La directrice de la santé publique en Estrie, Dre Mélissa Généreux, envisage que la source de contamination liée aux cas de légionellose répertoriés l’an dernier à Granby pourrait être la même que pour ceux déclarés jusqu’ici en 2018.

Nouvelle éclosion de légionellose à Granby

La Direction de la santé publique de l’Estrie croyait la propagation de la légionellose endiguée à Granby l’an dernier. Neuf personnes avaient alors contracté la bactérie au cours de la saison chaude. Or, le dossier a été remis sur la table, a appris La Voix de l’Est, car quatre citoyens de Granby ont été contaminés en 2018, dont deux en septembre. L’une de ces personnes est d’ailleurs décédée après son admission aux soins intensifs.

«On avait relativement fermé l’enquête après avoir fouillé de fond en comble et avoir demandé de décontaminer toutes les sources potentielles. (...) Avec deux cas déclarés à une semaine d’intervalle, on ramène l’enquête pour faire le point», a indiqué en entrevue la directrice de la santé publique (DSP) en Estrie, Dre Mélissa Généreux.

Notons que cette maladie microbienne, s’attaquant aux poumons et provoquée par la bactérie legionella, se transmet par l’aspiration de gouttelettes d’eau la contenant. Outre les tours de refroidissement, les bactéries peuvent se développer, entre autres, dans des pommeaux de douche, des spas et des chauffe-eau.

Le pic «normal» de légionellose s’étend de juillet à octobre, a précisé Dre Généreux. Ce type d’infection touche en moyenne une à deux personnes durant la saison estivale en Estrie. Or, des cinq cas répertoriés jusqu’ici cette année sur le territoire, quatre l’ont été à Granby. On parle d’un cas en avril, le second le mois suivant. Les deux autres ont été enregistrés en septembre.

Il n’y a toutefois pas de lien entre ces personnes, a souligné la DSP. Le cinquième cas, largement médiatisé, est survenu il y a quelques jours à Sherbrooke et est attribuable au système de climatisation du pavillon Le Ber de l’école de la Montée.

Parallèle

La DSP avait remué bien des pierres pour tenter d’élucider cet épineux dossier en 2017. Les domiciles des personnes infectées ont été passés au peigne fin, en vain. Idem en ce qui concerne les tours de refroidissement, qui ne doivent pas dépasser le seuil critique d’un million de légionelles par litre d’eau.

Selon les informations de la santé publique, une douzaine d’immeubles à Granby sont dotés de tels équipements à déclaration obligatoire, notamment afin d’en contrôler l’entretien périodique via un registre. La moitié d’entre eux étaient situés dans le principal segment ciblé pour approfondir l’enquête sur le terrain, soit dans le tronçon de la rue Principale entre les rues Simonds et Mountain. Les recherches menées par les équipes de la DSP, de concert avec les spécialistes de la Régie du bâtiment du Québec (RBQ), ont démontré que les équipements étaient conformes.

Peut-on faire un parallèle entre les cas de la saison dernière et ceux de 2018? «Ce ne serait pas prudent de dire que ce sont deux histoires qui ne sont pas liées», a indiqué Dre Généreux. À ce chapitre, la moitié des personnes ayant contracté la bactérie ont fréquenté l’axe commercial granbyen ciblé en 2017. De plus, aucune source de contamination «à domicile» n’a été identifiée jusqu’ici, a-t-elle ajouté.

Sur le qui-vive

Pour le moment, pas question de relancer une vaste investigation, ainsi qu’une série d’analyses. Bien qu’elle demeure sur le qui-vive, la DSP a voulu se faire rassurante pour la suite des choses. «Je ne suis pas excessivement inquiète. Il faut redoubler de vigilance et réexaminer toutes les informations collectées», a-t-elle fait valoir.

Dre Généreux a toutefois concédé qu’enquêter est plus ardu à cette période de l’année en raison de la baisse des températures, car en dessous de 20°C, la bactérie est présente en faible concentration. La propagation de la legionella via une ou des tours de refroidissement figure toujours parmi les pistes à suivre.

En ce sens, l’équipe de la santé publique estrienne a demandé d’avoir accès à l’ensemble des résultats compilés par la RBQ, afin de voir si certains équipements de climatisation ont des niveaux élevés en deçà de la limite maximale. «Ce qui est particulier, c’est que les cas entrent au compte-goutte [à Granby], a mentionné Dre Généreux. Ça fait penser à une source d’exposition intermittente qui ne propage pas les bactéries en grande concentration.»