Nouveaux avions de chasse en 2025: Richard Martel encouragé par les propos du ministre Sajjan

Normand Boivin
Normand Boivin
Le Quotidien
Le député Richard Martel est sorti encouragé de son face-à-face avec le ministre de la Défense Harjit Singh Sajjan, mercredi, lors des travaux du comité de la Défense nationale à Ottawa.

Le représentant conservateur de Chicoutimi-Le Fjord voulait savoir si la Base militaire de Bagotville serait prête à temps pour accueillir les nouveaux avions de chasse en 2025 et si le ministre avait pris des mesures pour endiguer la pénurie de pilotes et de techniciens.

« J’ai été agréablement surpris par l’ouverture du ministre. Je suis convaincu que les deux lettres que nous lui avons envoyées après les élections portant sur l’enjeu des drones et le manque de pilotes et de techniciens ont trouvé écho », a confié M. Martel au Quotidien, au lendemain de la rencontre.

Richard Martel dit que son groupe parlementaire (les conservateurs) s’inquiétait à savoir si le ministère avait prévu les investissements nécessaires pour accueillir les nouveaux chasseurs à compter de 2025. Dans la vidéo qu’on peut voir sur les travaux, le ministre Sajjan répond que la construction de nouveaux hangars est déjà dans les plans : « [Bagotville] vous savez que c’est une base de NORAD (défense aérospatiale de l’Amérique du Nord), alors c’est important que les nouveaux avions puissent s’y installer. Alors oui, il y aura des travaux d’infrastructures qui sont déjà planifiés avant leur arrivée », a dit le ministre, ajoutant, à une autre question du député Martel, que le projet pour la construction des nouveaux hangars est déjà en cours afin qu’ils soient prêts avant l’arrivée des appareils.

Drones

Là-dessus, le ministre Sajjan a renchéri en ajoutant qu’en parallèle, il se penche sur le déploiement de la future flotte de drones et à cet effet, il s’est dit impressionné par le savoir-faire développé par le Centre d’excellence des drones à Alma.

Actuellement, le gouvernement fédéral a franchi une première étape consistant à identifier d’éventuels fournisseurs et deux se sont qualifiés : L3 technologies MAS inc., une entreprise canadienne pour l’entretien des aéronefs militaires, ainsi que le gouvernement des États-Unis et General Atomics Aeronautical Systems Inc.

Pour limiter les dépenses pour ce projet estimé entre un et cinq milliards $, Ottawa serait à la recherche d’un appareil de type « couteau suisse » capable de tout faire : de la surveillance, de la recherche et sauvetage, et doté d’armements pour attaquer.

Manque de pilotes et techniciens

Le ministre de la Défense a assuré au député Martel, qui s’inquiétait de la pénurie de pilotes et de techniciens d’entretien des aéronefs relevée dans le rapport du Vérificateur général à l’automne 2018, qu’il prenait la chose au sérieux et qu’il disposait des fonds nécessaires pour tenter de l’endiguer.

Il s’est aussi engagé à fournir, à la demande du député de Chicoutimi-Le Fjord, un document détaillé sur l’état actuel des effectifs et les besoins de personnel.

« Ces problèmes se retrouvent dans toute l’industrie et après discussions avec mon collègue des Transports (Marc Garneau), nous avons ajusté nos cibles de recrutement très tôt pendant l’élaboration de notre nouvelle politique de Défense. Par exemple, nous savions que nous aurions besoin de pilotes, car nous avons déterminé que nous devrions acheter 88 chasseurs de nouvelle génération au lieu de 65 comme prévu », a répondu le ministre, ajoutant que son ministère veut mettre l’accent sur la rétention du personnel en place (les lignes aériennes exercent une forte attraction) en réfléchissant à des incitatifs, et songe à mieux utiliser les troupes de la Réserve aérienne.

F-18 Australiens

Il a été plus évasif sur la question des 25 F-18 australiens acquis par le Canada pour augmenter sa capacité opérationnelle en attendant l’arrivée des nouveaux chasseurs. Ces avions acquis pour 1 G$ nécessitent plusieurs heures pour les remettre en état de vol (sept vont servir de réserve de pièces) et les rendre compatibles avec la flotte actuelle des CF-18.

« Vous savez qu’on a des pilotes qui ne sont pas capables de faire leurs 140 heures de vol annuellement, car les avions ne sont pas en état de voler à cause du manque de techniciens. Compte tenu du manque de main-d’oeuvre et des efforts que nos techniciens doivent mettre pour maintenir la flotte actuelle de CF-18 en état, ne serait-il pas plus sage d’utiliser les avions australiens pour les pièces ? Il me semble qu’on est dans un trou sans fin » a demandé le député.

Le ministre a affirmé que son ministère est à la recherche de l’équilibre et que les fonds seront disponibles pour que le Canada puisse remplir ses missions de défense et de surveillance du territoire et que ses pilotes puissent voler.