Étienne Jacques et Joan Simard ont présenté leur vision de ce que devrait être le projet de développement du centre-ville de Chicoutimi au cours d’une conférence de presse tenue mardi.

Nouvel amphithéâtre: une solution globale à 92 M$ proposée

Joan Simard et Étienne Jacques évaluent que Saguenay pourrait régler la construction d’un nouvel amphithéâtre sportif, culturel et centre de congrès, incluant 700 cases de stationnement au centre-ville de Chicoutimi, pour la somme de 92 millions $, tout en évitant l’alourdissement de la dette municipale.

Il s’agit du scénario privilégié par Mme Simard, ex-administratrice et ex-conseillère municipale de Saguenay, notamment, et par M. Jacques, ex-patron chez Rio Tinto et actuel administrateur des Saguenéens de Chicoutimi. Mardi, ils ont présenté leur scénario après s’être prêtés à un exercice d’analyse dans le cadre de la consultation publique mise en place par Saguenay. Le duo a évalué trois scénarios différents. L’un porte sur le maintien actuel des infrastructures municipales et le second porte sur leur rénovation pour les mettre aux normes.

Le troisième et dernier scénario est celui privilégié. Il propose la conversion du Pavillon de l’agriculture en entrepôt pour les véhicules municipaux et le déplacement des activités de patinage et de hockey sur une nouvelle glace au centre-ville, ce qui permettrait d’éviter un investissement évalué entre cinq et neuf millions $ pour la remise aux normes du Centre Georges-Vézina. Ce dernier serait conservé pour répondre aux activités de patinage de vitesse du Centre Marc Gagnon tandis que la future place du congrès et le centre multifonctionnel permettraient d’offrir un site pour l’organisation de congrès majeurs de plus de 1500 personnes, de spectacles et de matchs de hockey d’une capacité de 2000 à 6000 personnes.

Le travail de recherche a été réalisé à partir de données fournies par Saguenay ainsi qu’à partir de projets semblables développés par d’autres villes comme Rimouski ou Trois-Rivières.

En conférence de presse, les deux citoyens ont expliqué avoir utilisé la grille d’analyse de développement durable de la Chaire en éco-conseil de l’UQAC pour développer une solution globale. L’Association des centres-villes de Chicoutimi, les Productions Robert Hakim, Diffusion Saguenay, les Saguenéens de Chicoutimi, l’Association régionale de patinage de vitesse du Centre Marc Gagnon, les Comètes de Chicoutimi, l’Association du hockey mineur ainsi que des citoyens ont été consultés afin d’établir les besoins réels des organismes et de leurs utilisateurs, a expliqué Mme Simard.

Scénario 1

Selon le premier scénario, qui vise uniquement le maintien en état et la mise aux normes de l’autogare, du Pavillon de l’agriculture et du Centre Georges-Vézina, sans le développement de la zone ferroviaire, Saguenay devra assumer une facture de 52,3 M $, dont 10 M $ en subventions et revenus provenant du secteur privé en plus d’un emprunt de 42,3 M $, incluant 6,3 M $ provenant du plan triennal d’investissement.

scénario 2

Le scénario de la rénovation estimée par Mme Simard et M. Jacques fait état d’une facture de 84,3 millions $, ce qui inclut l’aménagement de la zone ferroviaire. La ventilation affichée fait état de la possibilité d’aller décrocher 22,8 M $ en subventions et revenus du privé auxquels s’ajoute un emprunt de 61,5 M $, dont 25,5 M $ proviendraient du plan triennal.

Le tableau de calcul des coûts d’opération des infrastructures complètement nouvelles (scénario 3) fait état d’un déboursé de 1,2 M $ par année, comparativement à 1,4 M $ pour le scénario 1 et 1,1 M $ pour le scénario 2.

Mme Simard a expliqué qu’avec la possibilité d’aller chercher des subventions provenant de l’entente bilatérale Canada-Québec 2018-2028 sur le financement d’infrastructures communautaires, culturelles et récréatives, il est possible d’aller chercher 40 % des coûts du projet auprès du fédéral et 33,3 % auprès du provincial. Selon elle, seul le scénario 3 est avantageux puisqu’il ne prévoit aucun coût additionnel pour les contribuables. Au passage, elle a affirmé qu’entre 2007 et 2016, aucun investissement n’a été effectué par le ministère des Affaires municipales dans la circonscription de Chicoutimi, un ministère actuellement dirigé par Andrée Laforest, députée de Chicoutimi.

Ils ont évoqué la possibilité que la Ville puisse générer des revenus supplémentaires découlant de l’exploitation du nouveau centre multifonctionnel et sportif provenant des aires de stationnement ou de commandites que pourraient offrir les entreprises privées.

Interrogés sur la similarité de la proposition qui sera déposée avec le projet d’Amphithéâtre + présenté par la mairesse Josée Néron, M. Jacques et Mme Simard conviennent que c’est le cas en soulignant que le projet présenté a fait l’objet d’une consultation préalable destinée à connaître les besoins des futurs utilisateurs. Ils n’excluent pas que l’hypothèse de travail présentée puisse être bonifiée et améliorée.

C’est pourquoi ils proposent qu’un comité tripartite composé d’experts et d’élus soit formé et ils sont d’accord avec l’idée d’organiser un concours national ou international qui mettrait à contribution les talents d’urbanistes et d’architectes afin de proposer des solutions globales.

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LE DÉPÔT DU PROJET AVANT MARS 2025

Si Saguenay veut profiter des subventions du fédéral et du provincial, pouvant couvrir 70 % des frais admissibles pour la revitalisation du centre-ville, elle doit effectuer le dépôt de son projet avant mars 2025.

Selon Joan Simard, Saguenay dispose d’une fenêtre d’opportunité intéressante pour aller de l’avant avec un projet et il devient de plus en plus urgent qu’une coalition d’idées se forme dans la ville sur le sujet.

À partir d’expériences réalisées dans d’autres villes québécoises et européennes, elle prétend que l’implantation d’un amphithéâtre dans un centre-ville constitue un levier économique important pour le milieu, notamment pour les restaurateurs et les boutiques présents. 

Parmi les personnes qui assistaient à la conférence de presse, Isabelle Gagnon, directrice de Diffusion Saguenay, affirme qu’un amphithéâtre multifonctionnel permettrait d’accueillir autour de dix à quinze spectacles d’envergure rassemblant de 2000 à 6000 spectateurs sans faire obstacle aux salles qui existent déjà. 

Consensus

Présent également, le promoteur Robert Hakim croit qu’il est possible d’obtenir un consensus parmi la population autour d’un projet au centre-ville. Selon lui, la présentation faite par la mairesse Josée Néron autour de l’Amphithéâtre + a été effectuée dans le contexte suivant la hausse importante des comptes de taxes foncières et de la rémunération des élus, ce qui a rendu difficile le ralliement de la population.