Cette carte indique le nombre de faons qui se trouvent dans les sept sous-régions.

Nouvel inventaire: 3,7 caribous par 100 kilomètres carrés

Le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs a publié jeudi l’inventaire de la population de caribous Témiscamie qui couvre une partie des unités d’aménagement de la région et qui confirme la présence de 3,7 caribous par 100 kilomètres carrés.

Les scientifiques ont divisé la vaste zone où ils se trouvent en deux régions, soit le Nord-du-Québec et le Saguenay–Lac-Saint-Jean, ainsi qu’en sept sous-régions. Ils ont ainsi comptabilisé la plus importante concentration de caribous montagnards de tous les inventaires réalisés à ce jour, dans la sous-région Manouane, où il y a une concentration de 9,8 caribous par parcelle de 100 kilomètres carrés. À l’opposé, la sous-région Péribonka se situe à 0,9.

Les caribous de la harde Témiscamie évoluent sur un territoire de 67 518 kilomètres carrés. Le plan de rétablissement 2013-2023, produit par l’équipe de rétablissement du gouvernement du Québec et qui n’a jamais été adopté, visait un objectif de 1,5 ongulé par parcelle de 100 kilomètres carrés. Il s’agit d’un sixième inventaire réalisé depuis 2012 qui confirme des concentrations de caribous supérieures aux critères permettant de conclure qu’elles sont en déclin.

La zone d’inventaire est divisée en deux régions, soit Nord-du-Québec et Saguenay–Lac-Saint-Jean.

« La présente étude constitue le premier inventaire exhaustif de la population de caribous forestiers Témiscamie et, à ce jour, elle représente la meilleure vue d’ensemble de cette population. La taille de la population, estimée à 2511 individus au moment de l’inventaire, permet d’obtenir une valeur de référence et, en la combinant avec de futurs inventaires, elle permettra de suivre la tendance démographique de la population », indiquent les auteurs du rapport.

Pour le moment, il est impossible pour les scientifiques de conclure qu’il y a déclin de la population de caribou dans cette zone. Il est obligatoire d’avoir au moins deux inventaires à l’intérieur d’une période de dix ans afin de porter un jugement sur la situation d’une harde.

Cette carte indique le nombre de faons qui se trouvent dans les sept sous-régions.

La zone Saguenay–Lac-Saint-Jean

Les tableaux présentés confirment d’autres éléments importants pour les unités d’aménagement du nord de la région. C’est ainsi que dans la zone Saguenay–Lac-Saint-Jean (31 895 kilomètres carrés), l’inventaire de l’hiver dernier en arrive à un décompte de 4,1 caribous par parcelle de 100 kilomètres carrés, largement au-dessus de l’objectif de 1,5 qui avait été retenu dans le document de référence que constitue le plan de rétablissement 2013-2023. Les auteurs du document mentionnaient que la densité était très faible et se situait de 1 à 3 ongulés par 100 kilomètres carrés.

Les biologistes ont d’autre part démontré la présence de 24 faons par 100 femelles, pour un taux de recrutement de 11,4 %. Les différentes hypothèses pour un taux de survie des hardes font état d’une présence de 28 faons par 100 femelles, pour un taux de recrutement de l’ordre de 15 %. Par contre, sur les 1301 caribous dénombrés dans cette sous-région, il a été impossible pour les observateurs de déterminer l’âge et le sexe des bêtes.

Les résultats pour l’ensemble de la zone répertoriée qui comprend les zones Nord-du-Québec et Saguenay–Lac-Saint-Jean confirment la présence de 29 faons par 100 femelles pour un taux de recrutement de 14,1 %. Au grand total, les observateurs n’ont pas été en mesure de déterminer le sexe et l’âge de 277 ongulés. Cet élément est majeur puisqu’il peut faire fluctuer le taux de recrutement. Il est aussi important de préciser qu’il faut comprendre que les caribous fréquentent de grands territoires et il pourrait y avoir des variations d’une année à l’autre entre les différentes sous-régions identifiées par les scientifiques.

Le ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs, Pierre Dufour, a tenu parole. Il s’était engagé à ce que le rapport d’inventaire soit rendu public avant la fin du mois d’octobre. L’appareil administratif a tout de même mis huit mois pour rédiger ce inventaire et contrairement aux autres rapports déjà obtenus par la Loi d’accès à l’information, la date de production du rapport n’est pas disponible.

Il est important de préciser que pour d’autres rapports, les fonctionnaires avaient attendu plus de 40 mois avant de déposer le rapport. Les documents confirmaient des augmentations importantes de caribous montagnards dans les hardes, principalement dans la zone Manic.

UN RAPPORT TOUJOURS MANQUANT

Le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs n’a pas publié tous les rapports d’inventaire des hardes de caribous alors que les responsables de la gestion de la Loi d’accès s’étaient engagés envers Le Quotidien à ce que tous les documents traitant du sujet soient placés sur le site officiel du gouvernement avant le 1er octobre.

Selon la programmation rendue publique par le Ministère, les équipes devaient réaliser à l’hiver 2019 l’inventaire de la harde du Témiscamie ainsi que celle de la région Pipmuacan. Le haut fonctionnaire responsable du dossier avait expliqué au Quotidien que pour cet inventaire, les équipes allaient se partager la zone en deux à partir de la Côte-Nord et du Saguenay–Lac-Saint-Jean.

Les fonctionnaires responsables du dossier caribou ont attendu à la toute dernière journée du mois d’octobre pour publier les résultats de la harde Témiscamie, 29 jours après le délai fixé par Démosthène Blasi, gestionnaire responsable de la gestion de la loi au sein du Ministère. Ce dernier avait pris l’engagement à l’effet que les documents réclamés par Le Quotidien seraient publiés sur le site prévu à cet effet, mais le rapport des inventaires de la région du Pipmuacan n’était toujours pas disponible en fin d’après-midi, vendredi.

« En ce qui concerne le premier volet de votre demande (inventaires Témiscamie et Pipmuacan), tel que prescrit par le second paragraphe du deuxième alinéa de l’article 13 de la Loi sur l’accès aux documents des organismes publics… nous vous informons que les documents visés seront rendus accessibles sous peu sur une page Web ayant pour objet exclusif le caribou forestier. En effet, le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP) prévoit y diffuser ces documents d’ici le 1er octobre 2019 », écrit M. Blasi.

En juillet 2019, Le Quotidien logeait la demande suivante au ministère. « La première demande vise à ce que le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs nous remette les rapports de tous les inventaires aériens réalisés dans le cadre du Plan de rétablissement du caribou forestier. Ce qui comprend les inventaires qui couvrent la zone connue sous le nom de Pipmuacan (deux rapports), et l’inventaire réalisé sur une zone qui couvre le nord des unités d’aménagement du Lac-Saint-Jean. Ainsi que tous les rapports disponibles rédigés par les biologistes du Ministère depuis le premier janvier 2019. »

Les fonctionnaires responsables du dossier du caribou ont attendu à la toute dernière journée du mois d’octobre pour publier les résultats de la harde Témiscamie, 29 jours après le délai fixé par Démosthène Blasi, gestionnaire responsable de la gestion de la loi au ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs.