Dorénavant, les étudiants en Génie mécanique du Cégep de Jonquière sont partie prenante de leur formation et réalisent des mandats pour des entreprises partenaires dès leur première session. Il s’agit d’une nouvelle formule d’enseignement axée sur l’apprentissage en milieu de travail. Sur la photo, les enseignants Benoît Rouette et François Fortier, le directeur du marketing et des communications chez STAS, Dominic Vézina, l’ingénieur mécanique chez STAS, Patrice Bouchard, et le responsable du département de Génie mécanique, Éric Potvin.

Nouveauté en Génie mécanique à Jonquière

Au terme d’un projet pilote d’un an, une nouvelle formule d’enseignement est officiellement lancée au Cégep de Jonquière, ce qui permettra aux étudiants en Génie mécanique de bénéficier d’apprentissages en milieu de travail.

Une trentaine d’entreprises de la région sont partenaires du projet, réalisé grâce à l’obtention de 100 000 $ en provenance des coffres du ministère de l’Éducation.

Le financement a été accordé au cégep dans le cadre d’un appel de projets. L’établissement souhaitait revoir sa formation dans le dessein de la rendre plus actuelle et mieux adaptée aux besoins d’aujourd’hui. L’enveloppe gouvernementale a permis de réviser la grille-horaire et de créer des maillages avec des compagnies qui œuvrent dans le domaine et embauchent des finissants. Il ne s’agit pas de stages ni d’un programme d’alternance travail-études, mais bien de l’intégration, à même le cursus, de cours-projets. 

Plusieurs éléments permettent à cette nouvelle formule d’enseignement de se démarquer. La synergie développée avec les entreprises dès la première année du DEC fait en sorte que les étudiants doivent concrétiser des projets pour leurs compagnies partenaires. Les jeunes prennent part à des rencontres chez leur « client », où ils en apprennent davantage au sujet des mandats à réaliser. Ensuite, ils conçoivent et fabriquent la pièce ou l’équipement requis. Les relations humaines et le savoir-être sont sollicités, au même titre que les compétences professionnelles. 

« Ce qui est intéressant, c’est qu’on responsabilise les étudiants dans leur propre développement. Dès la première année de formation, on les prépare à la réalité industrielle. Ce type de mentorat permet de rassembler des enseignants et des gens du milieu de travail autour de l’étudiant pour l’accompagner et l’encourager dans son parcours professionnel », explique Patrice Bouchard, ingénieur mécanique chez STAS et lui-même diplômé du Cégep de Jonquière. Outre STAS, Cegertec, Devinci, Mercier industries, Produits forestiers Résolu et Coupesag sont notamment partenaires du projet.

Petite révolution

L’intégration de cette nouvelle formule a révolutionné les façons de faire. Le coordonnateur du département de Génie mécanique du Cégep de Jonquière, Éric Potvin, ne cache pas que le corps enseignant a dû s’investir à fond dans le déploiement du programme et que certaines habitudes bien ancrées ont été remises en perspective. 

« Aujourd’hui, on ne peut plus fermer la porte de notre classe et s’en aller. On est dans une industrie en changement et ça prend une volonté de s’investir pour offrir ce qu’il y a de mieux aux étudiants. Au début, ç’a été un choc incroyable, mais dans la vie, il ne faut pas avoir peur de se lancer », a insisté le responsable.

Éric Potvin se réjouit de voir que les membres de son département ont travaillé ensemble dans l’intérêt supérieur des étudiants et que tout un chacun a mis son savoir-faire à contribution pour faciliter le déploiement de cette formule avant-gardiste. Celle-ci a eu pour effet de transformer, à la session d’automne, des locaux du pavillon Lionel-Gaudreau en véritable usine-école, où les jeunes étaient à l’œuvre pour la réalisation de leurs mandats à raison d’une journée par semaine.

« Les cours-projets permettent aux étudiants de créer des liens avec des entreprises de la région et de mieux comprendre leur futur environnement de travail. Dès leur première année d’étude, les étudiants sont appelés à jouer un rôle actif dans le développement de leurs compétences en réalisant des projets issus du milieu industriel », poursuit Éric Potvin. Lui et son collègue enseignant, Benoît Rouette, précisent que le volet mentorat ne s’applique pas qu’à la relation entreprise-étudiant. Tous les jeunes inscrits en Génie mécanique sont appelés à travailler ensemble, ce qui favorise l’entraide et l’échange de connaissances entre membres de différentes cohortes. 

« C’est de la pédagogie active. Cette approche place l’étudiant au cœur de son développement. Quand on sent qu’on n’a plus le contrôle sur sa propre situation, c’est là qu’il peut y avoir danger de décrochage », met en relief Benoît Rouette, qui confie avoir remarqué l’engouement chez ses protégés, tout comme un sentiment d’appartenance manifeste à la profession, dès la première session.

Les étudiants seront impliqués dès leur première année d’étude.

LE SENTIMENT D'ÊTRE UN VÉRITABLE TECHNICIEN

Philippe Bélanger, étudiant en première année, témoigne de la pertinence de la formule Apprentissage en milieu de travail. 

« Dès la première session, le fait de se mettre ensemble, d’être égaux et de travailler vers un but commun permet de solidifier les liens. Avoir un contact avec le marché du travail est stimulant et, dès le début du DEC, on se sent déjà technicien en génie mécanique », pointe l’étudiant. 

Le Cégep de Jonquière croit en la pertinence de cette nouvelle approche pédagogique et veut en assurer la pérennité et l’évolution. 

À ce chapitre, l’enseignant François Fortier pointe que l’apprentissage en milieu de travail pourrait aussi bien s’appliquer à d’autres programmes, comme Génie électrique par exemple. 

De surcroît, la formule pourrait donner lieu à des projets collaboratifs impliquant des étudiants de domaines différents.