais, l’actuel curateur public du Québec, ne demandera pas l’entrée immédiate des modifications. Il croit que l’organisation aura besoin d’environ 18 mois pour s’assurer que tout le monde sera prêt au moment de sa mise en place.

« Je suis entré en fonction en juin 2018 et dès juillet, nous avons entrepris de préparer le projet de loi. Nous avons mis de nombreux mois pour tout préparer. Le projet de loi sera débattu en commission parlementaire et ensuite probablement adopté », explique le curateur public.

« Mais nous ne souhaitons pas sa mise en place immédiatement. Nous allons en faire la demande au gouvernement, car nous voulons prendre le temps nécessaire pour informer et former notre personnel, mais aussi tous ceux qui gravitent autour du Curateur public. Car lorsque ce sera en application, nous ne voulons pas de complication », précise M. Marsolais.

Il ne cache pas qu’une importante étape d’information et de formation devra être faite auprès des partenaires du Curateur public, soit les institutions financières, les ministères gouvernementaux, les bureaux de notaires et autres groupes.

Le curateur public ne cache pas que les modifications à la loi soulèvent certains questionnements auprès des employés de l’organisme et des divers partenaires.

« S’il n’y avait pas une certaine crainte, c’est moi qui serais inquiet. Les changements sont importants. Il ne faut pas se le cacher : les gens préfèrent le statu quo. »

« Nous leur avons établi le but à atteindre, démontrer où l’on voulait aller avec ces modifications, et les employés n’ont pas hésité à embarquer. Car ces changements, nous les faisons pour les citoyens. Et c’est lui qui va sortir gagnant avec cette nouvelle loi », reprend M. Marsolais.

Le curateur public précise que 36 000 adultes bénéficient d’une mesure de protection au Québec, en date du 31 mars 2019, mais qu’il y aurait 160 000 personnes inaptes à travers la province.

Cela signifie que 124 000 citoyens n’ont pas recours à une mesure de protection, car des proches s’occupent d’eux.

« Le Curateur public s’occupe des gens inaptes qui sont seuls dans la vie ou dont les proches ne peuvent s’en occuper. Au privé, ce sont des parents ou des proches qui voient à l’administration de leurs biens », soutient M. Marsolais.

Une personne peut se retrouver sous la juridiction du Curateur public lorsqu’un médecin détermine qu’elle est devenue inapte. Au privé, ce sont des membres de la famille qui voient à la bonne gestion des biens du bénéficiaire.

+ LE CURATEUR PUBLIC EN BREF

• Plus de 700 employés

• 12 bureaux dans 11 villes du Québec, dont Saguenay

• Siège social à Montréal

• 4 directions territoriales

• Sensibilise la population

• Accompagne les familles

• Agit comme représentant légal

• 36 000 bénéficiaires, soit 13 600 au public et 22 400 au privé

• 39 pour cent des Québécois ont un mandat de protection (inaptitude)

• 56 ans comme moyenne d’âge au Saguenay–Lac-Saint-Jean

+ CAUSES DE L’INAPTITUDE

• 20 pour cent de maladie dégénérative (11 pour cent dans la région)

• 40 pour cent de déficience intellectuelle (44 % dans la région)

• 31 pour cent de maladies mentales (35 pour cent dans la région)

• 9 pour cent de traumatismes crâniens et autres causes (10 % dans la région)

• 39 pour cent de clientèle féminine, 61 pour cent de clientèle masculine (public)